Dans l'Oise, la prolifération de frelons asiatiques force mairies et particuliers à prendre des mesures de désinsectisation

La mairie de Senlis a dû faire appel à un désinsectiseur pour se débarrasser des frelons asiatiques dont la présence augmente en ville. Tandis qu'à Beauvais, un habitant est forcé de prendre des mesures artisanales pour contrer ce fléau qui détruit son arbre.

" Pour une personne allergique, une piqûre, c'est suffisant". Anthony Letombe est désinsectiseur. Depuis quelque temps, il est sollicité par la mairie de Senlis pour détruire les nids de frelons asiatiques.

La ville a en effet constaté une recrudescence de leur présence. " On en a de plus en plus, on a des alertes, ce n'est pas tous les jours bien entendu, mais ça nous est signalé", indique Daniel Guédras, adjoint à la maire, qui note en avoir eu lui-même dans son jardin. 

Cette intervention coûte de l'argent à la mairie. Mais pour l'heure, l'adjoint ne peut pas quantifier la somme exacte " parce que nous ne sommes pas sur un budget régulier, mais c'est vrai que c'est un coût supplémentaire pour la ville". 

Plusieurs techniques existent

La première est un pistolet à billes utilisé pour viser les nids nichés en haut d'arbres difficiles d'accès, voire inaccessibles. " En fait, la bille, dès qu'elle va trouver un point dur, elle va exploser et libérer un insecticide liquide". Et même si elle venait à percuter une branche juste avant, avec l'inertie, " elle va pulvériser le nid qui va tuer les frelons qui vont arriver et ceux qui sont à l'intérieur". 

Un travail de précision et de rigueur, donc, puisqu'il faut tout faire pour viser juste. " J'estime à 25 à 30 impacts sur une quarantaine de tirs", précise Anthony Letombe. D'autant plus que l'intervention était compliquée à cause des branches qui lui entravaient la vue. 

Il relativise cependant puisque " le plus compliqué, ce sont les interventions dans les sapins". Car ces arbres gardent leurs aiguilles, même pendant l'hiver. " Donc on arrive sur des branches très épaisses et on ne peut pas tirer à travers". Parfois, il faut grimper seul ou avec une nacelle, en fonction de la hauteur. 

À Senlis, la tombée des feuilles avec l'arrivée de l'automne lui a permis de voir " plus facilement" le nid à retirer. 

En revanche, le second nid que le désinsectiseur devait exterminer l'a forcé à s'équiper car " celui-ci était trop proche, j'étais en contact direct". Il a déjà piqué une personne plusieurs fois donc "il vaut mieux ne pas prendre de risque". 

Le produit qu'il met est rémanent pendant plusieurs jours. Les frelons partis en quête de nourriture vont revenir toucher le produit et mourir. " Grosso modo, ça dure une soirée et demain il n'y a plus rien", résume-t-il. 

"Entre trois et quatre appels par jour"

Dans la nature, en France, le frelon européen est déjà bien présent. "Et celui-ci vient s'ajouter à la chaîne alimentaire, c'est un prédateur de plus, explique Thomas Letombe. Surtout qu'il peut parcourir plusieurs kilomètres et se nourrir". 

D'autre part, cette espèce de frelons " s'acharne" sur les essaims d'abeilles et les ruches : " on en a juste à proximité et à mon avis, il a dû bien le harceler". 

Il note également avoir " entre trois et quatre appels par jour", dont beaucoup de personnes qui lui signalent des frelons asiatiques sur du lierre. " En fait, il n'y a pas de nids, mais les lierres sont maculés parce qu'ils viennent prélever une substance sucrée sur les boutons de lierre". 

Des méthodes artisanales 

Du côté de Beauvais, Jean Hugues Dupont fait la chasse aux frelons asiatiques depuis le 21 octobre. Ces insectes, attirés par l'odeur de son néflier du Japon ont envahi son jardin. " Voilà les frelons qui nous embêtent, lance-t-il en sortant un seau plein de frelons morts... ou presque.

Il a en effet installé un piège dans son arbre avant de les mettre dans un seau rempli à moitié d'eau pour les " noyer pendant 24 heures". 

Les frelons asiatiques ont " des ailes très longues, ça vole très vite et ça détruit mon arbre de toutes les fleurs en les mangeant, déplore-t-il. On trouve des pétales partout, c'est épouvantable". 

Il explique également que par le passé, il en a déjà eu, " mais très peu" par rapport à maintenant. Cette année, ils ont proliféré, le forçant à devoir se séparer de son arbre. Une décision difficile puisque habituellement, il récolte les fruits et en fait de la confiture.

Si l'arbre était au fond du jardin, il l'aurait " peut-être" gardé, " et encore, les voisins ont du lierre et ils vont aussi dessus, c'est épouvantable". Une situation difficilement vivable qui pourrait mener à l'intervention d'un désinsectiseur.

Mais Jean Hugues Dupont n'a pas vu le nid, sinon " j'aurais pu le détruire, mais là, c'est impossible", conclut-il en soupirant. 

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