Des œufs contaminés aux PFAS dans le sud de l'Oise : "ces polluants ont des effets néfastes sur la santé"

Des PFAS ont été retrouvés dans des échantillons d'œufs prélevés dans le sud de l'Oise. Ces polluants éternels peuvent avoir des risques cancérogènes et des conséquences sur le système immunitaire.

Dans le sud de l'Oise, à Villers-Saint-Paul, l'ONG Générations futures a découvert que des œufs domestiques étaient contaminés par des polluants éternels, PFAS très exactement. Ceux-ci ont, sur le long terme, des effets néfastes sur la santé. 

"En arrivant ici, on savait qu'il fallait d'abord qu'on regarde ce qu'il y avait dans les rejets dans l'Oise, dans la rivière. Une fois qu'on a montré qu'il y avait des rejets de la plateforme chimique dans l'environnement, on a voulu voir un autre secteur important : l'exposition des habitants", lance François Veillerette, porte-parole de l'ONG.

Les poules grattent le sol et ingèrent des particules

L'ONG savait déjà, grâce à la littérature scientifique, que les PFAS, comme d'autres polluants, ont la capacité de se fixer dans les œufs. En effet, on les retrouve dans les sols. Les poules, qui passent leurs journées à gratter le sol et picorer, finissent par en ingérer.

Générations futures a alors décidé de trouver des personnes qui leur ouvriraient la porte pour leur donner quelques œufs à analyser au laboratoire. "On avait des points de référence : à la Pierre Bénite, à côté de Lyon, il y a eu des analyses faites", avec des résultats largement au-dessus des normes européennes autorisées, "et on a voulu savoir si c'était le même cas ici, à Villers-Saint-Paul".

Mais d'où viennent exactement ces PFAS ? François Veillerette ne saurait répondre précisément puisqu'ils peuvent aussi bien provenir de pollutions passées que présentes. Mais une chose est sûre, "l'environnement est sans doute contaminé par des PFAS dans le sol, par des rejets aériens".

Quatre, douze voire vingt fois au-dessus des normes

Générations futures a donné les résultats à leur toxicologue. Il leur a annoncé que, pour les échantillons les plus pollués, "ils sont quatre, douze, vingt fois au-dessus des normes". Cela signifie que la consommation d'un seul œuf par semaine pour un jeune enfant "fait dépasser la concentration maximale qu'on ne devrait pas dépasser en PFAS par semaine", dans le corps, souligne François Veillerette.

De plus, les effets de ces polluants sont connus : ils sont suspectés cancérogènes, réduisent la réponse aux vaccins et ont un impact sur le système réglementaire. "S'il y a des limites au niveau réglementaire et européen, c'est pour prévenir ces pathologies". Le porte-parole rassure toutefois les consommateurs : ils ne vont pas être empoisonnés du jour au lendemain. Mais la consommation importante de ces œufs peut poser des problèmes de santé. 

L'Agence régionale de santé des Hauts-de-France a lancé de son côté des analyses complémentaires sur un plus grand nombre d'œufs pour déterminer si les résultats vont dans le sens de Générations futures. En effet, l'ONG n'a analysé que cinq échantillons, sur lesquels quatre présentent des traces élevées de PFAS. Les nouvelles analyses de l'ARS permettront de "consolider" les résultats de Générations futures. 

"Il ne faut pas perdre trop de temps"

François Veillerette espère que l'étude "officielle" ne prendra pas "trop de temps" pour publier les résultats. "Et déjà, on souhaiterait que les résultats soient complètement transparents. On souhaiterait aussi que les décisions soient rapides". Même si le risque n'est pas immédiat, "si vous laissez pendant des mois les gens manger beaucoup d'œufs par semaine, il peut y avoir un problème potentiel".

Pour lui, il ne s'agit pas d'affoler la population, ni de rester à rien faire. Un véritable jeu d'équilibriste, en somme : "et s'il faut interdire la consommation d'œufs domestiques, il faudra le faire, mais ça ne suffira pas. Il faudra aussi comprendre d'où ça vient et arrêter de rejeter dans l'environnement ces PFAS, sinon, ça va ne faire que s'accumuler". Car si ces PFAS sont appelés "polluants éternels", ce n'est pas pour rien. Ils se dégradent très lentement dans la nature et s'accumulent dans l'environnement.

Si vos œufs sont contaminés, François Veillerette assure que vous pouvez garder les poules. "Les pauvres poulettes n'ont rien demandé !". De plus, les œufs ne sont pas les seuls aliments à surveiller, il est nécessaire de regarder "ce qu'on trouve dans le jardin et dans les légumes du jardin" que l'ONG surveille de près.

Avec Jules Beaucamp / FTV

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