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Un détenu de Liancourt publie des vidéos de son quotidien sur les réseaux sociaux

© France 3 Picardie
© France 3 Picardie

Le phénomène est récurrent depuis quelques années : des détenus utilisent des téléphones portables pour se filmer ou filmer leur lieu d'incarcération. Des images qui sont ensuite postées sur les réseaux sociaux. C'est le cas récemment d'un détenu de la prison de Liancourt dans l'Oise.

Par Halima Najibi


Le téléphone portable est interdit en détention. Mais dans les faits, l'interdiction reste lettre morte. En effet, des milliers de détenus l'utilisent dans les prisons. C'est ainsi que dernièrement, un détenu de Liancourt dans l'Oise a filmé clandestinement depuis sa cellule, ou dans la cour de promenade, son quotidien avec un téléphone portable. Des vidéos qu'il a ensuite partagées sur les réseaux sociaux. Et dernièrement, dans ses messages filmés, il se plaint notamment du coût de la vie en prison. Nos confrères du Courrier Picard rapportent que ce détenu est connu de l'administration pénitentiaire et "qu'il a déjà était jugé pour l'une de ses vidéos" . 


Les portables objets courants pour les détenus

Se filmer dans les prisons, ce n'est pas nouveau. C'est un phénomène qui existe depuis plusieurs années. «J'ai 10 ans de carrière, et c'est un problème qui ne date pas d'aujourd'hui, mais il s'accentue, surtout avec l'article 57  de la loi pénitentiaire de 2009 qui interdit de faire des fouilles systématiques», souligne Vincent  Sporakowski secrétaire local CGT du personnel pénitentiaire de Liancourt.

Une position partagée par de les autres syndicats de surveillants pénitentiaires. En 2016, un détenu de la prison de Béziers a écopé de six mois de prison supplémentaires pour s'être filmé et pour avoir diffusé les vidéos sur Périscope, un réseau social. En 2018, c'est un détenu de la prison de Béthune qui pour avoir filmé des surveillants à leur insu a été condamné à cinq mois de prison en plus de sa peine.    
 

Un moyen pour garantir la paix sociale

Pour communiquer avec l'extérieur, les détenus sont autorisés à utiliser les cabines téléphoniques installées depuis quelques années dans les prisons. Mais les conversations peuvent être soumises à écoute et les numéros de téléphones des destinataires sont pré-enregistrés. Ayant peu d'autonomie, les prisonniers préfèrent avoir leurs propres portables. Ils se les procurent soit par l'intermédiaire d'un autre détenu soit par la famille qui introduit des téléphones qui sont indétectables dans les portiques.

«Je ne dit pas que c'est tout le temps, mais on retrouve souvent un portable ou un chargeur dans les cellules», raconte le syndicaliste. Il existe pourtant des moyens pour éviter la propagation des téléphones portables dans les prisons. On pourrait bien imaginer d’installer des brouilleurs de portables. «C'est déjà le cas dans les quartiers sensibles. Mais envisager d'avoir des brouilleurs partout ça a un coût énorme et l'administration pénitentiaire ne dispose pas d'un tel investissement. On manque toujours de moyens, d'effectifs et de matériels. Il faudrait des millions d'euros pour équiper toutes les prisons. Et malheureusement certaines choses resteront accessibles aux détenus, le portable ou encore la drogue », regrette Vincent Sporakowski. 

  

 

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