Élections sénatoriales dans l'Oise : tout ce qu'il faut savoir sur le mode de scrutin, les candidats et les enjeux

Dimanche 24 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée pour six ans, à l'occasion d'un scrutin au suffrage indirect. Les quatre sénateurs de l'Oise sont concernés. Candidats, enjeux, chances : on vous explique.

Vous n’allez (probablement) pas les choisir et pourtant, comme les députés élus l'année dernière, ils vont voter les lois qui s’imposeront à vous, et contrôler l’action du gouvernement, pendant les six prochaines années. Le 24 septembre, 170 sénateurs seront élus en France. Tous les trois ans, la moitié des sièges du Sénat est ainsi remise en jeu. Dans la partie cette année : les fauteuils des sénateurs du Nord, du Pas-de-Calais et de l’Oise.

L’Oise a droit à quatre sénateurs. C’est proportionnel au nombre de ses habitants : près de 830 000. Or seulement 2 397 Isariens participeront à ces élections sénatoriales : les "grands électeurs". Il s’agit des parlementaires du département, des conseillers régionaux, des conseillers départementaux et surtout des "délégués des conseils municipaux", c’est-à-dire tous les maires de l’Oise et tout ou partie de leurs conseillers municipaux. Bref, un scrutin indirect : des élus qui, parce qu’ils ont été élus, sont légitimes à élire d’autres élus.

Pas enthousiasmant ? Bien que décriés, le Sénat a du pouvoir et ce mode de scrutin présente des intérêts : il n’y a pas d’abstention (les grands électeurs sont obligés de voter), les maires ruraux ont l’occasion de se faire représenter à Paris, les sièges sont répartis à la proportionnelle (une candidature peut empocher plusieurs sièges si elle fait un gros score) et les résultats sont souvent incertains, se jouant à quelques voix près, beaucoup de municipalités ne revendiquant pas d’étiquette politique.

Alors, qui se présente ? Que proposent-ils ? Quelles sont leurs chances ? Dans l’Oise, huit têtes de liste se disputent les quatre sièges, dont trois sortants. Trois sénateurs de droite.

À droite : trois ténors prêts à rempiler

Comme en 2017, la droite est largement représentée dans ces élections. Jérôme Bascher (investi par LR), Edouard Courtial (écarté des instances) et Olivier Paccaud (divers droite) : ces trois sénateurs sortants sont candidats à un nouveau mandat de six ans. Ça passera encore ou, cette fois, l’un d’entre eux paiera-t-il cette dispersion ?

Avec son franc-parler habituel, Jérôme Bascher assume : "J’ai envie de continuer, eux aussi, il n’y aurait pas de place pour trois si on faisait liste commune. Et puis ça permet de voir si on est reconnu de nos électeurs. Moi, je suis LR pas Macron-compatible ; Edouard est LR Macron-compatible ; Olivier est divers droite : que la démocratie choisisse."

C’est à la faveur d’un désistement que Jérôme Bascher avait intégré le Sénat en 2017. Candidat en 3e position sur la liste d’Edouard Courtial, laquelle avait remporté deux sièges, il avait profité du départ de la numéro 2, Nadège Lefebvre, à la présidence du département, poste laissé libre précisément par Edouard Courtial, en raison du non-cumul des mandats.

Depuis ce savoureux jeu de chaises musicales, Jérôme Bascher a gagné du galon : secrétaire de la commission des finances au Sénat, c'est donc pour son propre compte qu'il a décroché l’investiture LR et le voilà qui se présente en 2023 comme "le sénateur le plus actif de l’Oise", capable d’être "sur le terrain pour mettre de l’huile dans les rouages des projets", mais donnant la priorité à "faire la loi et peser sur le système".

Je ne suis toujours pas macroniste et je ne le serai jamais.

Jérôme Bascher, candidat LR

Ses chevaux de bataille ? "L’ordre et l’autorité du maire" (il veut que les gendarmes se concentrent sur la police du quotidien, que le procureur suive les plaintes des maires et qu'on "revienne à la règle, appliquée avec fermeté et systématisme"), "l’accès à la santé" et une reprise en main par les collectivités locales de leurs moyens budgétaires : "C’est moins de normes, plus de visibilité sur les subventions, moins de recettes fléchées sur ceci ou cela, qu’on laisse les maires faire ce qu’ils veulent !"

En d’autres termes : "redonner le pouvoir aux Maires", avec un grand M. Mais le slogan est déjà pris par Edouard Courtial.

Sur le bon vieux réseau Facebook, le candidat de L’Oise au Coeur, entouré de son "équipe sérieuse, dynamique et compétente", caresse de sa plume les grands électeurs : "les élus de terrain", les "fantassins de la République", "nos territoires", la ruralité dans laquelle il "a été élevé", "les élus engagés et déterminés", "révoltés" face au "carcan administratif".

Ancienne figure de proue des Républicains de l’Oise (ex-maire, ex-président de fédération, ex-président du conseil départemental, ex-conseiller régional, ex-député, ex-secrétaire d’État), venu de l’UDF et proche de Xavier Bertrand, Edouard Courtial a été mis au placard, il y a un an, par les instances nationales du parti LR. Sa faute ? Préférer trop clairement Macron à Le Pen, semble-t-il.

Mais le sénateur a continué de mener sa barque, hors radars médiatiques (il n’a encore pas répondu à nos sollicitations), jusqu’à cette campagne de valeurs, toujours ouverte au centre comme veut en témoigner la présence sur sa liste de la conseillère régionale Chanez Herbanne, membre d'Horizons (parti d'Édouard Philippe).

Mais il y en a un autre qui mène sa barque sans dévier : Olivier Paccaud, sénateur élu en 2017 sur la liste Notre parti c’est l’Oise, candidat en 2023 sur la liste… Notre parti c’est l’Oise.

Militant depuis les années RPR, ancien directeur de cabinet de Philippe Marini à Compiègne et ancien vice-président du département en charge de l’éducation et de la citoyenneté, Olivier Paccaud a pris ses distances avec LR en s’opposant au maintien de François Fillon à la présidentielle de 2017 (il avait soutenu Alain Juppé à la primaire) et en se présentant en dissidence aux sénatoriales, avec succès : sa liste était 2e, derrière celle d'Edouard Courtial.

Depuis, Olivier Paccaud a toujours tenu à rappeler qu’il n’était que "rattaché" au groupe LR du Sénat. "Je suis un homme totalement libre et indépendant, assure-t-il. Ça me permet d’ailleurs d’avoir une audience plus spontanément agréable chez les grands électeurs."

Un bon sénateur est en campagne pendant 6 ans. J’ai tenu tous mes engagements, je suis allé à mon maximum : je suis serein.

Olivier Paccaud, candidat divers droite

Sur le fond, le sénateur-candidat évoque la "frustration" des élus locaux face aux subventions de l’État longues à arriver, et aux compétences "trop" transférées aux intercommunalités. Lui aussi, il propose de "rendre aux maires leur pouvoir d’action, et de décision, et de souveraineté", avec par exemple un droit de véto sur l’installation d’éoliennes.

Mais le sujet qui le "motive beaucoup", c’est "l’équité territoriale" qui serait aujourd’hui écornée avec une ruralité "défavorisée". Le sénateur cite l’exemple du dédoublement des classes en zone d’éducation prioritaire qui se ferait au détriment des écoles rurales et affirme avoir obtenu, en cette rentrée, deux ouvertures de classes dans la campagne isarienne.

À gauche : exit Rossignol, et l’union sans LFI

Trois sortants, mais où est la sortante ? La sénatrice socialiste et féministe Laurence Rossignol voulait rempiler, mais son parti en a décidé autrement : elle est parachutée dans le Val-de-Marne (et pas tête de liste) pour laisser la place au premier secrétaire fédéral Alexandre Ouizille (également conseiller régional et premier adjoint au maire de Villers-Saint-Paul), à la tête d’une liste d’union de la gauche rassemblant le PS, le PCF (qui avait sa propre liste en 2017), EELV, Génération.s et le PRG.

Fort d’une campagne entamée dès le mois de mai, "plus de 200 réunions", le candidat du "rassemblement de la gauche" assure profiter d’une "bonne dynamique". "Il m’est arrivé que des gens me lancent immédiatement : ‘ne dites rien, ils ont voté tous les trois pour la réforme des retraites’", s’amuse Alexandre Ouizille, en référence aux sortants de droite.

Pas d’excès de confiance pour autant : "On nous prête la capacité d’obtenir deux sièges mais, notre sujet, c’est déjà que la voix de la gauche dans l’Oise ne s’éteigne pas." Pour cela, Alexandre Ouizille a donc commencé par aller à la rencontre des maires, "des gens qui font vivre au quotidien des organisations complexes". "On a commis, et on est les seuls, un vrai programme de 16 pages, très inspiré de ces discussions, des mesures précises et concrètes qui viennent des maires", affirme la tête de liste.

Vous avez trois députés RN, les autres sont LR : on veut un parlementaire sur lequel la gauche organisée, le mouvement environnemental organisé, puissent s’appuyer.

Alexandre Ouizille, candidat Union de la gauche

Au programme notamment : l’école, se battre pour le "remplacement systématique des enseignants" et des classes "autour de 20 élèves" pour aussi "pérenniser les écoles dans les territoires" ; l’environnement ("les modèles du GIEC sont très en-deçà de ce qui se passe, on est en train de perdre la terre"), avec des "financements pour la gestion des réseaux d’eau" et la "pérennisation" du fond vert pour la rénovation thermique ; ou encore un accompagnement des élus par de la simplification administrative ("c’est une des choses qui m’a le plus frappé dans cette campagne, vous n’y arrivez pas, inventons un seul tube pour un projet communal et après les autres entités - l’État, la région, le département - gèrent la complexité administrative") et une "proposition de loi d’initiative communale" rédigée chaque année avec les maires qui le voudront bien.

L'impétrant prend aussi des risques : avec les maires-médecins, en proposant de réguler leur lieu d’installation ("on va pas attendre 15 ans l’effet de la suppression du numerus clausus") sur le modèle des pharmaciens ("quand ils veulent s’installer dans un territoire déjà surdoté, ils doivent attendre qu’un autre s’en aille") ; ainsi qu’avec les maires-agriculteurs, en émettant de fortes réserves sur les projets de méthanisation fondés sur les cultures intermédiaires ("avec les déchets d’accord, mais on va pas commencer à planter des choses pour un méthaniseur").

Sur ce dernier point, le candidat de gauche est d'ailleurs critiqué, pour manque de clarté, par une candidate... de gauche : Marianne Seck, tête de liste insoumise.

Pour ces sénatoriales, l’union de la gauche n’est pas complète. Contrairement aux législatives, la France insoumise n'a pas obtenu l'accord qu'elle souhaitait. Dans les tractations, menées au niveau national, ses partenaires n'auraient pas accepté de lui laisser la moindre position éligible.

"C’était symbolique cette place éligible, c’était d’avoir ne serait-ce qu’un siège, donc un groupe insoumis au Sénat", explique la candidate LFI de l’Oise. Qu'à cela ne tienne, les insoumis ont décidé de reprendre le programme de la Nupes - et la marque Nupes unilatéralement revendiquée - pour présenter des listes autonomes (Ugo Bernalicis face à Patrick Kanner dans le Nord, par exemple).

On souhaitait poursuivre la dynamique de l’union, notre accord sur un programme, qui n'était pas qu'un accord électoral pour les législatives. Les autres partis ont souhaité faire de la vieille politique, alors nous devons continuer de faire avancer nos propositions.

Marianne Seck, candidate LFI

Comme la plupart de ses concurrents, Marianne Seck propose de "redonner le pouvoir et les moyens aux communes, leur permettre d’agir avec un peu d’autonomie, des moyens, des compétences, parce que ce sont eux qui sont au contact direct des citoyens". La candidate note aussi "l’inquiétude" des élus concernant "la préservation de l’eau", des nappes, la gestion de l’assainissement et le dossier du canal Seine-Nord Europe. Le tout sans renier ses aspirations plus transversales et profondes : "Changer le quotidien des gens en mieux, changer le système capitaliste."

Une candidature de témoignage ? L'insoumise estime n’avoir rien à perdre : "on ne peut être que grands gagnants, qu’on gagne ou pas". Et si Marianne Seck se permet quelques critiques envers la liste portée par Alexandre Ouizille ("c’est pas clair, en plus ils ont fait alliance avec le PRG qui n’est pas d’accord avec le programme de la Nupes"), l’insoumise confie que "ce n’est pas une occasion de faire la guerre entre nous" et assure que pour l’avenir, à commencer par les européennes, "rien n’empêchera de continuer de dialoguer".

RN, centristes : les challengers

De l’autre côté de l’échiquier politique, un autre parti peu formaté pour le scrutin sénatorial compte jouer les trouble-fête : le Rassemblement national, avec une liste portée par Mylène Troszcynski.

Née à Chauny dans l’Aisne, Mylène Troszczynski a déjà été conseillère régionale et députée européenne, mais jamais candidate aux sénatoriales. "C’est une élection à intérêt national, j’ai proposé ma candidature parce que j’estimais que mon expérience pouvait peser et parce qu’il y a une carte à jouer", explique la candidate RN. Elle a envoyé un "petit journal de huit pages" aux grands électeurs et organisé "un maximum" de rendez-vous avec eux, où elle assure avoir été "très bien reçue, de manière tout à fait républicaine, parfois plus que républicaine".

De ces "discussions très enrichissantes", elle retient particulièrement deux volets : d’une part, la conscience qu’auraient les grands électeurs du "rôle éminemment national" du sénateur, qui consistera pour elle à défendre le programme présidentiel de Marine Le Pen, "lutte contre l’immigration, défense du pouvoir d’achat, lutte contre les déserts médicaux" ; d’autre part, un besoin de "soutien aux petites communes" dont la sénatrice pourrait se charger ("faire remonter des informations, les aider dans leurs démarches") et de "revaloriser" leurs maires, leur donner de nouveaux pouvoirs, le droit de véto sur les éoliennes (comme chez Olivier Paccaud) et "les aider à refuser l’installation de migrants dans leur commune s’ils n’en veulent pas, puisqu’un jour ça va nous être imposé".

Les résultats que nous avons obtenus l’année dernière, une partie des grands électeurs en sont les auteurs...

Mylène Troszczynski, candidate RN

L’an dernier, l’Oise a offert 52,7% de ses suffrages à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, puis envoyé trois députés RN à l’Assemblée nationale. Parmi ces derniers : Michel Guiniot, tête de liste aux dernières sénatoriales, qui n’avait alors conquis que 3,47% des grands électeurs (79 voix). Le parti n’a toujours pas de mairies dans l'Oise mais, avec en plus "la multiplication des listes de droite et de soutien au gouvernement", la candidate estime qu'"une porte est ouverte".

De fait, plusieurs candidats prédisent une poussée du vote RN dans cette élection, sans aller jusqu’à décrocher un siège, bien que ce "risque sérieux" ait été brandi par Renaissance pour justifier que, en "responsabilité", le parti présidentiel ne soutiendrait aucune liste face aux sénateurs sortants, saluant simplement "l’engagement et la volonté" de Stanislas Barthélémy, lui qui avait sollicité l’investiture et se présente donc sans.

"Je pense que je vais être élu, sinon je n’y serais pas allé", déclare sans blague le candidat originaire de Belgique. Une chose est sûre, Stanislas Barthélémy, seul prétendant à être actuellement maire lui-même (depuis 15 ans à Longueil-Sainte-Marie, village de 2 000 habitants entre Compiègne et Creil), ne manque pas d’enthousiasme dans cette campagne. "C’est fabuleux, confie le maire-candidat. Des rencontres, des moments passionnants, où l’on prend le temps de prendre du recul sur nos fonctions, les attentes de la société, comment on vit le mandat, pourquoi on s’arrêterait, a-t-on encore la possibilité de se réinventer..."

Lui sénateur, il conserverait son "regard très local" pour "mettre en œuvre" la politique en résolvant vraiment les problèmes : "C’est le rôle du Sénat, quand les députés sont sous la pression médiatique". Plus concrètement, plutôt que d’instaurer un véto contre les éoliennes, Stanislas Barthélémy estime que leur désamour provient du sentiment "que d’autres gens se font du fric avec" et propose donc "une répartition de la production aux habitants autour, gratuitement, pour faire tourner la machine à laver quand l’éolienne tourne, reprendre contact, avoir une relation, s’intéresser". De même, sur les moyens financiers des communes, le candidat veut rappeler un contexte : "La solidarité nationale se base sur la fiscalité locale, qui elle-même est basée sur des valeurs définies en 1970... Ça n’a aucun sens, je vais me battre pour sortir de ces règles idiotes."

Je corresponds aux attentes des maires, qui sont fondamentalement consensuels (surtout dans les petites mairies) et qui travaillent avec tout le monde en pensant au bien commun.

Stanislas Barthélémy, candidat centriste

Original dans ses propositions, Stanislas Barthélémy se dit pourtant "parfaitement en phase avec le gouvernement" et le "revendique tout à fait". Même sur la réforme des retraites ? "Il fallait la faire", dit-il, bien qu’il aurait préféré revenir au projet du premier quinquennat, le système par points. Son honnêteté, assure-t-il, surprend en bien les grands électeurs : "Ils se disent ‘chouette, enfin quelqu’un de clair, d’intéressant’."

Reste la concurrence au centre et centre-droit : celle d'Edouard Courtial, qu’il préfère ramener à l’étiquette LR ("je ne vois nulle trace de Macron-compatibilité, c’est une liste Xavier Bertrand") ; ou celle de Sophie Reynal, une centriste qu’il avait soutenu lorsqu'elle s'était présentée en 2017. "J’aurais apprécié qu’elle fasse pareil", regrette-t-il, alors qu’elle a décidé de retenter sa propre chance.

En 2017, investie par La République en marche et en pleine dynamique macroniste, Sophie Reynal n’avait recueilli que 8,5% des suffrages aux sénatoriales. "C’était un bon score, se défend-elle. La plupart des maires sont issus historiquement de la droite républicaine et très peu se disent ouvertement de gauche. La synthèse macroniste pouvait être entendue, je continue à porter cette même devise."

En 2022, la conseillère municipale de Senlis a été exclue de la majorité présidentielle pour s’être présentée en dissidence aux législatives face à Eric Woerth, transfert des LR. Aujourd’hui, elle assure ne pas vouloir de "revanche", simplement la même volonté de "faire de la politique autrement", porter une parole libre au Sénat pour "dire oui aux réformes intéressantes, mais pas de soutien aveugle ni de blanc-seing".

"Je fais campagne à bas bruit, parce qu’il y a beaucoup de ténors, notamment à droite, beau pied de nez à la parité d’ailleurs", glisse la candidate, avant de dénoncer le remplacement à gauche de Laurence Rossignol par une tête de liste masculine. Pour en revenir aux barons de la droite, elle admet que son programme "n’imprime pas" chez beaucoup de grands électeurs déjà acquis à leur cause, mais elle fonde quelque espoir sur les maires "un peu plus jeunes qui veulent que ça bouge et pas juste être courtisés tous les six ans".

J'ai grandi dans une famille de résistants, où l'étiquette compte moins que les convictions personnelles. Je suis au centre parce que je suis le plus loin possible des extrêmes.

Sophie Reynal, candidate centriste et écologiste

Parmi ses sujets principaux dans le département : "la désertification médicale, les inquiétudes sur l’éducation, la mobilité, l’inégalité hommes-femmes, la sécurité, et la révision du plan régional de santé" (elle veut pousser la réouverture des urgences à Senlis et de la maternité à Creil). Centriste, la candidate se revendique aussi écologiste. Elle n’a pas imprimé de "papiers inutiles" pour les grands électeurs (renvoyés sur son site internet) et appelle à "un virage" dans la transition énergétique "pour ne pas aller dans le mur", tout en vantant une approche "pragmatique, pas dogmatique".

Sophie Reynal nous permet un rappel objectif : "Le scrutin est très important parce qu’on a 4 ans avec l’actuel président, sans une vraie majorité." Le scrutin du 24 septembre peut faire évoluer l'équilibre du pouvoir législatif et influencer la stratégie, la ligne politique, d’un Exécutif en quête d'alliés. C’est l’un des enjeux, lointains en apparence, de ces élections si singulières.

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