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“Ermenonville m'a changé” : rencontre avec l'un des premiers témoins du crash du DC-10, le 3 mars 1974

Aucun passager n'avait réchappé de cet accident qui devint l'une des plus grosses catastrophes aérienne de tous les temps. / © STF / AFP FILES / AFP
Aucun passager n'avait réchappé de cet accident qui devint l'une des plus grosses catastrophes aérienne de tous les temps. / © STF / AFP FILES / AFP

L'avion venait à peine de décoller de l'aéroport d'Orly quand il s'est écrasé en forêt d'Ermenonville, près de Fontaine-Chaalis, il y a tout juste 45 ans. A l'époque, le correspondant de FR3, arrivé le premier sur les lieux, filme les images de cette catastrophe qui l'a profondément marqué.

Par Margot Desmas

C'était il y a 45 ans, le 3 mars 1974. La verdure de la forêt d'Ermenonville se recouvrait d'une épaisse couche de suif, le DC 10 de la Turkish Airlines qui reliait Istanbul et Londres venait de s'écraser où se tient l'actuel mémorial en souvenir des 346 victimes du crash. A l'époque Dominique Godard et Françis Maillart avaient la vingtaine. Le premier était venu comme sauveteur, l'autre filmait les premières images de la catastrophe pour FR3. Ils ne savaient pas encore qu'ils avaient devant eux une des plus grandes catastrophes aériennes de tous les temps.

"La première chose que je vois, c'est un bras, une main et surtout les galons de commandant pendus dans l'arbre. Tout était gris, se rappelle Françis Maillart qui arrivait caméra à la main. Il y avait aussi une grande tente à l'entrée et tous les corps arrivaient dans des sacs, certains faisaient ma taille". Et Dominique Godard d'ajouter : "Il y a une certaine torpeur quand on arrive. Je me souviens encore avoir mis les mains dans les poches et m'être dit : « Qu'est-ce-que je vais faire ? »".
 
Rencontre avec le journaliste qui a tourné les premières images du crash d'Ermenonville
>> Sophie Crimon et Jérôme Arrignon

L'avion avait décollé de l'aéroport d'Orly neuf minutes plus tôt lorsqu'une des portes de la soute s'est ouverte en plein vol, entraînant une explosion due à une décompression. L'appareil s'est écrasé en forêt à 700 km/h, quatre passagers ont été retrouvés à 8 kilomètres des lieux du crash. A son bord, il y avait des supporters de l'équipe d'Angleterre de rugby, des banquiers japonais, quelques mannequins britanniques et d'autres passagers issus d'une douzaine de pays. Ils ont tous péri dans l'accident.
Sur cette carte, l'itinéraire du VOL 980 de la Turkish Airlines. Il décolle d'Orly à 12h32 et s'écrase en forêt d'Ermenonville, 9 minutes plus tard.
 
© STF / AFP FILES / AFP
© STF / AFP FILES / AFP

Françis visionne ses images de la catastrophe pour la première fois depuis près d'un demi-siècle. Passé le temps de la sidération, le jeune pigiste, arrivé le premier sur les lieux, capture la scène avec sa caméra 16 millimètres. "Je filme en plan large pour ne pas prendre les corps, je tourne de très loin par respect pour les victimes, détaille-t-il. Ermenonville m'a vraiment fait changer ma manière de voir les choses. Je me suis dit que je voulais faire du sauvetage, que je voulais être utile." Un tournant dans sa vie. Il sera pompier alors qu'il avait toujours voulu travailler à la télévision.

"Qu'est-ce qui est passé dans la tête des passagers et de l'équipage à ce moment-là sachant que c'était la fin ?", se questionne encore Dominique Godard qui était venu secourir les rescapés. "Le destin fait que chaque jour on gagne une nouvelle journée, ils n'ont pas eu cette chance", philosophe Françis. Si la foret brûlée par le kérosène a retrouvé son calme, des morceaux de carlingue continuent d'être ramassés par les promeneurs, 45 ans après. Les avions, eux, volent toujours au dessus d'Ermenonville.

Sur les réseaux sociaux, comme Instragram, ce triste anniversaire suscite toujours de nombreuses réactions de part le monde.
346 personnes sont mortes dans ce crash.
 
A ce jour, cette catastrophe aérienne reste la plus meurtrière sur le sol français. C'est le quatrième accident le plus meurtrier de l'histoire de l'aviation civile.


 

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