Grève contre la réforme des retraites : la maintenance préventive du site Seveso d'Engie à Gournay-sur-Aronde reportée

Depuis le 13 janvier, des salariés grévistes de Storengie de Gournay-sur-Aronde dans l'Oise bloquent le site de 6h à 18h. / © F.Ben
Depuis le 13 janvier, des salariés grévistes de Storengie de Gournay-sur-Aronde dans l'Oise bloquent le site de 6h à 18h. / © F.Ben

Depuis plusieurs jours, des grévistes bloquent le site d'Engie de Gournay-sur-Aronde dans l'Oise. L'action de ces agents en grève contre la réforme des retraites entrave les opérations de maintenance de ce site de stockage de gaz naturel classé Seveso.

Par Jennifer Alberts


Ils sont en grève depuis le début du mouvement de protestation contre la réforme des retraites. Depuis le 5 décembre, le site Engie de stockage de gaz naturel situé à Gournay-sur-Aronde dans l'Oise était bloqué le matin. Mais le 13 janvier, la CGT a décidé de durcir la grève : exceptés les non-grévistes, rien n'entre ni ne sort de l'entreprise de 6h à 18h. 

"On est sur une convergence des luttes, explique Frédéric Ben, délégué CGT du site. Il y a du monde qui vient d'un peu partout : des cheminots, des hospitaliers... On tourne à une vingtaine de personnes en moyenne sur place. Mais sur les 35 salariés qui travaillent en moyenne chaque jour à Storengie (sur 50 postes, ndlr), on est à peu près 50% en grève."
 

Feux de palettes et de pneus empêchent les entreprises extérieures de pénétrer sur le site. "Il y a un certain nombre d'opérations de maintenance qui ne peuvent pas avoir lieu. Par exemple, on a 25 Italiens qui attendent depuis 15 jours de pouvoir faire ce pour quoi ils sont venus, raconte Frédéric Ben. En attendant, toutes ces entreprises sont payées. Il faudra qu'elles reviennent et donc il faudra les payer à nouveau. Certaines réparations assurées par des salariés grévistes ne sont pas assurées."

Par ailleurs, les produits toxiques générés par l'activité du site ne sont pas évacués. "Donc les cuves ne sont pas vidées depuis 15 jours, avoue le délégué CGT du site. Le niveau monte mais évidemment, on ne les laissera pas déborder".

Les grévistes doivent recevoir la visite du secrétaire général de la Fédération nationale mine énergie de la CGT, Sébastien Ménesplier. Il était mercredi 22 janvier auprès des grévistes de la centrale nucléaire de Gravelines.
 
Dans un communiqué, la direction de Storengy a précisé que  "depuis le début de la grève toutes les opérations de maintenance réglementaire ont été effectuées et continueront à l’être. (...). Sur plusieurs sites, des grévistes empêchent l’accès aux entreprises extérieures. Ces dernières sont missionnées de longue date pour effectuer des travaux de maintenance préventive. Dans ce cas Storengy reprogramme à une date ultérieure ces opérations. A ce jour, il n’y a pas de répercussion sur l’approvisionnement en gaz naturel des clients et (...) sur la production du site."

L'usine Storengy de Gournay-sur-Aronde dans l'Oise stocke du gaz naturel : cette filiale de Suez GDF en entrepose 3 milliards de m3 à 700 mètres de profondeur. Un site dangereux classé Seveso 3. 
 

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