Dans les Hauts-de-France, les escape games ont trouvé la clé du succès

Pour la deuxième année consécutive, le musée Gallé Juillet de Creil organise des escape games pour les visiteurs. / © V. Cruard / FTV
Pour la deuxième année consécutive, le musée Gallé Juillet de Creil organise des escape games pour les visiteurs. / © V. Cruard / FTV

Depuis dix ans, les jeux d’évasion grandeur nature se développent dans toute la France. Le succès est aussi florissant dans la région Hauts-de-France qui compte une quarantaine de salles dédiées. Entre énigmes et décryptages, nous avons mené l’enquête pour comprendre cet engouement.
 

Par MCP et J. Guéry

"Aujourd'hui, vous allez faire un escape game, ce n’est pas un jeu d’intelligence mais de coopération et de cohésion". Renaud Dayen, gérant d'un escape game, pose le décor. Devant lui, cinq jeunes avides de sensations fortes, écoutent attentivement ses instructions. "Vous allez devoir former une équipe soudée qui communique efficacement" ajoute le maître du jeu.

À Saint-Maximin, dans l’Oise, ce complexe dédié aux jeux d’évasion grandeur nature est le plus grand des Hauts-de-France. Manoir hanté, hôpital abandonné, navire maudit : les aventuriers peuvent choisir entre sept scénarios dont Renaud a principalement acheté les trames en Asie. "Dès qu’on nous parle d’un escape révolutionnaire, on part dans des pays. Cette année, on est allé en Bulgarie, qui est la nouvelle capitale de l’escape game. On y a acheté des jeux qu’on avait beaucoup aimés et qu’on voulait absolument ramener en France pour présenter à nos joueurs".  
 

 

Détectives en herbe

Inventé par un Japonais en 2007, le concept s’est d’abord timidement répandu dans le monde. Mais depuis l’ouverture de la première salle à Paris en 2013, les sites dédiés se sont démultipliés en France. On en compte désormais plus de 2000 dans l’hexagone et 48 dans la région Hauts-de-France.
 

L’objectif reste le même quelle que soit la mission : les participants ont une heure et pas une seconde de plus pour s’échapper de la salle dans laquelle ils sont enfermés. Pour sortir, ils doivent résoudre une série d’énigmes, trouver des codes de cadenas, déchiffrer des textes ou encore fouiller pour trouver des indices. Dans leur quête, ils sont aidés par un maître du jeu qui suit leur progression en temps réel.
 

En seulement un an d'activité, plus de 20 000 personnes se sont prêtées au jeu à Saint-Maximin Parmi elles, Fabien et ses amis, originaires de Château-Thierry dans l'Aisne. Ils ont fait 1h30 de route pour rejoindre le complexe de loisirs. "J’en ai fait une dizaine et c’est toujours aussi génial, s’enthousiasme Fabien. C’est une expérience unique et ce n’est jamais le même thème".
 

Un engouement contagieux

Le concept s’est échappé des gros complexes de loisirs et inspire désormais les sites culturels. Châteaux, musées : tous s’y mettent. Même le zoo d’Amiens a créé un escape game pour Halloween.
 

Le musée Gallé Juillet de Creil a aussi également suivi la tendance. Depuis 2018, les visiteurs peuvent y découvrir un secret. Le jeu se déroule sur des créneaux spécifiques et exige un peu de préparation. "Vous êtes dans une maison restée en l’état alors le musée s’adapte pour l’installation de l’escape game, précise Manon Poing, régisseuse des collections du musée Gallé-Juillet. Il faut réaménager les pièces et bouger certains objets de la collection pour qu’ils ne soient pas manipulés par les visiteurs et aussi installer le matériel pour le jeu".
 

Cette aventure plonge les joueurs en 1913, au cœur de cette ancienne maison de notables creillois. Deux ans de travail ont été nécessaires pour créer le scénario, élaborer les indices, les vidéos et même une application très utile pour les enquêteurs. "C’est super immersif, commente Gaëlle, une joueuse. Je n’en avais jamais fait dans un musée mais c’est bien parce qu’on apprend en cherchant et en jouant. C’est prenant".

Chaque année, le musée réalise 8000 entrées. 300 curieux supplémentaires ont réservé pour participer à l'escape game en 2018.
 

Au cœur de l’action


Au bois de Rosoy, au sud-est de l'Oise, certains ont poussé le concept encore plus loin. Avec Escape Forest, les joueurs doivent résoudre des énigmes au cœur d’une forêt de 5 hectares pendant… 20 heures !

Alexis et ses amis, les participants du jour, ont un programme chargé : une chasse au trésor avec nuit en tente, feu de camp et énigme à résoudre au clair de lune. "Il faut un vrai feu pour que vous puissiez cuisiner ce soir, leur conseille Axelle Zandvliet, co-propriétaire d’Escape Forest. Et pendant que certains vont chercher du bois et cuisiner, vous allez devoir comprendre ce qui s’est passé ici. C’est un campement qui date de 1954, il y a peut-être des traces".
 

Les joueurs viennent de toute la France pour participer à cette aventure, dont 1500 rien que cet été. "On s’est rendu compte que plus les gens avaient du confort dans leur vie, moins ils en recherchaient pour l’aventure" précise Axelle Zandvliet.

Anciens scouts et fan d’escape game, les membres du groupe ont passé une partie de la nuit à mener l’enquête et même à creuser un trou dans un décor de cimetière.
 

Le prix du succès


Pour une partie d’escape game classique, il faut toute de même compter entre 18 et 40 euros par personne en fonction du nombre de joueurs. Un séjour chez Escape Forest coûte en revanche 149 euros.

Mieux que regarder un film en mangeant des chamallows, pourquoi ne pas manger des chamallows tout en étant dans le film ? Être au cœur de l'action, voilà la clé du succès de ce nouveau loisir.
Mais attention, l'escape game est un jeu addictif, qui se réinvente chaque jour à travers le monde. De quoi s'évader encore pour de nombreuses années, … si vous y arrivez…
 
Notre reportage complet sur les escape games des Hauts-de-France
Avec Renaud Dayen, gérant de Freeing ; Manon Poing, régisseuse des collections du musée Gallé-Juillet ; Axelle Zandvliet associée et co-propriétaire d'Escape Forest ; Adèle Maas responsable animation - Escape Forest et Victor Zandvliet créateur d'Escape Forest.

 

Sur le même sujet

Les + Lus