Carole Bureau-Bonnard, députée de l’Oise guérie du coronavirus : "ce qu’il faut retenir, c’est qu’on peut s'en sortir"

Députée dans la sixième circonscription de l’Oise, Carole Bureau-Bonnard a été diagnostiquée positive au Covid-19 le 15 mars dernier. Confinée chez elle à Noyon, l’élue récupère petit à petit.
 
Confinée chez elle à Noyon, dans l'Oise, la députée LREM est guérie mais reste encore fatiguée.
Confinée chez elle à Noyon, dans l'Oise, la députée LREM est guérie mais reste encore fatiguée. © Carole Bureau-Bonnard
Il y a trois semaines, Carole Bureau-Bonnard a été diagnostiquée positive au coronavirus Covid-19. Âgée de 54 ans, la députée LREM de la sixième circonscription de l’Oise se remet doucement de ce virus, qui a été difficile à combattre même s’il n’a pas entraîné de complications graves. Aujourd’hui guérie, elle a accepté de témoigner par téléphone.

Comment avez-vous su que vous étiez contaminée ?

J’ai commencé à avoir de la toux et des maux de tête vers le 11 mars. Je savais que des collègues de la commission de la culture à l’Assemblée Nationale étaient contaminés et j’y étais la semaine précédente. Mon département, l’Oise, était touché depuis déjà quelques semaines donc j’avais pris l’habitude de respecter les gestes barrières mais ça n’a pas suffi. J’imagine que la transmission du virus s'est faite à l’Assemblée. J’ai donc contacté le médecin régulateur du Samu qui m’a proposé de faire un test car j’avais plusieurs collègues contaminés et il savait que je côtoyais pas mal de monde en étant députée. Je suis aussi asthmatique. En attendant les résultats, je suis allée voter le 15 mars au premier tour des élections municipales avec un masque, du gel hydroalcoolique et en respectant toutes les distances de sécurité avec les autres. Le soir même, j’ai eu les résultats : j’étais positive.

Quels ont été vos symptômes ?

Un ou deux jours après l’apparition de la toux et des maux de tête, j’ai commencé à être très fatiguée mais pas au point de demander une prise en charge. On sait que les six premiers jours sont risqués donc j’ai surveillé. Je ressentais une sorte d’étau dans la poitrine, qui m’empêchait de respirer à fond. J’avais l’impression que ma cage thoracique était bloquée. Contrairement à d’autres, je n’ai presque pas eu de fièvre, seulement quelques épisodes de frissons. Par contre, j’ai rapidement perdu le goût et l’odorat. Au début je n’ai pas trop compris parce que ces symptômes n’étaient pas très connus. Ça a duré une semaine ! Mais de toute façon j’étais tellement fatiguée que je n’avais pas faim.
 

Qu’est ce qui a été le plus difficile ?

Ma première crainte, c’était d’avoir contaminé des personnes de ma famille que j’ai côtoyé quelques jours avant l’apparition des symptômes. Puis pendant la maladie, ce n’était pas le confinement le plus dur mais cette fatigue extrême. Je n’avais jamais ressenti une telle fatigue ! Je passais mes journées sur le canapé à essayer de regarder des films. J’ai aussi essayé de gérer des choses urgentes en tant que députée mais je n’arrivais même pas à tenir mon téléphone... Il y a deux ou trois nuits où j’ai vraiment beaucoup toussé et j’avoue que j’ai eu peur, surtout avec mon asthme. Je ne me rendais pas compte de ce que ce virus pouvait provoquer notamment au niveau de la fatigue intense... Je suis restée dans cet état environ une semaine.

Comment avez-vous géré votre mandat de député ?

J’ai continué comme j’ai pu, j’ai regardé un peu les mails et j’ai passé des coups de téléphone urgents. Ça me faisait mal au cœur de ne pas pouvoir tout gérer mais je pouvais compter sur mon attaché parlementaire et je continuais à partager toutes les informations sur la situation grâce aux réseaux sociaux.
 

Que pensez-vous de la gestion de la crise par le gouvernement ?

Je soutiens fortement le gouvernement évidemment. On a peut-être sous-estimé la contagiosité de ce virus, mais c’est toujours facile de dire après coup ce qu’on aurait pu faire. Ce sera à la mission d’information parlementaire de suivi de la crise du Covid-19 de déterminer si la prise en charge a été suffisante ou non. J’attends de voir ses conclusions, notamment sur la question de l’achat des masques.

Comment allez-vous aujourd’hui ?

À partir du lundi 23 mars, j’ai commencé à aller mieux. Aujourd’hui, je tousse encore donc je reste en confinement total encore une semaine. Des proches m’apportent des courses pour manger. Je me sens mieux mais pas encore très bien, je pense que je n’ai pas totalement récupéré physiquement. J’ai aussi perdu quelques kilos. Mais le plus agréable, c’est d’avoir retrouvé le goût et l’odorat ! La dernière fois que j’ai vu ma mère, elle m’a donné du foie gras. J’ai de la famille en Dordogne alors chez nous c’est un repas de fête. J’avoue que j’en ai mangé après avoir retrouvé le goût et c’est extraordinaire pour les papilles ! J’ai aussi pu manger de l’avocat, des bananes, c’est rien mais c’est fou comme ça fait plaisir ! Ce qui m’a aussi beaucoup aidée, c’est le soutien de mes proches avec leurs appels et leurs messages. Je vis seule mais je me suis sentie entourée. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’on peut s’en sortir.
 
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