“Ouvre les yeux !” Le Lillois Éric Dillies interpelle Marine Le Pen dans une lettre ouverte

© CHRISTOPHE LEFEBVRE / MAXPPP & JACQUES DEMARTHON / AFP
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Après avoir échoué à se présenter contre Marine Le Pen en vue du prochain congrès du Front national, le conseiller régional lillois Éric Dillies a publié une lettre ouverte adressée à la présidente du parti.

Par Quentin Vasseur

"La vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef". C'est ainsi que le conseiller régional FN et ex-candidat à la municipale à Lille Eric Dillies démarre sa lettre adressée à Marine Le Pen.

Une déception amoureuse ne s'efface pas avec le temps


Une phrase qu'il emprunte au livre du général Pierre de Villiers Servir, et qui donne le ton de cette lettre cordiale, mais très critique qu'il a publié ce vendredi 24 novembre sur son site internet.

Mail à Marine Le Pen :

Marine, " La vraie loyauté consiste à dire la vérité à son chef. " Ainsi, s'exprime le Général de Villiers dans son dernier ouvrage relatant ses relations avec le Président de la République. Il ajoute : " La véritable liberté est d'être capable de le faire, quels qu'en soient les risques et les conséquences.



L'élu frontiste revient notamment sur l'état des lieux très positif que fait la présidente du parti interrogée au "Grand Jury RTL" dimanche dernier, et commente : "Tout va si bien que nos cadres nous quittent. Tout va si bien que les ré-adhésions sont en chute libre. Tout va si bien que nos électeurs ont de moins en moins envie de t’écouter lors de tes émissions" interroge-t-il.

Et de revenir sur sa candidature à la présidence du Front national, avortée en raison du dépassement du délai de candidature. "Tu sais mieux que personne que cette décision est réglementaire (c’est-à-dire qu'elle ne dépend que de toi) et non pas statutaire.


Sa candidature lui permet d'évoquer la question de la succession de Marine Le Pen, que cette dernière dit accueillir "avec beaucoup de calme". "Marine, poses-toi la question : pourquoi personne n’a osé se présenter au congrès ? C’est pourtant évident, l'élection est tellement verrouillée que personne n’a l’audace de s'y risquer sans penser qu'il en paiera tout le prix."


Contacté, Éric Dillies assure qu'"il n'y a pas d'amertume du tout" dans ce courrier et dit agir d'abord pour le bien du parti. "Je suis convaincu qu'on a besoin d'un vrai congrès" pour "recréer le lien de confiance entre le parti et les adhérents".

Une lettre sans réponse


Appelant à "ressusciter le mouvement" qu'il compare à quelqu'un qui "serait tombé dans la rue et à qui on fait un massage cardiaque", l'élu ajoute que "cette crise est beaucoup plus profonde que toutes celles qu'on a connues jusqu'à présent".

Pourtant, regrette-t-il, la lettre qu'il a envoyé mercredi midi à la députée est restée sans réponse. "Je l'ai croisée hier à l'hémicycle [du conseil régional]. J'ai eu droit à peine à un 'Bonjour'"

De nombreux adhérents et cadres du parti partagent pourtant son avis, se défend le conseiller régional. D'ailleurs, sur la question d'un Front national sans Marine Le Pen, "de plus en plus de personnes l'imaginent" au sein du parti.

Ce que je dis est beaucoup plus important que ce que j'ai à perdre


Mais "les gens ne veulent pas dire les choses de peur de sanctions ou de rompre l'unité", une unité qu'il dit être un "mot utilisé pour empêcher le débat".

Quant à savoir s'il craint, lui, des retombées négatives après la publication de cette lettre, Éric Dillies assure que "ce que je dis est beaucoup plus important que ce que j'ai à perdre."

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