Inspecteur des impôts tué par un brocanteur à Bullecourt, un "acte prémédité" selon le procureur

Publié le Mis à jour le
Écrit par Vincent Dupire & Baptiste Mezerette

Un inspecteur principal des finances publiques, âgé de 43 ans, a été tué de plusieurs coups de couteau, lors d'un contrôle qui a mal tourné chez un gérant de dépôt-vente, dans le village de Bullecourt, près d'Arras, lundi 21 novembre. Un acte qui pourrait être "prémédité" selon le procureur. Sandy Théron, l'auteur présumé, qui avait des antécédents avec le fisc, s'est suicidé.

Un inspecteur du fisc a été tué de plusieurs coups de couteau après avoir été séquestré avec une collègue alors qu'ils procédaient à un contrôle chez un propriétaire de dépôt-vente de Bullecourt, petit village de 245 habitants situés au sud d'Arras, dans le Pas-de-Calais. L'assassin présumé, Sandy Théron, s'est ensuite donné la mort par arme à feu.

Une enquête, menée par la section de recherche de la gendarmerie des Hauts-de-France,

est ouverte des chefs d'assassinat et de séquestration. Selon le procureur de la République d'Arras, Sylvain Barbier Sainte Marie, cet acte pourrait être "prémédité".

La victime, 43 ans, chef de brigade au fisc

La victime, âgée de 43 ans, était chef de brigade de vérification de la direction départementale des finances publiques dans le Pas-de-Calais. "Cet homme faisait simplement son travail (...) Aujourd'hui, il n'est pas revenu. Il a été tué dans le cadre de ce contrôle fiscal", a affirmé le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal, qui s'est exprimé en milieu de soirée devant le Sénat.

Sa collègue, âgée de 39 ans, n'a pas été blessée mais est "fortement choquée". Elle a été découverte ligotée sur une chaise dans l'habitation du brocanteur, selon le procureur de la République d'Arras, Sylvain Barbier Sainte-Marie. "Ses jours ne sont pas en danger", selon le parquet. Agée de 39 ans, elle a été hospitalisée à Arras.

Les deux inspecteurs du fisc procédaient à une intervention à domicile pour "effectuer une vérification de la comptabilité de son entreprise", indique le communiqué du parquet d'Arras, publié dans la nuit.

Le suspect connu pour des violences sur mineurs

Selon le procureur de la République d'Arras, Sylvain Barbier Sainte-Marie, l'auteur présumé était connu des services judicaires pour avoir été impliqué dans une affaire de violences sur mineur, qui, selon France Info, remonte à 2010.

Le procureur évoque "deux bousculades" commises, sans précision sur les personnes visées. En 2019, l'homme avait du suivre un stage de prévention des violences. Par ailleurs, le procureur a rappelé que le suspect n'a "pas de condamnation" et "pas de casier judiciaire". 

Un "acte prémédité" selon le procureur 

Sylvain Barbier Sainte-Marie, procureur de la République d'Arras, s'est exprimé devant la presse, vers 16 heures, ce mardi. "Les premiers éléments de l'enquête semblent

se diriger vers un acte prémédité", a-t-il déclaré. En effet, "des colliers de serrage étaient présents sur place, sur les sièges" sur lesquels ont été séquestrés les deux agents du fisc. Ce qui laisse à penser que ces colliers "avaient probablement été achetés auparavant" par Sandy Théron, le suspect.

"Le mis en cause savait qu'il allait recevoir les inspecteurs", a affirmé le procureur. L'enquête, menée par la section de recherche de la gendarmerie des Hauts-de-France, porte ainsi sur les chefs d'accusation "d'assassinat" et de "séquestration".

Concernant les victimes, l'inspecteur principal a été tué de "plusieurs coups de couteau dans le dos et au thorax". Sa collègue, une inspectrice âgée de 39 ans n'a pas été "blessée physiquement", rappelle le procureur, "mais est fortement choquée". Cette dernière est entendue par les gendarmes dans le cadre de l'enquête.

Le "brocanteur" mis en cause s'est lui donné la mort dans un bâtiment annexe de sa ferme, à l'aide d'un "pistolet de type Luger à bout touchant au niveau de la poitrine" a-t-il précisé.

Minute de silence à l'Assemblée nationale

Ce mardi, vers 15 heures, les députés ont observé une minute de silence en hommage à l'inspecteur principal des finances publiques tué ce lundi. Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a rappelé "le respect que nous devons aux serviteurs de l'Etat qui agissent au quotidien pour notre pays".

Un "dossier compliqué" pour le fisc

Selon une source proche, la situation du chef d'entreprise accusé de meurtre était connue pour être un "dossier compliqué" pour les agents des finances publiques. Ces derniers étaient "intervenus plusieurs fois" à son domicile, notamment il y a deux ans. "C'était déjà compliqué à ce moment, rapporte notre interlocuteur. Mais personne ne s'attendait à ça..."

Le "brocanteur" était en situation de "défaillance" financière, a-t-on appris. Ce lundi, les deux personnels des finances publiques venaient "présenter les conclusions financières".

L'auteur présumé des faits s'appelle Sandy Théron

Le chef d'entreprise, à la tête du dépôt-vente "Speed Debarras", domicilié au 18 rue Quéant, accusé d'avoir tué un inspecteur des impôts, se nomme Sandy Théron, a confirmé le maire de Bullecourt, Eric Blanchin. Il serait arrivé dans la commune "il y a sept ans...où il avait acheté une ferme. Il vidait des maisons et revendait chez lui."

Et d'ajouter : "c'est un petit village, tout le monde se connaît. Je n'ai jamais eu de problème avec lui, il était serviable. C'est une personne lambda. Il était intégré dans le village."

Le brocanteur avait des antécédents avec le fisc

Selon Gabriel Attal, "il y avait eu des contrôles précédents, y compris au domicile de ce chef d'entreprise". "Si des situations de tension avaient pu exister à ces moments-là, de ce qu'on dit les collègues et supérieurs de la victime, rien ne pouvait laisser présager cette issue."

Le ministre des Comptes publics a également déclaré qu'un hommage sera rendu à la victime, mercredi 23 novembre, à midi, dans toutes les directions régionales des finances publiques de France.

"La République pleure l'un des siens", déclare Gabriel Attal

Après avoir rencontré les agents du service des finances publiques d'Arras, Gabriel Attal a déclaré à la presse: " Aujourd'hui, nous pleurons la mort d'un homme, de 43 ans, que tous ses collègues rencontrés décrivent comme une figure rassurante, solidaire, un vrai chef d'équipe toujours au côté de ses collègues. Nous pleurons la mort d'un agent public dans l'exercice de ses fonctions. La République pleure l'un des siens."

Gabriel Attal arrivé à Arras

Le Ministre des comptes publics est arrivé dans les locaux de la Direction départementale des finances publiques (DGFiP) d'Arras, vers 11H30. Il est venu apporté son soutien aux fonctionnaires de l'administration publique.

Sur place, le portail de l'administration public a été fermé avec une inscription à destination du public : "site exceptionnellement fermé ce jour."

Le syndicat FO "sous le choc"

Le syndicat national Force Ouvrière des finances publiques (FO-DGFiP) du Pas-de-Calais, par la voix de son secrétaire adjoint, fait part de sa "stupeur" après ce drame. "Nous sommes sous le choc de la nouvelle, dit-il. C'est le monde du contrôleur fiscal qui est touché aujourd'hui".

Selon le syndicat, quelque 1400 agents des finances publiques travaillent au sein du Pas-de-Calais.

"Mes pensées vont vers toi"

Si la victime, fonctionnaire de l'inspection des impôts, n'est pour le moment pas identifiée, des messages d'hommage commencent à être relayés sur les réseaux sociaux. "Mes pensées vont vers toi ce soir, vers tes proches et toute ton équipe de la brigade d'Arras", écrit un internaute sur le compte Twitter "RVF".

Le maire d'Arras, Frédéric Leturque, a également rendu hommage à la victime, dans un message publié sur Twitter à 7h30, ce mardi. "Le Pas-de-Calais une nouvelle fois percuté par un drame déroulé hier à Bullecourt. Nous partageons la douleur de ses proches, de sa collègue [...] Je pense à tous les agents de la fonction publique exposés", a-t-il écrit.

Une minute de silence au Sénat

Le Ministre des comptes publics, Gabriel Attal s'est exprimé devant le Sénat où une minute de silence a été observée. Il a évoqué "un drame innommable". "Ce soir, le service public a le visage de ce chef de brigade.", a ajouté le Ministre rappelant que la victime travaillait pour la Direction départementale des finances publiques (DDFIP) du Pas-de-Calais.

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