Pas-de-Calais : un octogénaire, passionné d’engins de guerre, se tue en manipulant un obus

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Le drame a eu lieu au Transloy, un village 400 âmes aux confins du Pas-de-Calais et de la Somme. Un homme de 81 ans est mort suite à l’explosion d’un obus qu’il manipulait à son domicile. Une pratique dangereuse et interdite, rappellent les services de l’État.

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La détonation a été entendue à plus d’une centaine de mètres du corps de ferme. Il était 16 heures, samedi 29 janvier, lorsque les secours ont été alertés par des voisins : l’explosion d’un obus venait de se produire rue des Baudets au Transloy (Pas-de-Calais), une commune rurale située entre Alberts et Cambrai.

Rapidement dépêchés sur place, les pompiers de Bapaume et de Marquion ont découvert un homme de 81 ans en arrêt cardio-respiratoire. 

Passionné d’obus, il était en train d’en manipuler un lorsque celui-ci s’est déclenché. 

Que s’est-il passé ?

"Il était en train de démonter ce qu’on appelle par ici un cafu : c’est-à-dire un obus sans tête", explique Daniel Dhouailly, le maire de la commune. 

Le premier édile s’est rendu sur place quelques minutes après le drame. "Vous avez une bague en cuivre qui se trouve en bas. Il a essayé de la désolidariser au burin, puis avec une tronçonneuse. Mais il a dû aller trop loin et toucher ce qu’il ne fallait pas… L’amorce est partie… et voilà".

Ça fait plus de 20 ans qu’il faisait ça.

Daniel Dhouailly, maire du Transloy

Selon le maire, l’octogénaire était au courant des risques encourus. "Ça fait plus de 20 ans qu’il faisait ça. Son fils lui avait déjà demandé d’arrêter à plusieurs reprises, en vain". Au-delà de la passion, il récupérait les bagues en cuivre sur les obus pour les revendre.

Plus d’une trentaine d’obus découverts au domicile

Parallèlement à la prise en charge de la victime, les secours ont découvert de nombreux autres engins de guerre au domicile de l’octogénaire. "Plus d’une trentaine", selon le maire, qui n’était pas au courant du stock entreposé dans la cour.

Sur demande de la gendarmerie, les démineurs ont été dépêchés sur place et un périmètre de sécurité a été mis en place. Deux voisins ont été évacués le temps des opérations. "Il y a des gens qui ont cette passion. Mais une passion à la fois dangereuse et interdite", rappelle la préfecture du Pas-de-Calais.