Boulogne-sur-Mer : 10 mois de prison ferme pour le pêcheur qui avait ramené une bombe dans le port

En octobre 2019, un marin-pêcheur ramène une bombe datant de laSeconde Guerre mondiale et contenant 145 kg d'explosifs dans le port de Boulogne, entraînant une opération de déminage exceptionnelle. Il vient d'être condamné à 10 mois de prison ferme et 3000 euros d'amende.
Une opération de déminage exceptionnelle avait conduit au confinement de 25 000 personnes dans l'agglomération boulonnaise le temps d'une journée.
Une opération de déminage exceptionnelle avait conduit au confinement de 25 000 personnes dans l'agglomération boulonnaise le temps d'une journée. © Marine Nationale
Quasiment un an jour pour jour après l’opération de déminage qui avait obligé près de 25 000 personnes à rester confinées à Boulogne, le Portel et Outreau, le pêcheur qui avait ramené une bombe de 250 kg datant de la Seconde Guerre mondiale sur le port vient d’être condamné par le tribunal maritime du Havre à 10 mois de prison ferme et 3000 euros d’amende.

145 kg d’explosifs

Vendredi 27 septembre, un pêcheur remonte dans ses filets une bombe de 250kg datant de la Seconde Guerre mondiale et la décharge au bassin Napoléon, sur le quai du port de Boulogne-sur-Mer. Le patron du chalutier ne le sait pas, mais cette bombe américaine contient encore 145 kg d’explosifs. Très vite, l’engin est stabilisé puis immergé. Une opération de déminage inédite est programmée dimanche 6 octobre et nécessite l’intervention des plongeurs-démineurs et la mise en place d’un périmètre de sécurité nécessitant le concours de 400 militaires. Au total, une évacuation est organisée dans un rayon de 250 mètres autour de la bombe et plus de 25 000 personnes de l’agglomération boulonnaise sont confinées le temps d’une journée.L’opération réussie a permis de désamorcer la bombe et de la trainer de nouveau en mer pour effectuer le contreminage.

Violation du droit

Pourtant, dans un arrêté de la préfecture maritime daté du 23 février 2017, les autorités stipulent la marche à suivre lors de la découverte d’un engin suspect en mer, susceptible de contenir des explosifs. "Tout capitaine ayant découvert un engin suspect doit impérativement le signaler sans délai au centre opérationnel de sauvetage, au sémaphore ou à la capitainerie du port le plus proche" précise l'arrêté, sous peine d’un an d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

D’après les informations du journal Le Marin, le pêcheur condamné compte faire appel de cette décision.
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