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Brexit : ce que va changer l'ouverture d'un poste d'inspection frontalier à Boulogne-sur-Mer

Photo d’illustration. / © Sebastien JARRY/MAXPPP
Photo d’illustration. / © Sebastien JARRY/MAXPPP

Une dizaine de douaniers va venir renforcer les effectifs pour assurer les contrôles de camions transportant des produits de la mer. Cette ouverture d'un poste d'inspection frontalier, déjà évoquée depuis quelques semaines, ne semble pas satisfaire les syndicats pour autant.

Par Margot Desmas

La perspective du Brexit a plongé l'industrie de la pêche dans la tourmente depuis son annonce. En visite à Boulogne-sur-Mer il y a quelques semaines, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin avait tenté d'apaiser la situation, notamment auprès des douaniers qui avaient fait part de leurs inquiétudes. Et c'est maintenant officiel : un poste d'inspection frontalier (PIF) va ouvrir ses portes, annonce la préfecture du Pas-de-Calais.
 

L'objectif pour l'Etat : "conforter l'économie locale, assurer la fluidité des apports et des expéditions des produits de la mer", indique un communiqué. En clair, l'idée est d'éviter des files interminables de poids-lourds sur les quais de Douvres quand le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne.

 

Ce qui va se passer


Le poste d'inspection va ouvrir à Capécure, rue Constantine, à une date qui n'a pas encore été communiquée par la préfecture. Dans ce centre, coordonné par les services douaniers et vétérinaires, seront inspectés les camions en provenance d'Angleterre qui contiennent uniquement des produits de la mer.

Une étape qui deviendra systématique dès l'entrée en vigueur du Brexit prévue le 30 mars, même si ce dernier devrait être repoussé après le vote des députés de la Chambre des Communes. Et Boulogne, première plateforme européenne de la transformation du poisson, est particulièrement concerné par ces évolutions.
 

Employant plus de 5 000 personnes et traitant près de 400 000 tonnes de marchandises par an, l'industrie halieutique dépend pour moitié du poisson transitant par l'Angleterre. Et la perspective d'un Brexit dur contraindra les professionnels à "composer avec les droits de douane, les contrôles vétérinaires et sanitaires aux frontières" sur "des produits frais pour lesquels chaque minute compte", note Frédéric Cuvillier, maire PS de Boulogne-sur-Mer.

C'est aussi pour ça que ce PIF va ouvrir ici, "au plus proche des entreprises de la filiale halieutique", précise la préfecture. Il sera ouvert en continu tous les jours de 5h à 13h et les agents permanents seront en mesure d'effectuer des contrôles pour "20 à 30 camions par jour, avec potentiellement des pics d'activité évalués à 50 camions par jour". Des tranches horaires qui pourront être adaptés "en fonction des flux réellement observés les toutes premières semaines suivant la mise en oeuvre des contrôles à l'import".

 

Ce qui inquiète (quand même) les douaniers


Mobilisés depuis deux semaines, les douaniers poursuivent leur "grève du zèle" aux ports de Calais et Dunkerque pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail à l'approche du Brexit. La situation à Boulogne inquiète : les syndicats, qui viennent de refuser une offre de Bercy, demandent des moyens supplémentaires pour faire face à la sortie du Royaume-Uni.
 

"On n'a pas d'effectifs, on n'a pas de bâtiment, pas de moyens matériels, énumère un douanier. On est en train de dépeupler les services de France pour essayer de venir en renfort péniblement [à Boulogne], donc on va commencer dans des conditions déplorables et ça va durer."

Gérald Darmanin a annoncé, fin février, le recrutement de 700 douanier à l'échelle du pays dont une dizaine seront affectés à Boulogne. Pas de quoi enrayer l'inquiétude des douaniers ni celle des entreprises qui craignent "30% de pertes en moyenne" pour celles qui sont implantées à Capécure, déplorait Aymeric Charzan du syndicat des mareyeurs devant le ministre. Mais pour Darmanin, à cause d'une "dette publique importante", l'obtention d'une enveloppe supplémentaire semble compromise.

 

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