Guerre en Ukraine. "Je resterai jusqu'au bout" : Jacky Lebas, ancien élu de Boulogne-sur-Mer, est toujours sur place

Jacky Lebas, un ancien élu de Boulogne-sur-Mer, vit en Ukraine depuis 2019. Plus d'une semaine après le début de l'invasion russe, il est bien décidé à rester sur place, notamment pour pouvoir informer sur la situation au plus près du conflit.

Depuis jeudi 24 février, Jacky Lebas ne s'est quasiment pas reposé. "Les gens sont très fatigués, nous raconte-t-il depuis Jytomir où il habite depuis trois ans. Toute la nuit, les sirènes sonnent."

L'ancien élu de Boulogne-sur-mer fait le point sur les derniers dégâts près de chez lui : "L'école principale de Jytomir a été complètement détruite et l'entreprise de menuiserie d'un ami a été prise pour cible, elle a été bombardée".

Les yeux et les oreilles des Français

Tous les matins, il se réveille vers 2 heures du matin. Des médias du monde entier le sollicitent pour qu'il raconte ce qu'il voit chaque jour sur le terrain. 

J'essaie au mieux d'être les yeux et les oreilles des Français et pour des gens dans le monde entier. J'essaie de rapporter au mieux tout ce que je vois.

Jacky Lebas

Jacky Lebas ne voit plus ses voisins : "Tout le monde est enfermé. Les gens bougent peu, ils ont très peur." Parfois, lorsqu'il prend la voiture, il se retrouve seul sur la route jusqu'au checkpoint. Là-bas, une centaine de "militaires, des gens des services de renseignements, de la mairie, des bénévoles" se retrouvent. 

"C'est vraiment impressionnant de voir tout ça", ajoute celui qui se souvient des gens qui étaient encore dans les bars et les restaurants quelques jours avant le début de la guerre.

L'Ukraine que je connaissais était un pays paisible. On prenait un café en terrasse dans la rue piétonne, des grands-mères vendaient leurs produits sur le trottoir... C'était un monde extrêmement calme et tout a basculé.

Jacky Lebas

"J'ai une grande confiance en eux"

S'il est sûr que la peur occupe une grande place dans l'esprit des Ukrainiens, Jacky Lebas admire également leur résilience. "J'ai une grande confiance en eux. Ils ont peur mais ils sont dans la révolte. Ils terminent toutes leurs conversation en disant "Vive l'Ukraine"", raconte-t-il.

Une chose est sûre pour Jacky Lebas : hors de question de quitter le pays, malgré les exhortations de l'Etat français."Pour moi les dés sont jetés, je ne vais pas abandonner les Ukrainiens comme ça. Quand je vois l'ampleur des médias qui manquent d'infos, je resterai jusqu'au bout."