Mort des requins-marteaux à Nausicaà, l'association Sea Shepherd porte plainte

L'association Sea Shepherd porte plainte contre l'aquarium Nausicaà, à Boulogne-sur-Mer, après la mort du dernier requin-marteau. 
Le dernier requin-marteau de Nausicaá est mort en avril 2019.
Le dernier requin-marteau de Nausicaá est mort en avril 2019. © Nausicaá
Suite à l'annonce du décès du dernier requin-marteau à Nausicaà, à Boulogne-sur-Mer, l'association Sea Shepherd, spécialisée dans la préservation des océans, a décidé de porter plainte ce lundi 29 avril, pour sévices graves et non-respect de la réglementation sur la détention d'animaux sauvages en captivité, ayant entrainé la mort.
 

"Nausicaà doit rendre des comptes"


Dans son communiqué, l'ONG attaque vivement le centre Nausicaà : "Seul l'appât du gain, couplé à une incompétence et une irrésponsabilité flagrantes peuvent explique cette hécatombe" et demande des comptes : "Si Nausicaa souhaite réellement aider à protéger les requins-marteaux comme elle le prétend, les 3 millions d'euros de fonds publics engloutis dans ce projet d'exhibition auraient dû être investis dans la lutte contre le braconnage dans leur milieu naturel, première cause de leur mortalité".
 

Une démarche de recherche et de pédagogie


La mise en place de bassins avec des courants et des micronutriments similaires à ceux de leur milieu naturel, n'aura pas suffi. Les 30 requins-marteaux importés d'Australie, il y a huit ans, sont tous décédés. Les vingt-huit premiers, en s'entretuant et les deux derniers, par infection. Des décès que l'aquarium Nausicaà déplore dans un communiqué qui fait suite au décès du dernier requin marteau : "La présence du requin marteau à Nausicaà avait pour mission de sensibiliser nos visiteurs à la beauté et à la fragilité de cet animal, de mieux le connaître et observer ses comportements pour apprendre à le protéger encore mieux dans son milieu naturel". 
 
Le requin-marteau est une espèce en danger, présente sur la liste rouge de l'Union international pour la conservation de la nature du fait de la pêche à l'aileron et du braconage. 

Philippe Vallette, directeur de Nausicaà, expliquait la démarche de l'aquarium suite à la mort prématurée de 28 requins-marteaux sur les trente importés d'Australie " On prend toujours des juvéniles pour avoir un impact minimum sur l'environnement puisqu'ils ne sont pas encore en âge de se reproduire et qu'en mer, ils seraient statistiquement condamnés. C'est une espèce mal connue et nous sommes dans une démarche de recherche scientifique et de pédagogie". 

Le transport depuis l'Australie : une manipulation à risque pour des jeunes requins 


Une version qui avait déjà été critiquée par Nicolas Ziani, scientifique référent du Groupe phocéen d'étude des requins : "Cette espèce vit en haute mer et est très sensible à la manipulation, à l'apport en oxygène et à l'espace de nage." Ainsi, le transport en avion-cargo puis par camion n'a pas permis d'arranger les choses : "Le transport engendre un stress énome qui peut tuer l'animal, d'autant plus s'il est juvénile et donc plus fragile". Ainsi, avoir un requin-marteau dans un aquarium serait plus "vendeur pour l'établissement" que prenant "en compte les besoins biologiques de l'animal". 

De son côté, Frédéric Cuvillier, président de la Communauté d'agglomération du Boulonnais, a demandé suite au décès de l'animal à ce que des experts se réunissent : "Une rencontre de spécialistes, experts, aquariologistes mondiaux (peut) avoir lieu afin de procéder à un état des lieux des connaissances, et constituer un comité scientifique et éthique qui permettra la mise en place d'un plan d'action d'ampleur pour la sauvegarde de l'espèce."


 
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