Pas-de-Calais : une mère en grève de la faim pour demander le rapatriement de sa fille, partie en Syrie avec ses enfants

Pascale Descamps, habitante de Boulogne-sur-Mer, entame une grève de la faim pour demander le rapatriement sanitaire de sa fille - atteinte d'un cancer du colon - et de ses quatre petits-enfants, détenus dans un camp en Syrie. Depuis novembre, elle n'a reçu aucune réponse des autorités françaises.

Pascale Descamps photographiée en octobre 2019. Elle demande le rapatriement en urgence de sa fille et de ses quatre petits-enfnants, détenus dans un camp en Syrie.
Pascale Descamps photographiée en octobre 2019. Elle demande le rapatriement en urgence de sa fille et de ses quatre petits-enfnants, détenus dans un camp en Syrie. © JACQUES DEMARTHON / AFP

Habitante de Boulogne-sur-Mer, Pascale Descamps se bat depuis novembre pour demander le rapatriement sanitaire de sa fille de 32 ans, atteinte d’un cancer du côlon, et de ses quatre petits-enfants, détenus depuis mars 2019 au camp de Roj 2 dans le nord-est de la Syrie.

En 2015, sa fille avait quitté la France après s’être convertie à l’islam, avec ses trois enfants et son compagnon djihadiste, tué quelques mois plus tard. Remariée à un membre de l’Etat Islamique – lui aussi tué – elle a eu un quatrième enfant sur place.

Après avoir lancé un appel "solennel" à la fin du mois de novembre 2020, Pascale Descamps entame ce lundi 1er février 2021 une grève de la faim et appelle à l’aide. Témoignage.

Pourquoi entamer une grève de la faim ce jour ?

"C’est une continuité dans les actions que je mène parce que je ne sais plus quoi faire. Et comme ça, ma fille ne souffrira plus toute seule, on sera deux. Tant que je tiendrai sur mes jambes, je continuerai.

"Comme ça, elle ne souffrira plus toute seule, on sera deux. Et tant que je tiendrai sur mes jambes, je continuerai."

Pascale Descamps

J’ai décidé de passer à l’acte. Je suis allée au bout de tout ce qui était possible de faire : déposer des plaintes, appeler les Nations Unies… Vous savez, on souffre tellement que faire cette grève, ce n’est pas que symbolique, c’est aussi physique."

Comment va votre fille ? Et vos petits-enfants ?

"Ma fille souffre physiquement, elle est à bout. Elle fait beaucoup de malaises et perd énormément de sang. Elle est obligée de mettre des couches. La tumeur a grossi, elle commence à avoir des douleurs diffuses dans le dos. Elle ne va plus à la selle et a du mal à s’alimenter. (Elle pleure). Quant à mes petits-enfants, ils sont au chevet de leur mère. Ils vont rentrer avec un traumatisme."

Vous n’avez reçu aucune réponse des autorités françaises depuis votre appel en novembre ?

Non. J’ai écrit aux autorités en temps et en heure, j’ai envoyé les messages vocaux de ma fille qui pleure et qui alerte. J’ai envoyé des messages au ministère des affaires étrangères, aux différents ministres, au président… Tous nos dirigeants sont au courant. Le défenseur des droits exhorte les autorités à agir dignement. Toutes les ONG demandent également le rapatriement.

On a même saisi le comité contre la torture des Nations Unies en novembre. Nous avons reçu une réponse très rapidement (le 14 décembre, ndlr) : ils requièrent l’État à prendre les mesures consulaires pour rapatrier ma fille et ses enfants, afin qu’elle reçoive les soins nécessaires. Et malgré ça, je n’ai reçu aucune réponse des autorités françaises, rien du tout.

Quel message voulez-vous envoyer avec cette grève de la faim ?

"Cette situation devient moche et indigne de notre République. Si ma fille rentre et qu’elle survit, elle sera jugée. Vous savez, il y a un mandat d’arrêt international contre elle. Quand on recherche quelqu’un et qu’on le trouve, logiquement on l’attrape, on le juge et on l’enferme.

Nos autorités sous-traitent notre justice en disant : qu’ils soient jugés sur place. Mais ils n’en ont pas les moyens. On les laisse crever comme des animaux."

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