VIDEO. Ma vie de sportif confiné : Maxime Beaumont, vice-champion olympique de kayak

Le kayakiste boulonnais Maxime Beaumont prend son mal en patience, avec humour. / © FRANCE 3 / Damien MEYER / AFP
Le kayakiste boulonnais Maxime Beaumont prend son mal en patience, avec humour. / © FRANCE 3 / Damien MEYER / AFP

EPISODE 9. France 3 Nord Pas-de-Calais donne la parole aux champions de la région contraints, eux aussi, de mettre leur activité et leur passion entre parenthèses, en raison des mesures de confinement liées au Covid-19. Aujourd’hui, c’est au tour du kayakiste boulonnais Maxime Beaumont.

Par Jean-Marc Devred

Il y a quelques jours, Maxime Beaumont avait pris un coup sur la tête en apprenant le report des Jeux Olympiques d’été à l’année prochaine. Le solide kayakiste de Boulogne-sur-mer était alors à Toulouse, où il préparait cette échéance qui devait être la dernière de sa longue carrière. "En hiver, je préfère m’entraîner là-bas car je pratique un sport de plein air et les conditions météo sont meilleures dans le sud-ouest à cette époque de l’année".

Mais le confinement est arrivé entre-temps et Maxime a dû, comme tous les sportifs de haut-niveau, s’adapter à cette situation inédite. "J’ai bien sûr commencé à m’entraîner à l’intérieur pour ne pas perdre la condition physique. Je fais de la musculation, du Pilates en visioconférence, et je peux même faire du kayak grâce à une machine à pagayer que j’ai avec moi. C’est le même principe que le rameur en aviron que l’on trouve dans toutes les salles de sport".

Le champion boulonnais fait aussi du footing, en respectant les restrictions imposées par le gouvernement (pas plus d’une heure à un kilomètre du domicile). "Cela me convient parfaitement car même en période normale, je ne cours jamais plus d’une heure".
 
Ma vie de sportif confiné : Maxime Beaumont, vice-champion olympique de kayak
Entretien réalisé par Jean-Marc Devred

"Comme je préparais encore les Jeux olympiques pour juillet, je m’imposais quand même 15 heures d’entraînement par semaine. Depuis, j’ai descendu en volume. Mais comme je dois maintenir un certain niveau de forme, je continue à m’entraîner quand même deux fois par jour. Mais pour que cette préparation soit efficace, il me faudrait maintenant aller sur l’eau, ce qui bien sûr, n’est pas possible actuellement".
 

Un flou difficile à supporter


Le colosse boulonnais (1m90, 90 kilos), reste aussi en contacts fréquents avec ses entraîneurs (l’un est à Toulouse, l’autre à Paris). "Cette situation risque de durer...". Pour le moment, le moral est bon. Mais l’incertitude sur le retour à la normale lui pèse beaucoup. "Forcément, il y a l’inquiétude face à cette pandémie qui est extrèmement grave. De plus, nous n’avons plus aucun repère ni de visibilité sur la suite. On a des doutes, c’est perturbant… Difficile de rester motivé dans ce contexte".
 

Dans le passé, le champion d’Europe 2019 (en K1 200m), avait déjà connu de longues périodes d’inactivité dues à une blessure. "Mais au niveau mental, cela n’a rien à voir. Je pouvais sortir, accéder aux centres d’entraînement. On court contre le temps pour retrouver la compétition. Là, nous n’avons plus d’échéance. Faut-il en profiter pour se reposer ou pas ? Nous ne savons pas comment planifier notre préparation. Ce flou n’est pas agréable à vivre. Il faut être innovant".

Hormis l’entraînement, qui se poursuit quand même, Maxime, reconnu pour être un garçon sympa, s’est fixé un deuxième objectif dans ses journées de confinement : "Faire de bonnes actions. Cela commence par aider les gens quand je vais faire les courses. J’essaye aussi d’apporter des sourires aux autres dans cette période difficile pour tout le monde. En utilisant les réseaux sociaux, j’essaye d’être drôle, en utilisant notamment des vidéos".
 

C’est ainsi qu’il fait partie d’un groupe sur Facebook, la communauté des membres de l’équipe de France. Un groupe dans lequel figurent notamment les Immercuriens (NDLR : les athlètes de Saint-Laurent-Blangy) Flore Caupain, Adrien Bart, Pierrick Bayle, Thomas Simart et Loïc Léornard.

"Dès ce dimanche, notre communauté va communiquer en live sur les réseaux sociaux et par des visioconférences accessibles à tous, sur notre quotidien. Il y aura deux intervenants du groupe à chaque émission. C’est une façon aussi de nous soutenir mutuellement, et de se tenir au courant sur l’évolution de la situation. Ces discussions nous permettront aussi de réfléchir à la pratique de notre sport durant cette situation jamais connue auparavant".
 

Retour à Boulogne ?


Maxime Beaumont a donc de quoi s’occuper. Comme tout le monde, il se laisse aussi un temps pour lire ou regarder les séries TV. Mais il est difficile de vivre seul, loin des siens,  dans un appartement qui lui est prêté. C’est pourquoi, dès l’annonce du report des Jeux Olympiques, Maxime Beaumont a envisagé de rentrer à Boulogne voir ses proches, et notamment son fils, sur lequel a pesé la crainte d’être infecté par le coronavirus.
 

"Il a eu des symptômes inquiétants comme de la fièvre. Mais celle-ci est redescendue et apparemment, ça va mieux. Mais il faut rester vigilant". Rentrer à Boulogne en cette période de confinement est plus compliqué qu’il ne le pensait. "On m’a dit que le domicile habituel doit être situé à moins de 100km de son lieu de confinement. Je pourrais aussi demander le retour au titre de la garde d’enfants. Mais je ne souhaite pas mettre en danger la santé de mon fils. Donc pour le moment, je reste à Toulouse, en espérant une évolution favorable de cette grave crise sanitaire".

A bientôt 38 ans, ce grand sportif qui a collectionné les médailles sur tous les bassins de canoë-kayak de la planète garde la tête froide dans cette situation de crise qui voit des gens mourir tous les jours. "En aucun cas je n’accorderais plus d’importance à mon quotidien sans penser à la santé de tout le monde".
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus