Barrages de migrants à Calais : le port appelle le gouvernement “au secours”

(Archive). Des migrants assis sur une rambarde, le 3 février 2018 dans la zone portuaire de Calais. / © DENIS CHARLET / AFP
(Archive). Des migrants assis sur une rambarde, le 3 février 2018 dans la zone portuaire de Calais. / © DENIS CHARLET / AFP

Le président du port de Calais (Pas-de-Calais) a dénoncé lundi la recrudescence de barrages routiers dressés à proximité du port par des migrants désireux de rejoindre l'Angleterre, assurant avoir adressé un "appel au secours" au gouvernement, pour l'instant resté "sans réponse".

Par AFP

En 2016, à l'époque de la "Jungle", ces barrages faits de trons d'arbres, branchages et palettes, étaient fréquents dans la Calaisis, les migrants espérant ainsi ralentir et monter à bord des camions en partance pour le Royaume-Uni. 

La préfecture en avait recensé cette année-là environ 865, avant une nette diminution après le démantèlement du bidonville (45 en 2017, 26 en 2018 ndlr). Mais ces opérations semblent "se développer à nouveau ces dernières semaines", selon la préfecture.


"Désertions policière"


Ces barrages constituent de "véritables attaques" menées à l'encontre des chauffeurs routiers et des automobilistes, a déploré lundi Jean-Marc Puissesseau, président de la société d'exploitation des ports du détroit (SEPD) lors d'une conférence de presse.

 

Il a affirmé avoir adressé la semaine dernière un "appel au secours" par courrier au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, resté "sans réponse à ce jour". "Nous sommes délaissés par l'Etat et dénonçons une désertion policière aux abords du terminal transmanche", a-t-il lancé.
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Reportage du 16 janvier 2020

Regrettant "l'impact" de ces opérations sur les sociétés de transport internationales, "qui ne reviendront plus", il a réclamé aux services de l'Etat "que soient débarrassées les tentes des exilés installées à proximité immédiate de la rocade portuaire".

 

"Nous vivons déjà une période difficile avec le Brexit", a-t-il poursuivi. Alors que "l'Etat français nous a imposé de faire des investissements", "nous avons injecté 6 millions d'euros" en vue d'un Brexit dur et "réclamons à l'Etat leur remboursement", a-t-il encore dit.

En 2019, quelque 42.965.669 tonnes de marchandises ont transité par les ports de Calais et Boulogne-sur-mer, dont 41.752.294 liées au trafic transmanche. 

Restant "leader incontestable" sur le trafic transmanche, le port de Calais a toutefois connu une année "perturbée", principalement en raison des "incertitudes" liées au Brexit: il a vu reculer le trafic de fret (-5 %) enregistrant le passage de près de 90.000 poids lourds de moins qu'en 2018, et vu baisser la fréquentation touristique, transportant au total 8.477.908 passagers entre la France et l'Angleterre (-7%).
  
 

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