Calais : des migrants érythréens dénoncent des violences répétées de la part des CRS

Les migrants accusent les CRS de les frapper, d'accélérer avec leurs fourgons comme pour les écraser ou de les "gazer" quand ils les voient au bord des routes "juste pour s'amuser"...
Le 28 novembre 2019, des policiers dans un camp de migrants à Calais.
Le 28 novembre 2019, des policiers dans un camp de migrants à Calais. © DENIS CHARLET / AFP
"Les CRS font de nos vies un enfer": dans une lettre ouverte, des migrants érythréens de Calais dénoncent les violences policières répétées - coups, gazage, tir de LBD au visage - dont ils se disent victimes, des accusations sur lesquelles la préfecture a demandé un rapport. 

Rédigée par "la communauté érythréenne du lieu-dit BMX" - un des lieux de campement des  migrants à Calais, cette lettre ouverte a été transmise
lundi soir aux médias par l'ONG Human Rights Observers. Les migrants y accusent les CRS d'avoir grièvement blessé au visage l'un des leurs
par un tir de LBD, de les frapper, d'accélérer avec leurs fourgons comme pour les écraser ou de les "gazer" quand ils les voient au bord des  routes "juste pour s'amuser", ou même pendant leur sommeil...

Les CRS agissent parfois au-dessus de la loi ; un pays démocratique ne peut pas être considéré comme tel s'il utilise la force physique de cette manière

La communauté érythréenne du lieu-dit BMX

"Les CRS agissent parfois au-dessus de la loi ; un pays démocratique ne peut pas être considéré comme tel s'il utilise la force physique de cette manière", écrivent-ils, demandant à dialoguer avec leurs donneurs d'ordres. Human Rights Observers a précisé qu'une saisine de la Défenseure des Droits est "en cours".

La préfecture du Pas-de-Calais juge ces accusations "graves" et a demandé "un rapport sur les faits allégués"

Interrogée sur ces accusations, la préfecture du Pas-de-Calais, qui les juge "graves", a indiqué que le préfet avait "sollicité, comme à chaque mise en cause, le directeur départemental de la sécurité publique en lui demandant un rapport très précis sur les faits allégués". La préfecture rappelle que "l'action des forces de sécurité répond à des règles de déontologie strictes qui sont régulièrement rappelées par la hiérarchie" et que "chaque utilisation de moyen lacrymogène fait l'objet d'un compte-rendu circonstancié". Concernant la journée du 11 novembre, au cours de laquelle un migrant aurait été blessé par LBD, la préfecture souligne que les CRS sécurisaient une intervention des pompiers portant assistance à un migrant blessé au cours d'une rixe quand ils ont été caillassés. "Pour rétablir le calme, les forces de l'ordre ont alors dû faire usage de plusieurs grenades lacrymogènes et de cinq tirs Lanceurs de Balles de Défense", rapporte-t-elle, soulignant que quatre policiers ont été blessés. Un seul migrant a été blessé dans ces événements selon la préfecture.

Interpellé, il a été condamné à sept mois de prison avec sursis. Aux côtés des Éthiopiens et Soudanais, les Erythréens figurent parmi les migrants qui restent le plus longtemps à Calais, souvent faute d'argent pour payer un passeur vers l'Angleterre.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
migrants à calais société immigration violence faits divers police sécurité