Déserts médicaux : Oye-Plage tente d'attirer des médecins

Alors qu'une proposition de loi est discutée en ce moment même à l'Assemblée nationale pour lutter contre les déserts médicaux, de nombreux territoires des Hauts-de-France font face à ce problème. A Oye-Plage, dans le Pas-de-Calais, on multiplie les actions pour attirer de jeunes médecins.

Oye-Plage a tout pour plaire : son charmant bord de mer, son centre-ville dynamique, son cadre verdoyant... Et pourtant, la ville n'attire pas de médecins. Ici, on ne compte qu'un généraliste libéral et deux médecins salariés pour soigner les 5600 habitants. 

"C'est compliqué, ils nous disent que si vraiment c'est grave il faut aller aux urgences et quand on y va ils nous disent qu'il ne faut pas les encombrer" témoigne une maman, inquiète. Thierry, un autre habitant, explique quant à lui se rendre une vingtaine de kilomètres plus loin, à Calais. 

C'est urgent de pouvoir trouver des solutions

Olivier Majewicz, maire de Oye-Plage

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Reportage à Oye-Plage, où la commune tente d'attirer des médecins ©Damien Deparnay, Flavien Bellouti

La mairie a donc décidé de réagir : l'ancienne bibliothèque va être transformée en trois cellules réservées à des médecins. Les travaux doivent débuter à la fin du mois pour une livraison au 1er décembre 2023. 

À cette rénovation s'ajoute une prime de 10 000 euros pour les professionnels qui s'engagent sur 5 ans. Le conseil municipal vient également de voter en faveur d'une enveloppe annuelle de 1000 euros versée à chaque jeune de la ville qui s'engagerait dans des études de médecine générale. "Nous devons fidéliser ces étudiants, les maintenir dans la ville" assure l'élu.

L'unique médecin généraliste libéral regrette, lui, des mesures trop tardives : "la pyramide des âges était annoncée dans notre ville déjà depuis bien longtemps donc peut-être aurait-il fallu y penser un peu plus tôt". Il partira à la retraite dans deux ans et cherche lui aussi activement un repreneur. Il a même fait appel à un chasseur de têtes, "je cherche tous azimuts" conclut-il. 

Ça fait 47 ans que je suis là et je voudrais partir "la tête haute", c’est-à-dire en ayant un successeur

Jean-Louis Richebé, médecin généraliste à Oye-Plage

Quelles sont les solutions à cette problématique grandissante ? Virna Sacchi recevait Matthieu Calafiore, médecin généraliste et directeur du Département de médecine générale à l'Université de Lille. 

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Interview sur le 19/20 du Matthieu Calafiore, médecin généraliste et directeur du Département de médecine générale à l'Université de Lille ©FTV

Dans le Pas-de-Calais, le nombre de généraliste a diminué d'environ 17% en 12 ans, 10% pour le Nord. Depuis hier, la lutte contre les déserts médicaux est au centre des débats à l'Assemblée Nationale.