Élections législatives partielles dans la 6ème circonscription du Pas-de-Calais : Brigitte Bourguignon résiste

La ministre chargée de l’Autonomie et candidate de La République en Marche, Brigitte Bourguignon, vire en tête du premier tour de l’élection législative partielle, hier, dans la 6ème circonscription du Pas de Calais. Le RN est distancé. La participation très faible.

Brigitte Bourguignon à l'Assemblée nationale en février 2020.
Brigitte Bourguignon à l'Assemblée nationale en février 2020. © LUDOVIC MARIN / AFP

Ouf. Brigitte Bourguignon est soulagée. Emue, même, à l’annonce des premiers résultats recueillis dans sa permanence à Desvres. Les yeux humides. Souriante mais fatiguée. La ministre chargée de l’Autonomie et candidate de La République en Marche arrive largement en tête dimanche soir du premier tour de l’élection législative partielle dans la 6ème circonscription du Pas-de-Calais.

Avec 34,95% des suffrages, Brigitte Bourguignon distance la candidate du Rassemblement National, Marie-Christine Bourgeois, qui obtient 24,02% des suffrages. Viennent ensuite la candidate LR/UDI, Faustine Maliar (19,20%) et le candidat socialiste, Bastien Marguerite-Garin (12,91%). Enfin, Jérôme Jossien (Génération.s, PC, LFI) obtient 5,80% des voix et Laure Bourel (Lutte Ouvrière) 3,11%.

Abstention-record

Dimanche prochain, la ministre se retrouvera donc en ballotage favorable face au RN. C’est une surprise. Personne – même pas elle – ne l’a voyait aussi haut. Ca signifie plusieurs choses.

La gauche déçue

"Je suis heureuse, satisfaite, dit-elle. Evidemment, les gens me connaissent. Mais surtout, c’est la reconnaissance de mon travail effectuée sur le terrain depuis des années. Le travail paie. Je suis issue de cette circonscription, je suis une actrice de cette circonscription. Le « tout sauf Bourguignon » n’a pas marché. C’est rassurant".

"Le « tout sauf Bourguignon » n’a pas marché. C’est rassurant"

Brigitte Bourguignon, ministre et candidate LREM

De son côté, la candidate du Rassemblement National se devait hier soir de faire bonne figure. De son score (24,02%), Marie-Christine Bourgeois dit qu’il est "assez intéressant". Pas de triomphalisme. Elle préfère retenir qu’elle a progressé en quatre ans  (24,02% en 2021, 22,69% en 2017) alors que dans le même temps Brigitte Bourguigon a baissé (34,95% en 2021, 41,94% en 2017). "Notre électorat est sans doute celui qui a le moins voté, estime la candidate RN. A nous maintenant d’aller chercher nos électeurs, de les mobiliser. Ce n’est pas perdu. Loin de là".

Les deux candidats de gauche ne s’embarrassent pas de ces précautions de langage. "Notre score est décevant, reconnait Bastien Marguerite-Garin, le candidat PS (12,91%). Décevant aussi le total des deux listes de gauche qui ne dépasse même pas les 20%. C’est inquiétant pour notre liste d’union à trois semaines des élections régionales. Ça montre que si la gauche tient encore ses bastions, elle n’est plus en mesure d’en conquérir de nouveaux". Même analyse de la part de Jérôme Jossien, le candidat de Génération.s, du PC et de La France Insoumise. "Les deux candidats de gauche font moins bien que la droite. Je suis étonné. Franchement. D’après ce que nous disaient les gens, pendant la campagne, je pensais qu’ils allaient sanctionner plus sévèrement le gouvernement".

Ni pour l’une ni pour l’autre

Dimanche prochain, les électeurs de la 6ème circonscription du Pas-de-Calais revivront donc le même duel qu’en 2017. Brigitte Bourguignon/Marie-Christine Bourgeois. "J’ai deux adversaires, expliquait hier soir la ministre-candidate, l’abstention et le Rassemblement National". Il n’y aura pas franchement de "front républicain" pour l’aider. Personne n’appelle nommément à voter pour Brigitte Bourguignon au second tour. Faustine Maliar (LR-UDI) appelle "à battre le RN". Bastien Marguerite-Garcin appelle "à voter contre le RN". Jérôme Jossien (Génération.s) ne donne pas de consigne, "ni pour l’une ni pour l’autre" ; lui-même glissera dans l’urne Dimanche prochain un bulletin blanc. Enfin, pour Laure Bourel (LO), c’est clair : "on n’a pas à choisir".

Décidément, cet interminable scrutin qui dure depuis neuf mois, qui a été trois fois reporté, aura été une course en solitaire pour la ministre. Lâchée par son suppléant. Au centre de la cible. Isolée. Jusqu’au bout.

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