"J'ai passé le week-end dans les bouchons", la galère des routiers se poursuit au port de Douvres, après les licenciements à P&O Ferries

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Le trafic transmanche n'a toujours pas retrouvé son rythme, alors que les trois ferrys de la compagnie britannique sont à l'arrêt depuis le 17 mars dernier. Ce week-end, les embouteillages étaient particulièrement importants, les intempéries et vacances en Angleterre n'aidant pas.

Les routiers commencent à perdre patience. Depuis plus de deux semaines, les trois navires de la compagnie P&O Ferries qui assurent habituellement la liaison entre Douvres et Calais sont à l'arrêt, sans date de reprise prévue. Conséquences, le trafic transmanche tourne au ralenti. Ce week-end, certains transporteurs sont même restés bloqués plus de 48 heures, les intempéries et le début des vacances de Pâques n'ayant pas arrangé les choses.

"J'ai passé mon week-end dans les embouteillages, témoigne Thierry Salomé, conducteur routier. Je suis arrivé vendredi à 10 h, et je suis rentré à Calais à 3h30 du matin ce lundi." Lundi encore, l'attente était longue avant d'arriver au port de Douvres. "Près de 6km de bouchon", rapporte Corentin Thibault, transporteur. Normalement, il faut environ 6 h pour faire le trajet entre les côtes anglaises et françaises, chargement et déchargement des véhicules compris.

Que se passe-t-il avec P&O Ferries ?

Jeudi 31 mars, la compagnie P&O avait envisagé de reprendre les traversés de ferrys. Or, les autorités britanniques ont refusé toute reprise du trafic en raison de "déficiences" en matière de sécurité de l'équipage. Et ce "jusqu'à ce que la compagnie les ait rectifiées", a indiqué le même jour la Maritime and Coastguard Agency, l'agence chargée de mener les inspections.

Depuis le 17 mars, les trois navires de la compagnie P&O sont à l'arrêt. Cela fait suite au licenciement, avec effet immédiat, des 800 salariés britanniques du groupe. Ces derniers ont été remplacés par des travailleurs externalisés (une centaine de marins colombiens et une quarantaine d'intérimaires), payés largement en dessous du salaire minimum fixée par la Grande-Bretagne. Un porte-parole de l'entreprise expliquait dans le journal Le Monde que "dans son état actuel, P&O Ferries n’est pas une entreprise viable."

Aucune date de reprise du trafic communiquée

A ce jour, aucune date de reprise n'a été communiquée par le groupe. Ce lundi 4 avril, P&O publiait un message sur Twitter à destination de sa clientèle : "Les prestations restent aujourd'hui annulées. Veuillez arriver comme prévu, nous vous emmènerons sur un autre transporteur dès que possible. Une fois au port, dirigez-vous vers les cabines d'enregistrement DFDS (Douvres) ou P&O (Calais)."

Outre P&O, il existe deux autres compagnies assurant les liaisons entre Douvres et Calais. Il s'agit de Irish Ferries et DFDS. La première compte deux navires, contre trois pour la deuxième. Malgré la gestion commune du fret entre P&O et DFDS, la compagnie danoise n'est pas en capacité d’absorber l'ensemble du trafic maritime. "Trois ferrys en moins, c'est énorme, assure la communication du Port de Calais, le plus grand de France en termes de fret roulant. On espère que le trafic reprendra le plus vite possible."

Outre-Manche, ce plan de licenciement massif et soudain de P&O Ferries a provoqué un tollé. Les autorités britanniques ont annoncé, vendredi 1er avril, lancer des enquêtes sur le plan pénal et civil.