Élection présidentielle 2022 : pour Les Républicains, dans le Pas-de-Calais c'est "faire campagne comme pour une élection municipale"

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Écrit par Jean-Louis Manand

Et si la réussite ou pas de Valérie Pécresse à l’élection présidentielle 2022 dépendait des territoires ? De l’organisation et de l’implication des élus et sympathisants sur le terrain. La campagne qui s’ouvre, sera forcément perturbée par la crise sanitaire. Chez Les Républicains, on redécouvre donc les vertus du maillage militant, département par département. Le Pas-de-Calais est un bon exemple.

Dans le Pas-de-Calais, la droite n’était pas en position de force. Les socialistes ont longtemps été les maîtres absolus. Les communistes faisaient un peu de résistance. Puis le FN, devenu RN, s’est implanté avec un appétit féroce. Longtemps, la droite n’y faisait que de la figuration. Du temps du RPR et de l’UMP, on pestait contre "ces terres arides du Pas-de-Calais".

Mais ça change. La Côte d’Opale, le Calaisis, l’Arrageois, le Béthunois, l’Audomarois ont offert à la droite de belles victoires électorales. Des implantations solides. C’est donc sur cette base que le parti gaulliste vient de mettre en place son comité de soutien à Valérie Pécresse. La candidate est déjà venue à deux reprises dans le département. Le patron, Christian Jacob, est annoncé pour bientôt. Tout comme Damien Abad, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale.

Depuis Paris, le Pas-de-Calais est vu comme un bon laboratoire : travailler en profondeur un tel département pour convaincre des électeurs réticents, déçus, indifférents de voter Pécresse peut donner des résultats.

"La campagne de cette élection présidentielle sera courte", note un conseiller régional LR, "on commence tout juste l’affichage et le "boitage". Mais ce que nous indiquent les enquêtes d’opinion, c’est que les écarts pour se qualifier pour le deuxième tour seront ténus. Ça va se jouer à quelques pour-cent. Donc, chaque voix va compter. La présidentielle, il faut la jouer comme une municipale. Faire du porte-à-porte. Aller au contact. Être sur les marchés. Diffuser autour de soi la bonne parole. Convaincre. Un militant sur le terrain, c’est un tract puissance 10 !".

Rassemblé comme jamais

Le comité de soutien, il prend soin de ne négliger aucun secteur, aucun courant, aucune personnalité. Il a deux co-présidents : Michel Petit, maire d’un village de l’Arrageois, soutien de la première heure de Valérie Pécresse et Daniel Fasquelle, maire du Touquet, trésorier du parti et trésorier de la campagne de Valérie Pécresse, qui avait soutenu Michel Barnier. Un général quatre-étoiles et un général de campagne. Deux styles radicalement différents. Parmi les cinq vice-présidents, on trouve le député Pierre-Henri Dumont, également secrétaire général adjoint du parti et le sénateur Jean-François Rapin, ami proche de Xavier Bertrand.

Le haut de l’organigramme tente de respecter au mieux l’équilibre territorial. Pierre-Emmanuel Gibson est béthunois, Robert Therry touquettois, Sébastien Henquenet est maire et agriculteur dans l’extrême-sud du département. Aucune femme.

Les femmes, elles sont référentes de circonscription, comme Marie Bernard, maire d’un tout petit village de l’Arrageois (La Cauchie – 200 habitants) investie aux élections législatives dans la Première circonscription ; ou la lensoise Martine Belot, investie dans la 12ème. À elles de mettre en mouvement les actions de terrain. Chaque référente ou référent de circonscription crée localement son comité de soutien. Et réunion de coordination tous les mercredis.

"On est rassemblé comme on ne l’a jamais été, c’est historique dans ce département où il y a eu par le passé des tensions", se félicite Michel Petit. "Quelques petits problèmes d’égo à recadrer mais rien de grave. Pas de déchirement. Pas de chapelle. On est en ordre de bataille. A nous maintenant de déployer nos forces".

Enfin, le comité de soutien du Pas-de-Calais a été le premier à s’ouvrir à la société civile. Bonne pêche. Il y a là quelques personnalités influentes. Georges Bacot, journaliste économique et ancien dirigeant de Cap Gemini. François-Xavier Fort, fiscaliste. Denis Delporte, ancien secrétaire de la FDSEA. Gilles Froissart, ancien médecin du CHU.

On attend maintenant les Centristes

"Ce qu’on attend maintenant de ce comité de soutien, explique un militant LR, c’est de faire vibrer le cœur de la machine : nous. Les adhérents. Dans le Pas-de-Calais, cette base militante sort renforcée du Congrès de décembre dernier. Les anciens ont repris leur carte. Les jeunes sont présents. Dans chaque quartier, chaque village, vous trouvez des gens qui veulent animer la campagne, relayer sur le terrain le programme de Valérie. Si la machine tourne à plein régime, il y a un coup à jouer. Y’a qu’à".

"On attend aussi les Centristes", conclut Pierre-Emmanuel Gibson, premier-adjoint LR au maire de Béthune, vice-président du comité de soutien. L’UDI de Jean-Christophe Lagarde vient d’apporter son soutien à Valérie Pécresse.

"J’attends moi aussi…" soupire Michel Petit. Allusion à Frédéric Leturque, maire Centriste d’Arras, qui aurait promis aux Républicains de son département de faire campagne pour Valérie Pécresse, avant d’annoncer son soutien à Emmanuel Macron. Le même Frédéric Letruque qui fait partie de la majorité au Conseil Régional des Hauts-de-France, auprès de Xavier Bertrand.