VIDÉO. Metaleurop : les élus de l'agglomération d'Hénin-Carvin réclament 574 M€ à l'Etat pour “préjudice écologique”

L'usine Metaleurop de Noyelles-Godault en 2003. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
L'usine Metaleurop de Noyelles-Godault en 2003. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

Les élus de la communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin (CAHC, Pas-de-Calais) ont annoncé ce vendredi vouloir réclamer 574 millions d'euros à l'État en guise de réparation du "préjudice écologique" causé par l'exploitation, jusqu'en 2003, de l'usine Metaleurop.
 

Par AFP

"Une requête préalable a été adressée vendredi, avant que le tribunal administratif ne soit saisi, au préfet du Pas-de-Calais par l'Agglomération Hénin-Carvin au sujet du préjudice écologique Metaleurop", a indiqué dans un communiqué la CAHC, qui regroupe 14 communes du Bassin minier, soit un ensemble de 126 000 habitants.
 
Metaleurop : plainte contre l'Etat pour “préjudice écologique”


"Son but : que l'État prenne en charge le coût de la dépollution des 700 hectares contaminés au plomb et au cadmium, substances hautement toxiques rejetées pendant plus d'un siècle par la fonderie. Le montant des opérations de remise en état est estimé à 574 millions d'euros", a-t-elle ajouté. "Cela passe en priorité et c'est l'objet essentiel de la requête préalable, par la remise en état des terres polluées", à travers "le décapage des sols, sur 50 cm de profondeur", précise le communiqué.  "A défaut, (...) l'Agglo Hénin-Carvin réclame l'octroi de dommages et intérêts à hauteur de 574 millions d'euros".
 
 

Le site industriel le plus pollué de France


Implantée depuis 1894 à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), l'usine sidérurgique Metaleurop produisait jusqu'à 130 000 tonnes de plomb, 100 000 de zinc et 250 000 d'acide sulfurique par an. Située en bordure du canal de la Deûle, elle rejetait dans l'air, en 1985, 67 tonnes de plomb et 26 700 de dioxyde de souffre, entre autres.

Sur plus de 700 hectares autour du site industriel présenté lors de sa fermeture comme le plus pollué de France, les sols demeurent fortement contaminés notamment en plomb et cadmium.  Avec cette action judiciaire présentée comme "inédite", "la CAHC souhaite que l'injustice environnementale hors normes vécue par ce territoire soit officiellement reconnue".
 

"L'État est coupable d'une carence fautive dans le contrôle qu'il était censé exercer sur les rejets de la fonderie Metaleurop. Ce que nous attendons maintenant, c'est la réparation d'une injustice dans toutes ses dimensions: habitants, biodiversité et paysages. Il s'agit de santé publique et d'environnement, mais aussi de l'image de ce territoire", a déclaré dans le communiqué Christophe Pilch, président de la CAHC.
 

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