Législatives 2022 : dans la circonscription de Lens, vers un duel Rassemblement National / gauche unie ?

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Historiquement ancrée à gauche, la circonscription a été raflée par le FN - devenu RN - en 2017. Le maire communiste d'Avion, candidat désigné par l'union de la gauche, espère prendre sa revanche et l'emporter face à Bruno Clavet, candidat du parti d'extrême-droite. Face à eux, la majorité présidentielle a investi un ancien député socialiste, Nicolas Bays.

Le Front national l’avait emporté en 2017 et le FN, devenu depuis RN, compte bien la garder. Dans la 3ème circonscription du Pas-de-Calais, Marine Le Pen a recueilli plus de 63 % des suffrages exprimés au soir du second tour de la présidentielle.

Regroupant les communes d’Avion et Lens, cette circonscription qui compte 117 997 habitants fait partie de l’ex-bassin minier. 26,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, soit 12 points de plus que dans la circonscription voisine d’Arras.    

Quels candidats ?

En 2017, José Évrard avait été élu avec 52,94 % des suffrages exprimés sous les couleurs du FN. Quelques mois après son entrée à l’Assemblée nationale, il rejoint le mouvement les Patriotes de Florian Philippot avant de rallier Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France deux années plus tard. Après son décès survenu au début de l’année 2022 des suites d’une infection au Covid-19, c’est son suppléant, Emmanuel Blairy, qui a occupé son siège jusqu’à la fin de la mandature.  

Suite à un jeu de chaises musicales, le député sortant se présente dans la 1ère circonscription du département et c’est Bruno Clavet, actuel conseiller régional et conseiller municipal d’opposition à Lens qui va mener la bataille pour conserver ce siège sous bannière RN.  

Face à lui, la Nouvelle Union Populaire, Ecologique et Sociale (NUPES) a investi le maire communiste d’Avion Jean-Marc Tellier. Déjà candidat il y a cinq ans, l’édile - également vice-président du département du Pas-de-Calais - était arrivé en troisième position.

Longtemps pressentie pour représenter la majorité présidentielle, l’actuelle ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher a finalement annoncé qu’elle n’allait pas se présenter. C’est son compagnon qui a reçu l’investiture de Renaissance, ex-LREM. Député socialiste de la 12ème circonscription du département de 2012 à 2017, Nicolas Bays a rejoint Emmanuel Macron dès 2016. Il est l’actuel directeur de cabinet du ministre de l’Education nationale.  

À noter également les candidatures de Claudine Lambre pour les Républicains, Michel Darrras pour Lutte Ouvrière, Guillaume Kaznowski pour Reconquête, Elodie Mocydlarz pour le Parti animaliste et Karim Metboul pour l’UDMF.  

Quels enjeux ?  

Dans cette circonscription historiquement ancrée à gauche, le Rassemblement National l’avait emporté haut la main en 2017. Au regard des scores de Marine Le Pen à la présidentielle dans certaines communes de la circonscription (plus de 65 % à Harnes ou Sallaumines), le parti d’extrême-droite part grand favori.  

Mais la gauche unie derrière Jean-Marc Tellier pourrait créer la surprise. Unie… ou presque. Dans un article publié par nos confrères de la Voix du Nord il y a trois jours, Arnaud Desmaretz, adjoint aux relations économiques et commerciales du maire de Lens, a annoncé sa candidature.

Sans étiquette mais "le cœur à gauche", il bénéficie d’une certaine notoriété à l’échelle locale. Gérant d’un bar à Loos-en-Gohelle, il a présidé pendant plusieurs années un club de supporters du RC Lens.

Pouvoir d'achat et rénovation des logements

Interrogés lors du débat organisé sur France 3 Nord Pas-de-Calais, les trois candidats susceptibles de se qualifier au second tour de l’élection législatives se sont mis d’accord pour désigner le pouvoir d’achat comme première préoccupation des  habitants de la 3ème circonscription du Pas-de-Calais.  

Le candidat communiste, représentant de la gauche unie, évoque de son côté la flambée des prix de l’énergie. Jean-Marc Tellier prend pour exemple une "mesure concrète" mise en place dans sa ville d’Avion avec une vingtaine d’autres édiles de la circonscription. "On a déposé un arrêté contre les coupures d’électricité et de gaz, juste la veille de la fin de la trêve hivernale. J’ai 1001 raisons de me présenter mais celle-ci en fait partie : défendre nos populations, c’est le sens que je veux donner à ma candidature".

Bruno Clavet, candidat du RN, a remis sur le devant du débat deux propositions phares faites par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle : "supprimer la TVA sur les produits de première nécessité" et acter la baisse de la de 20 % à 5,5 % "sur l’énergie : le fioul, le carburant, l’électricité et le gaz".  

"Sur ce territoire, la priorité c’est le pouvoir d’achat, admet lui aussi Nicolas Bays, candidat de la majorité présidentielle. Mais le pouvoir d’achat, ça passe par l’emploi de qualité, par la réindustrialisation et la formation".  

Autre thématique centrale dans cette circonscription abordée par tous les candidats : l’Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier (ERBM). Signé en 2017 par le Premier ministre de l’époque Bernard Cazeneuve à Oignies, il a pour objectif de mettre en place une stratégie globale d’aménagement et de développement du territoire de l’ex-bassin minier depuis Valenciennes à Béthune.

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Législatives 2022 : extrait du débat entre les candidats de la 3ème circonscription du Pas-de-Calais. ©FTV

Parmi les dossiers prioritaires, la rénovation des cités minières. Si le candidat de la majorité présidentielle assure qu’Emmanuel Macron s’est emparé du sujet et a même amplifié la rénovation des logements, les candidats de la gauche unie et du RN affirment que ce projet n’est pas assez ambitieux.