Nédonchel : ouverture d'un troisième centre d'accueil de migrants dans un ancien Ehpad

Le centre sera créé dans cet ancien Ephad, vide depuis un mois. / © Capture d'écran Google Street View 06/12/17
Le centre sera créé dans cet ancien Ephad, vide depuis un mois. / © Capture d'écran Google Street View 06/12/17

Un troisième centre d'accueil censé offrir aux migrants une évaluation rapide de leur situation va ouvrir jeudi dans le Pas-de-Calais, à Nédonchel, dans une ancienne maison de retraite, malgré des réticences d'une partie de la population.

Par Jeanne Blanquart avec AFP

"Les premiers migrants doivent arriver jeudi. Ils monteront dans un bus à Calais qui les emmènera dans le CAES (Centre d'accueil et d'évaluation des situations) de Nédonchel, comme c'est le cas d'ordinaire pour les CAES de Croisilles et Troisvaux", a affirmé Marc Del Grande, secrétaire général de la préfecture du Pas-de-Calais.

A terme, une soixantaine de migrants devraient y être accueillis. Mardi soir, une réunion publique a eu lieu à la mairie de cette commune de 250 habitants, en présence de la préfecture venue expliquer les raisons de l'ouverture de ce centre. En moyenne, "la population n'était pas très favorable, mais il se passera à Nédonchel ce qu'il s'est passé lors de l'ouverture du CAES de Troisvaux : il y a toujours un effet de surprise et de l'inquiétude, et dès que les migrants arrivent et que la situation s'organise, les relations entre le CAES et la population se normalisent", selon M. Del Grande, précisant que ce centre sera géré par l'association La Vie Active.


Des inquiétudes


La population a exprimé "des inquiétudes assez récurrentes" lors de l'ouverture de CAES, "liées à la sécurité, à la gestion du centre, à l'impact sur la vie locale", a-t-il ajouté. Samedi matin, un rassemblement a eu lieu devant la mairie du village réunissant une quarantaine de personnes, habitants du village et des alentours, parmi lesquelles des sympathisants du Front national, a affirmé à l'AFP Isabelle Niewada, conseillère municipale opposée au projet.

"Le centre est situé à côté d'une école, nous craignons pour la sécurité. Et nous n'avons pas de commerces, pas de bus, qu'est-ce qu'ils vont faire ces gens-là ? On a peur de devenir Calais", a-t-elle dit. "Il y a beaucoup de fantasmes", autour de l'arrivée des migrants, "mais la réalité elle est claire, c'est qu'à Troisvaux, comme à Croisilles, ça s'est bien passé", tempère Guillaume Alexandre, directeur de La Vie Active.

Depuis le 8 août, 343 migrants ont été mis à l'abri depuis Calais au sein des quatre CAES déjà ouverts dans les Hauts-de-France, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Celui de Troisvaux doit fermer le 7 avril.


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