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Assises du Pas-de-Calais : procès en appel pour trois frères bulgares

Le procès en appel des trois frères se tient devant les assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer / © MaxPPP
Le procès en appel des trois frères se tient devant les assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer / © MaxPPP

Lundi 6 novembre, le procès en appel des frères Ivanov s'ouvre devant la cour d'assises du Pas-de-Calais. En 2016, les assises du Nord avait condamné ces trois frères bulgares à des peines de vingt et sept ans de prison suite à la mort de Dimo Stanchev, appartenant à un autre clan bulgare.

Par I. El Kaladi avec AFP

Guerre pour le contrôle de mendiants, vengeance après la destruction de caravanes : le procès en appel de trois Bulgares pour assassinat qui débute lundi devant les assises du Pas-de-Calais s'intéressera à l'engrenage de misère et de violence entre deux clans roms.


Une sanglante vendetta


Dans la nuit du 2 au 3 février 2012, une dizaine de Bulgares armés de barres de fer s'introduisent dans un camp rom de Roubaix. Ils détruisent la porte et les vitres d'une cabane avant de passer ses occupants à tabac, quatre Bulgares d'un autre clan. L'un d'eux succombera à sa blessure au crâne.

Parmi les agresseurs, l'enquête identifie les frères Ivanov, Angel et Svetoslav, 27 et 26 ans aujourd'hui, qui vivent en France depuis 2007 et 2009 respectivement, ainsi que le beau-frère du premier, Tenyo Slavov Atanasov, 40 ans, qui vit en Bulgarie. Deux d'entre eux ont été condamnés à vingt ans de prison en première instance, tandis que le troisième a écopé de sept ans.

L'instruction a mis au jour une première rixe le 27 janvier 2012, opposant déjà ces deux clans bulgares. Elle avait abouti à la fuite des Ivanov en Bulgarie. Mais lorsque ceux-ci ont appris que leurs caravanes avaient été détruites, vraisemblablement en représailles par leurs ennemis, ils auraient organisé une vendetta, retraversant l'Europe avec plusieurs compatriotes recrutés et armés.

Pourquoi cette escalade de violence à l'issue fatale ? Les auditions ont livré plusieurs hypothèses: litige concernant 200 kg de ferraille, agression de la soeur des Ivanov... Une autre revient avec insistance, la lutte pour le contrôle de deux mendiants handicapés, qu'ils faisaient travailler.

"C'est la rue"


"Le procès en première instance s'était trop peu intéressé à ce contexte de misère, et aux règles propres aux gens du voyage", déplore auprès de l'AFP Me Julien Bensoussan, avocat d'Angel Ivanov. A tout le moins, une expertise psychologique a pointé que son client présentait une rigidité de caractère liée à ce système de valeurs claniques. "Ils n'ont pas le même rapport à la violence, la vie sur un camp est misérable, violente, pas parce qu'ils sont par nature violents mais parce que c'est la rue", souligne l'avocat.

Le parcours du père des Ivanov, Krasimir, mis hors de cause après avoir été mis en examen, est fait de pauvreté, avec des emplois d'ouvrier agricole puis dans le bâtiment, secteur où ont aussi exercé ses fils, au noir. En 2011, ceux-ci sont condamnés à six mois de prison avec sursis pour vol en réunion. "Qu'on ne parle pas d'exploitation [des mendiants]: ils vivent tous ensemble, ce sont leurs proches, et ces Roms vivent eux-mêmes de la mendicité, de la ferraille", explique ainsi Me Bensoussan.

Sollicitée, l'avocate de la partie civile n'a pas donné suite. Le procès doit durer jusqu'à vendredi.

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