VIDEO. Législatives 2024 : les temps forts du débat entre les candidats de la 2e circonscription du Pas-de-Calais

Les candidats aux élections législatives de la 2e circonscription du Pas-de-Calais sont invités sur le plateau de France 3 Nord-Pas-de-Calais ce mercredi 19 juin 2024. L'occasion pour eux de débattre de la place de l'agroalimentaire dans l'Arrageois, mais également des questions de sécurité en lien avec le meurtre de Dominique Bernard en octobre 2023 et des inondations liées à la crise climatique.

Plus que onze jours avant le premier tour des élections législatives. Le 30 juin et le 7 juillet prochains, les électeurs sont appelés à se rendre aux urnes pour élire les 50 nouveaux députés des Hauts-de-France. Pour présenter les candidats des différentes circonscriptions du Nord, du Pas-de-Calais, de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme, France 3 Hauts-de-France organise des soirées de débats chaque mercredi, jusqu'au second tour.

Ce mercredi 19 juin 2024, le premier débat a eu lieu entre les candidats des principaux partis de la 2e circonscription du Pas-de-Calais (Arras Nord, Arras Ouest, Arras Sud, Dainville, Vimy) : Alexandre Cousin (Les Ecologistes - Nouveau Front Populaire), Nicolas Desfachelle (Sans Étiquette), Mabrouka Dhifallah (Les Républicains), Alban Heusèle (Rassemblement National) et Agnès Pannier-Runacher (Ensemble).

Retour sur 45 minutes de discussions animées entre les futurs successeurs de Jacqueline Maquet, députée Renaissance historique de l'Arrageois, territoire agricole au niveau de vie légèrement inférieur à celui du reste du territoire.

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En finir avec les importations étrangères

C'est donc logiquement que les concurrents politiques embrayent sur la question de l'agroalimentaire, sujet de prédilection du Nord-Pas-de-Calais, en soulignant l'importance de la souveraineté alimentaire et des conditions de travail des agriculteurs dans le département.

Globalement les opinions se recoupent, surtout quand il s'agit du sujet des importations, dont Alban Heusèle a fait son cheval de bataille, pointant du doigt le traité de libre-échange européen (CETA) qui selon lui, permet "de faire venir du bœuf de l'autre bout du monde, de Nouvelle-Zélande ou d'Amérique du Sud" au détriment des productions locales. Le représentant du RN argue une incohérence économique et écologique et aimerait voir la France s'arroger ces prérogatives européennes.

Alexandre Cousin, conseiller régional écologiste, dénonce également ces importations et propose des "clauses miroirs", qui imposeraient aux partenaires commerciaux de l'Union européenne de se plier à des normes sanitaires et environnementales. Le candidat mentionne également le soutien que le Nouveau Front Populaire souhaite apporter aux agriculteurs de la filière bio, "en crise, car pas assez soutenue par l'État".

Une remarque qui fait tressaillir l'ancienne ministre de l'Industrie, qui défend la politique agricole de son gouvernement, en précisant qu'un milliard d'euros ont été investis par l'État ces dernières années pour accompagner les agriculteurs vers la sortie des produits phytosanitaires.

Les inondations, un exemple de dérèglement climatique

Il y a encore quelques mois, le Pas-de-Calais était touché par des pluies violentes, provoquant des inondations à répétition, notamment dans l'Arrageois. Depuis novembre, certains habitants sont toujours sans solution de logement, vivant dans des campings ou des mobile-homes en attendant de retrouver un toit.

Nicolas Desfachelle, maire de Saint-Laurent Blangy, commune particulièrement touchée par les crues de début d'année, fait état de ces catastrophes naturelles, vouées à se répéter avec l'accentuation de la crise climatique. L'édile dit cependant continuer de croire au pouvoir des collectivités locales et de la décentralisation, qui peuvent investir et agir pour l'environnement, et ainsi, contrer de nouvelles inondations.

Le candidat RN, au contraire, trouve "la France déjà très vertueuse" en matière de gaz à effet de serre. Pour cet élu arrageois, le problème des inondations réside plutôt dans l'entretien des berges et des cours d'eau "soumises à trop de normes et de contraintes", ce qui ralentit le curage et provoque les crues que l'on connaît. Une affirmation qui ne manque pas de faire fulminer son adversaire écologiste, pour qui rien n'est encore acquis, bien au contraire : pour lui, les pratiques agricoles et paysagères sont à repenser entièrement. "Les openfield qui laissent rigoler l'eau ce n'est plus possible. Il faut reboiser massivement", ce que soutient Mabrouka Dhifallah.

Les open fileld qui laissent rigoler l'eau ce n'est plus possible. Il faut reboiser massivement.

Alexandre Cousin, candidat Nouveau Front Populaire

Alexandre Cousin avance également le projet de neutralité carbone, que le Nouveau Front Populaire souhaite atteindre d'ici 2050. Un volet qu'Agnès Pannier-Runacher trouve trop ambitieux, soulignant au passage que la France a déjà baissé de 16% ses émissions de gaz à effet de serre depuis 2017. La ministre admet cependant qu'il reste du travail à accomplir en mettant "de l'argent sur la table pour permettre aux habitants de mieux vivre, mieux respirer, mieux se nourrir."

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Renforcer les effectifs de police

Comment parler d'Arras sans parler de Dominique Bernard, professeur de lettres au lycée Gambetta assassiné le 13 octobre 2023 par un de ses anciens élèves. Un attentat terroriste qui a lourdement ébranlé la communauté enseignante française, en particulier dans le Pas-de-Calais, et qui pose la question de la sécurité dans les établissements scolaires, ainsi que des moyens alloués aux forces de l'ordre.

Mabrouka Dhifallah prend ainsi la parole pour évoquer le drame qu'elle a "vécu directement", à travers ses filles présentes au lycée au moment des faits. La conseillère régionale appelle à l'apaisement et au renforcement des effectifs de police. Agnès Pannier-Runacher rejoint ces propos et précise également l'importance d'une "tolérance zéro envers les actes d'incivilité" du quotidien, notamment en renforçant la présence policière aux abords des écoles. Une volonté à laquelle Alexandre Cousin s'oppose, souhaitant laisser aux lycées l'initiative de décider de leurs propres outils de sécurité.

Nicolas Desfachelle rappelant qu'"il existe sur le territoire un contrat de sécurité intégrée qui rassemble les forces qui sont concernées que ce soit de police ou de justice travaillant en bonne intelligence. Ce qui a permis d'éviter qu'il y ait des émeutes l'an dernier sur le territoire d'Arras." Et le maire de Saint-Laurent-Blangy d'ajouter : "Il y a aussi un dispositif de vidéoprotection et de vidéosurveillance mis en place par la collectivité et qui complète les services de l'Etat, de la gendarmerie et de la justice. Le territoire a ainsi des choses à montrer qui peuvent servir d'exemple au plan national".

Je crois que les français ont raison de critiquer le bilan de monsieur Macron.

Alban Heusèle, candidat Rassemblement national

Suite à la prise de parole de la ministre, Alban Heusèle réplique : "Je crois que les Français ont raison de critiquer le bilan de Monsieur Macron." Pour le candidat d'extrême droite, l'enjeu principal en termes de sécurité doit être de "casser la récidive" chez "les voyous", notamment pour les jeunes de moins de 15 ans "qui ne sont plus les mêmes qu'avant". Mais surtout, de "dégager les fichés S étrangers". Autrement dit, de les expulser hors du territoire français.

Face à ces propos, Alexandre Cousin déjà très animé ne tient plus et assène : "cette haine de l'autre c'est insupportable", indiquant que les tragiques évènements qui se sont déroulés au lycée Gambetta ne devraient pas servir de récupération politique.

Le soir du 30 juin et du 7 juillet, vivez les soirées électorales en direct sur notre site internet sur france3.fr et sur France.tv.

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