Wingles : Il rend hommage à Marine Fourniez, son arrière-grande-tante résistante, avec une rue à son nom et une médaille

Maxence Druelle Fourniez, arrière-petit-neveu de la résistante Marine Fourniez, se bat aujourd'hui pour faire reconnaître son combat, notamment avec une rue à son nom.  Aujourd'hui, elle reçoit une décoration de l'Assemblée nationale et du Sénat. 

Maxence Druelle Fourniez et son arrière-grande-tante Marine Fourniez.
Maxence Druelle Fourniez et son arrière-grande-tante Marine Fourniez. © France 3

C'est une résistante que le flot de l'histoire a tenté de faire oublier. Elle s'appelle Marine Fourniez, et Maxence Druelle Fourniez, son arrière-petit-neveu, veut lui rendre ses lettres de noblesse. 

Engagée volontaire dans la Résistance, elle a participé à de nombreuses actions contre le régime nazi.  Aujourd'hui, grâce à Maxence, elle a été décorée et une rue aura son nom à Wingles. 

Un véritable chantier pour raviver son histoire oubliée, que Maxence a entrepris sans hésitation. 

Une histoire qui se transmet par bribes 

"C'est mon arrière-grande-tante, Marine Fourniez, débute Maxence. Elle est née le 12 février 1921 à la Bussière et elle est morte le 15 mars 1947 à Wingles. Elle était résistante sous le nom d'Agnès."

Pendant trois générations, cette histoire douloureuse reste quasiment confidentielle et se transmet par bribes. Mais à 16 ans, Maxence a rompu avec la tradition. Il retrace la vie de son aïeule et la fait même distinguer par l'Office national des anciens combattants.

"Mon grand-père m'a raconté les anecdotes de Marine, donc ça se transmet de petit-fils en petit-fils." Pour l'adolescent, la vie de Marine Fourniez, c'est une légende familiale et un héritage à protéger.

© France 3

"Les papiers étaient dans une armoire, l'armoire de mon arrière grand-père qui était sacrée, détaille-t-il. Fallait pas toucher aux papiers de Marine. C'était un peu l'histoire de sa fille qu'il a perdu alors qu'elle était très jeune."

En effet, à partir de 1943, Marine Fourniez devient Agnès, agent de liaison pour les Francs-tireurs et partisans, les FFI et les milices patriotiques alors qu'elle est atteinte d'une maladie chronique. "Elle savait qu'elle allait mourir, poursuit Maxence. Je pense qu'elle s'est dit : autant servir à quelque chose.

Une vie pour la France

Et la jeune femme prenait des risques, comme ce jour de 1944. "Elle transportait des munitions dans sa malette qu'elle avait récupéré à la gare. Elle est arrivée ici, elle a dit à son père de cacher les armes dans le feu." Au même instant, la gestapo est arrivée, ils fouillaient partout "parce qu'ils étaient persuadés que la resistance se cachait ici et ils avaient par tort d'ailleurs."

Le père de Marine a alors pretexté qu'il faisait froid dans la maison pour allumer le feu, "avec les grenades et les dynamites qui se trouvaient en dessous", et que les valises étaient remplies de nourriture. Les Allemands les ont cru et sont finalement partis. "Et ils se sont précipités pour éteindre le feu avant que tout explose". 

© Famille Druelle Fourniez

Sa vie extraordinaire s'achève finalement deux ans après la Libération dans l'anonymat. "Sa maladie a empiré et s'est généralisée. Elle est décédée le 15 mars 1947 à son domicile. Je pense qu'elle aurait préféré mourir pour la France."

Une rue à son nom et des distinctions

Aujourd'hui, ce lundi 22 février, grâce au travail de son arrière-petit-neveu, Marine Fourniez a reçu la médaille de l'Assemblée nationale et du Sénat des mains, respectivement Benoit Potterie, député de la 8ème circonscription du Pas-de-Calais ainsi que de la sénatrice du Pas-de-Calais Cathy Apourceau-Poly. 

Maxence aujourd'hui aux côtés de Benoit Potterie et Cathy Apourceau-Poly.
Maxence aujourd'hui aux côtés de Benoit Potterie et Cathy Apourceau-Poly. © Maxence Druelle Fourniez

Wingles aura aussi bientôt une rue au nom de Marine Fourniez d'ici la fin de l'année ou début 2022. Le chantier est actuellement en cours. "En fait, c'est toute une symbolique", explique-t-il. Il se trouve qu'il y a 75 ans en arrière, Marine Fourniez passait ici pour partir à Lens chercher tractes, armes et munitions.

Sur le chantier de la future rue Marine Fourniez.
Sur le chantier de la future rue Marine Fourniez. © France 3

Le lycéen s'est donné pour mission de restaurer sa mémoire. "C'est bien aussi de faire reconnaître l'engagement des femmes dans la résistance", conclut-il. 

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