Passé colonial belge : vers un procès fin 2021 pour des femmes métisses attaquant l'Etat

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Écrit par AFP (édité par Quentin Vasseur)

Elles accusent l'État belge de les avoir arrachées à leur mère 

Le procès de l'Etat belge, accusé de "crimes contre l'humanité" par cinq femmes métisses arrachées de force à leurs mères à l'époque du Congo belge, devrait se tenir à l'automne 2021, a-t-on appris lundi auprès de leur avocate, Me Jehosheba Bennett.



Les avocats de deux parties sont convenus d'échanger des arguments écrits "pendant un an, ce qui amènera à une audience de plaidoiries en septembre ou octobre 2021" à Bruxelles, a précisé Me Bennett à l'AFP.



C'est la première fois que l'Etat belge, puissance coloniale au Congo (l'actuelle RDC) jusqu'en 1960, est la cible d'une plainte pour de présumés "crimes contre l'humanité" commis dans son ex-colonie. Il s'agit d'un procès civil.

"Rapts d'enfants"

Les cinq plaignantes, quatre Belges et une Française, âgées aujourd'hui de 70 à 74 ans, réclament "une somme provisionnelle de 50.000 euros" et la nomination d'un expert pour évaluer leur préjudice moral.



Toutes nées d'une union entre une congolaise noire et un blanc, elles reprochent à l'Etat belge d'avoir ordonné à des fonctionnaires de les arracher de force à leurs mères pour les placer dans des institutions catholiques à l'écart de la société. 



"Ce sont des rapts d'enfants qui ont été organisés par l'Etat belge et mis en oeuvre avec le concours de l'Eglise", accusent-elles dans une requête déposée fin juin devant le tribunal de première instance francophone de Bruxelles.

"Café au lait" ou "enfants du péché"

"À l'école, on nous traitait de 'café au lait'. Nous n'étions pas acceptés", s'est souvenue l'une des plaignantes, Simone Ngalula, lors d'un entretien avec l'AFP début septembre.



"On nous appelait 'les enfants du péché'. Un blanc ne pouvait pas épouser une noire. L'enfant né de cette union était un enfant de la prostitution", a ajouté Léa Tavares Mujinga, fille d'un Portugais et d'une Congolaise, enlevée à l'âge de 2 ans dans les années 1940.



Une première audience purement procédurale s'est tenue le 10 septembre, en l'absence des plaignantes, afin de fixer le calendrier d'échange de conclusions écrites, comme le veut la procédure au civil.
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