Handicap en Picardie, la Maison Départementale des Personnes Handicapées, cap vers 2021

© Frédéric Buridant
© Frédéric Buridant

La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), est le premier interlocuteur pour les personnes en situation de handicap. Lors de la 5e Conférence nationale du handicap, Emmanuel Macron a affiché sa volonté de redonner un second souffle à ce guichet unique trop souvent saturé.

Par Sidibé Pallud

Quatre lettres, peut-être les plus importantes pour les personnes en situation de handicap en Picardie. La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) est la première étape, dans le long parcours semé d'embûches, que doivent entreprendre, les personnes handicapées et leur famille. Ce guichet unique, créé par la loi du 11 février 2005, accueille, informe et  accompagne. Chaque MDPH met en place une équipe pluridisciplinaire pour évaluer les besoins de la personne et les dossiers sont traités en commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). Le soutien financier le plus attendu, est l'Allocation aux Adultes Handicapés (AAH). Une aide financière de 900 euros, permettant aux personnes en situation de handicap d'avoir un minimum de ressources. Actuellement, en Picardie le délai d'attribution peut varier de 4 mois pour les plus chanceux, de 6 à 8 mois pour les autres selon les cas. 

Des délais qui peuvent aussi varier selon les départements. En 2018 dans la Somme, 46 187 demandes ont été déposées. Une fois les demandes formulées, des dossiers complexes à monter seront déposés. 
 

Dans l'Aisne, se sont 42 281 demandes déposées auprès de la MDPH en 2019.

Une attente longue et douloureuse pour les familles


Le temps de traitement, une problématique qui cristallise critiques et frustrations. Et les conséquences peuvent être lourdes pour les handicapés les plus paupérisés. Florence Gouverneur, membre de l’UNAFAM (Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques), a souvent dû faire face au désarroi des familles :

Nous recevons des familles en grande détresse, car tant qu'elles n'ont pas la notification validée par la MDPH, elles ne peuvent rien faire, c'est terrible.

Réduire les délais, c'est le cap fixé à la MDPH pour 2021, par le Président de la République lors de la 5e Conférence nationale du handicap, du 11 avril 2020. Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d’une « garantie délai » de trois mois pour l’octroi de l’allocation adulte handicapé.

Une ambition affichée, qui laisse plutôt de marbre les associations que nous avons contacté, "On attend de voir. Cette promesse, nous l'entendons depuis 15 ans. La MDPH du nord est la plus grande de France et les retards accumulés sont importants" précise Florence Gouverneur". Et cette mère d'un adulte handicapé, n'oublie pas de signaler que le handcap psychique dont souffre son fils est moins reconnu que les autres, notamment dans l'accès à certaines prestations comme celle du handicap étendue (PCH). Le chef de l'Etat a d'ailleurs annoncé que des travaux seront lancés pour adapter la PCH au handicap psychique et aux troubles du neuro-développement.
La MDPH est la pierre angulaire de l'évolution voulue par le gouvernement, de la loi de février 2005. Un déblocage de 10 millions d'euros est prévu dès 2021 pour résorber le retard  dans les traitements des demandes. Mais les MDPH de Picardie attendent beaucoup plus. Car le manque de personnel est criant à chaque étape de l'accompagnement des personnes en situation de handicap. 

 
 

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