À Compiègne, Fillon annonce qu'il veut abaisser la majorité pénale à 16 ans

En visite à Compiègne ce mercredi, le candidat à la présidentielle a annoncé vouloir abaisser la majorité pénale à 16 ans. Une mesure choc annoncée à l'époque par Nicolas Sarkozy, avec qui il a déjeuné ce midi à Paris... 

En arrivant à Compiègne et juste avant d'animer une table ronde sur la sécurité, François Fillon a tenté de porter l'actualité sur un autre terrain que le PenelopeGate, en reprenant à son compte une proposition choc de Nicolas Sarkozy : l'abaissement de la majorité pénale à 16 ans. 

"Quand on a 16 ou 17 ans, qu'on attaque un policier, on doit savoir qu'on finira en prison", a-t-il déclaré à la presse, aux côtés du député sarkozyste Eric Ciotti. "J'ai beaucoup hésité mais c'est indispensable aujourd'hui (de revenir sur l'excuse de minorité), compte tenu de la montée de la violence", a-t-il ajouté. 

Déjeuner avec Nicolas Sarkozy

Le candidat de la droite à la présidentielle n'a pas fait référence à son déjeuner avec l'ancien président Nicolas Sarkozy. Toujours englué dans le "Penelopegate" et en nette baisse dans les sondages, François Fillon a déjeuné à sa demande mercredi avec Nicolas Sarkozy, à la recherche du soutien de l'ex-homme fort du parti Les Républicains pour calmer la fronde dans son camp. 

Selon un élu LR, le déjeuner Fillon-Sarkozy a pu être l'occasion d'un marchandage: "en toute logique, Sarkozy demande quelque chose en échange : Matignon pour François Baroin". D'autres élus LR interrogés par l'AFP évoquent également "un plan B comme Baroin".

"Mais ça coince chez les fillonistes", dit l'un d'entre eux. "D'abord, parce qu'ils considèrent que ce sont Sarkozy et Baroin précisément qui ont réclamé un plan B pour remplacer Fillon comme candidat lorsque le Penelopegate a débuté. Ensuite, ils arguent que Sarkozy n'a fini que 3e à la primaire, derrière Fillon et Juppé, et qu'enfin, il existe des divergences entre eux".

Chute libre dans les sondages

Hasard ou pas, le sénateur-maire LR de Troyes a rencontré M. Sarkozy en fin d'après-midi. Pour le candidat de la droite à la présidentielle, il y a urgence à agir: à 69 jours du premier tour, il est en position dangereuse.

Selon les sondages, il n'arriverait que troisième au premier tour derrière Marine Le Pen, la présidente du Front national, et Emmanuel Macron, et serait donc exclu du second tour.

Sa cote de popularité a également chuté : 19 points en un mois, 26% de Français ayant désormais une bonne opinion de lui, selon un sondage Ifop-Fiducial publié mercredi.

La fronde des sarkozystes

Autre souci pour le candidat: la fronde d'une vingtaine de députés sarkozystes dénonçant "l'impossibilité" pour eux de faire campagne en raison de ses ennuis judiciaires.

Mercredi, l'un d'eux, George Fenech, a de nouveau exprimé ses craintes, en dénonçant, sur Radio Classique, un "bal des hypocrites" d'une majorité de parlementaires de droite, qui n'osent pas "dire la vérité" au candidat Fillon. 


La veille, François Fillon, de retour d'un déplacement de trois jours à La Réunion, avait pourtant essayé de désamorcer la grogne, mettant les élus en garde: "le retrait de ma candidature créerait une crise majeure" car il n'y a "pas de solution alternative meilleure".

"Fillon a besoin de Sarkozy pour trois raisons", a résumé à l'AFP un élu LR: l'ex-chef de l'Etat peut calmer les "frondeurs", il jouit toujours d'une "grande popularité chez les militants LR", et il a totalisé près d'un million de voix au premier tour de la primaire "dont Fillon ne peut pas se passer".

"On est passé de 'tout sauf Sarkozy' à 'SOS Sarkozy'", a ironisé le patron des députés PS, Olivier Faure. 


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