Plus de 1900 migrants ont pris le car et quitté la "Jungle" de Calais

L'évacuation totale de la "Jungle" de Calais a démarré dans le calme et sur un rythme soutenu, alors que le plus grand bidonville de France, peuplé de 6 à 8.000 migrants, doit être vidé d'ici la fin de semaine.

© FRANCOIS LO PRESTI / AFP
2318 migrants ont été évacués de la "jungle" de Calais aujourd'hui, a annoncé Bernard Cazeneuve, en début de soirée. 1918 majeurs ont quitté Calais à bord de 45 bus pour rejoindre 80 CAO et 400 mineurs isolés ont été orientés vers le centre d'accueil provisoire dans l'attente de l'instruction de leur dossier. "Si je donne ces informations, et nous continuerons dans les jours à venir, c'est parce que nous menons cette opération en toute transparence", a expliqué le ministre de l'intérieur.

Peu avant 16H00, le flux s'est pourtant brutalement amenuisé et plus aucune queue à l'extérieur du centre de transit n'était visible. Des candidats au départ auraient reporté de 24 ou 48 heures leur embarquement. "On leur a répété que des départs s'effectueraient demain (mardi) et mercredi"..., expliquait la préfecture. La densité de la foule présente à la mi-journée aurait aussi dissuadé des migrants de s'attarder plus longtemps.


Bien avant le lever du jour, une centaine de migrants, essentiellement des Soudanais, attendait déjà patiemment devant l'entrée. Une heure plus tard, à la sortie de la "Jungle", un groupe de migrants quittait les lieux avec sacs et valises en criant "Bye, bye, Jungle!"
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Calais : comment les migrants de la "Jungle" sont orientés dans les CAO ?

Puis la foule a rapidement grossi et, vers 11H00, la file d'attente atteignait 200 m de long. Un premier autocar transportant 50 Soudanais a pris la route de la Bourgogne vers 08H45. Soit trois quarts d'heure seulement après l'ouverture, devant quelque 500 migrants, du centre de transit installé à 300 m du camp.  45 autocars sont programmés mardi et 40 mercredi, à destination des Centres d'accueil et d'orientation (CAO), au nombre de 451.

"C'est un moment historique, parce que je crois qu'enfin (les migrants) vont pouvoir construire leur avenir d'une meilleure façon", a déclaré la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio, chef d'orchestre de l'opération. 
Calais : quitter la "jungle" ou y rester, les migrants sont divisés

Prudence gouvernementale

Malgré des bousculades et querelles entre migrants en fin de matinée, l'évacuation se déroule "pour l'instant dans le calme et la maîtrise", a commenté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. "L'objectif est de procéder à la mise à l'abri de ceux qui relèvent du statut de réfugié en France et qui n'ont pas vocation à être dans la précarité, dans la vulnérabilité à Calais", a-t-il rappelé.

Quelque 1250 policiers et gendarmes sont mobilisés à Calais pour veiller à la sécurité de ce méga-transfert: éviter les mouvements de foule, mais aussi empêcher de nuire les militants ultragauche de No Border, partisans de l'abolition des frontières. Les candidats au départ sont répartis en quatre files: adultes seuls, familles, personnes vulnérables et mineurs. Ils doivent décliner nom, prénom, date de naissance et nationalité, mais il n'y a aucun examen de la situation administrative de chacun.
A l'entrée du Centre d'accueil provisoire (CAP) jouxtant la "jungle", plusieurs centaines de mineurs attendaient le départ des migrants majeurs pour obtenir une place. Ils ne sont pas concernés par l'évacuation et vont être hébergés au CAP, constitué de conteneurs, et au centre Jules-Ferry. Ce n'est pas la voie qu'empruntera Mohammed, un Yéménite de 17 ans, orphelin de père et dont la mère vit en Erythrée. Il explique vouloir passer en Grande-Bretagne : "J'ai une soeur là-bas. Je ne l'ai pas vue depuis huit ans. Je l'appelle pour les fêtes, le ramadan... Je veux partir. Je suis passé par Paris, ici c'est mieux même si la vie reste difficile"

La maire de Calais, Natacha Bouchart (Les Républicains), s'est dite "perplexe" sur le démantèlement. "Nous n'avons aucune garantie, aucun dispositif pour nous confirmer qu'il n'y aura plus ces difficultés par lesquelles nous passons depuis maintenant trois ans", a-t-elle soutenu.




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