"Président de région, ce n'est pas président de la République" : ils réagissent à la candidature de Xavier Bertrand

Au lendemain de l'officialisation de la candidature du président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, à la prochaine élection présidentielle, aucun élu local n'est surpris. Certains s'interrogent en revanche sur le timing d'une telle annonce.

Xavier Bertrand invité sur le plateau de Dimanche en politique - France 3 Hauts-de-France, le 14 mars 2021.
Xavier Bertrand invité sur le plateau de Dimanche en politique - France 3 Hauts-de-France, le 14 mars 2021. © FTV

Personne n'a bondi de sa chaise lorsqu'il a vu Xavier Bertrand annoncer officiellement, ce mercredi 24 mars, sa candidature pour l'élection présidentielle, en 2022. Du côté des Républicains, on affiche son soutien à l'actuel président de la région Hauts-de-France. Dans l'opposition, on regrette le timing de cette annonce et une possible confusion entre les élections régionales et la présidentielle. Les trois personnes interrogées commentent également le recours à des primaires, une voie dans laquelle ne veut pas s'engouffrer Xavier Bertrand.

Faustine Maliar, Les Républicains : "Il incarne ce gaullisme social qui manque à la politique"

Faustine Maliar, 25 ans, est conseillère régionale Les Républicains (LR) déléguée à l'économie et à la solidarité, directrice adjointe de la maire de Calais et candidate pour être députée de la 6e circonscription du Pas-de-Calais.

"Ce n'est pas une annonce, mais une confirmation. Il a esquissé les lignes directrices de son projet, des valeurs sur lesquelles nous travaillons déjà au sein de la région Hauts de France."

"Je connais sa détermination, sa capacité de travail, sa volonté de rassembler une société divisée qui a besoin de rassemblement. Il incarne cette fibre sociale, ce gaullisme social qui manque à la politique. Je me retrouve dans son projet pour réformer la France. Je vois sa démarche d'un bon oeil, je serai à ses côtés."

"La primaire a laissé un très mauvais souvenir aux militants, aux adhérents et aux sympathisants. La primaire divise et fracture peu de temps avant l'échéance finale. Et on n'arrive pas à résorber les écarts. Une élection présidentielle, c'est un homme ou une femme qui se démarque par sa personnalité, son projet, sa détermination. C'est l'esprit de la Ve République."

Dimitri Houbron, proche de La République en marche : "Être président de région, ce n'est pas être président de la République"

Dimitri Houbron, 31 ans, a été élu député dans la 17e circonscription du Nord sous l'étiquette de La République en marche en 2017. Il a depuis rejoint le groupe "Agir ensemble", constitué de députés Agir et LREM, se situant dans la majorité. Il fait partie de la Commission des lois au sein de l'Assemblée nationale.

"Tout le monde le savait, ce n'est pas une surprise. Le système des primaires a montré son inefficacité. C'est assez judicieux de ne pas faire de primaire. Diviser les voix à droite ? Il faudrait qu'il y ait d'autres candidats, mais d'autres utiliseront peut-être les régionales comme tremplin."

"Est-ce que ça peut remettre en cause les résultats du 2nd tour, je ne sais pas. La droite modérée est déjà acquise au président de la République. L'électorat du président est plus à droite qu'en 2017. Être président de région, ce n'est pas être président de la République. On verra s'il ressort en position de force des régionales."

Dimitri Houbron, à l'Assemblée nationale.
Dimitri Houbron, à l'Assemblée nationale. © Vincent Isore - MaxPPP

Ugo Bernalicis, La France insoumise : "On se moque des électeurs des Hauts-de-France"

Ugo Bernalicis, 31 ans, est député La France insoumise dans la deuxième circonscription du Nord. Il est membre de la commission des lois à l'Assemblée nationale.

"Je n'ai pas trop été surpris. Mais qu'il l'annonce maintenant, oui, cela chevauche avec les élections régionales. Le côté positif pour un électeur des Hauts-de-France, c'est qu'il aura deux chances pour faire perdre Xavier Bertrand. J'espère que les gens iront au-delà de la communication politique, il nous propose du Macron en plus petit et moins jeune. Ce n'est ni le premier ni le dernier à contester la primaire à droite."

"Il y a un sujet de fond derrière : il va utiliser une visibilité nationale hors des comptes de campagne (de la présidentielle 2022) pour les élections régionales, ça sent le bidouillage. On se moque des électeurs des Hauts-de-France, qu'il fasse au moins une chose à la fois."

Ugo Bernalicis, à l'Assemblée nationale.
Ugo Bernalicis, à l'Assemblée nationale. © Aurélien Morissard - MaxPPP

D'autres réactions

Ludovic Pajot est maire de Bruay-la-Brussière depuis 2020 et député Rassemblement national (RN) dans la 10e circonscription du Pas-de-Calais.

Jean-Luc Mélenchon est député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône et président du groupe La France insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale. Candidat aux élections présidentielles 2012 et 2017, il a été candidat aux élections législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais en 2017, où il s'était notamment incliné face à Marine Le Pen.

Karima Delli est eurodéputée Europe Ecologie Les Verts (EELV) et tête de liste de la gauche unie pour les élections régionales dans les Hauts-de-France.

Gabriel Attal est le porte-parole du gouvernement.

 

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