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Semences : Florimond Desprez met le turbo sur la recherche

Image d'illustration.
Image d'illustration.

Face au défi du changement climatique et à l'accélération de la concurrence mondiale, le discret semencier nordiste Florimond Desprez met le turbo sur la recherche et se recentre sur les céréales à paille, les pommes de terre et les betteraves, où il compte reprendre sa première place.

Par AFP

La société, dirigée par la même famille depuis cinq générations, a inauguré cette semaine ses nouvelles serres high tech destinées à la sélection rapide des céréales, dites SSD (Single seed descent ou sélection par filiation monograine), en accueillant chercheurs et acteurs de l'agro-business à son siège de Capelle-en-Pévèle, près de Lille.

Ce complexe représentant un investissement de 5 millions d'euros doit permettre de mettre sur le marché un plus grand nombre de variétés de semences de blé beaucoup plus rapidement, a indiqué Philippe Lonnet, son directeur de la recherche devant la presse lors de l'inauguration. Même si elle est loin d'être en avance sur cette technologie utilisée depuis longtemps par la concurrence, la société estime que ses choix high tech d'équipement vont lui donner un avantage compétitif.

"Nous avons investi dans un complexe permettant de gagner une génération de plus par an, c'est-à-dire de réaliser les trois premiers cycles de culture en 14 mois" a ajouté M. Lonnet. Autant dire aller plus vite que les saisons en optimisant les conditions de culture grâce à des systèmes d'arrosage fertilisants, des vitrages spéciaux répartissant de manière homogène la lumière naturelle, ou des chambres de vernalisation (chambres froides pour simuler l'hiver), le tout assisté par ordinateur.

L'objectif est de pouvoir déposer à l'inscription du catalogue des semences, un nombre plus élevé de variétés dès 2021-2022. Actuellement, la société dépose cinq ou six semences par an. "Nous pensons pouvoir arriver à 10 à 12 variétés par an d'ici cinq ou six ans", a expliqué M. Lonnet.
Florimond-Desprès, toujours installé sur les lieux de sa naissance en 1830, lorsque Jean-Baptiste Auguste Desprez s'est lancé dans la production et le négoce de graines de betterave sucrières, consacre 15% au total de son chiffre d'affaires de 230 millions d'euros à la recherche.

"Ce pourcentage est plutôt de 0,5 à 3% dans l'agroalimentaire, 6 à 7% dans l'aérospatiale, et 12% dans les biotechnologies, donc nous sommes dans le haut du pavé", a détaillé Bruno Desprez, président de Florimond Desprez Veuve et Fils, en charge de la branche recherche.

Concentration du secteur

Et 35% des effectifs, qui s'élèvent à 938 personnes, sont dédiés à la recherche, la plupart en France, mais aussi dans des stations basées en Allemagne, Hongrie, Argentine, Espagne et Maroc. La course contre le temps est destinée à faire face à la concurrence qui s'accentue. Mais la réduction des cycles doit aussi permettre de mieux s'adapter aux demandes des agriculteurs, confrontés au changement climatique. Au lieu de 10 ans pour produire une nouvelle espèce, Florimond-Desprez espère passer à huit ans.

La société se classe au 14e rang mondial des semenciers, et suit avec intérêt les grandes manoeuvres du secteur où trois méga fusions sont en cours: (Monsanto-Bayer, Dow Chemical-Dupont et Syngenta-Chemchina). "Les big six risquent de bientôt devenir les big trois", a commenté François Desprez, président de Maison Florimond Desprez, "mais nous sommes convaincus qu'il y a encore de la place pour des groupes de taille moyenne comme le nôtre".

En septembre, le groupe va inaugurer un autre complexe de recherche, dans sa filiale betteravière belge. "Il s'agit d'un investissement de 30 millions d'euros sur le programme betteraves à sucre", a indiqué François Desprez. Il s'est récemment diversifié dans la pomme de terre. "Dans ce secteur, on n'a pas de Dupont ni de Bayer en face de nous, nos concurrents ont notre taille, nous sommes dans la bonne division", a-t-il assuré.

Mais il s'est séparé de ses activités "semences de luzerne", cédées au groupe DLF. "Le métier de la semence de luzerne n'était plus le nôtre dans la mesure où cette espèce est vendue par des spécialistes des semences fourragères qui veulent pouvoir offrir une gamme complète allant du gazon au fourrage, or nous n'avions que la luzerne", a expliqué M. Desprez.

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