Abbeville : l'ancien carmel abrite un dépôt d'art sacré

Les œuvres sont en dépôt, et peuvent donc à tout moment être sorties pour réintégrer un lieu de culte. / © FTV / C. Jean-Pierre
Les œuvres sont en dépôt, et peuvent donc à tout moment être sorties pour réintégrer un lieu de culte. / © FTV / C. Jean-Pierre

Depuis septembre, Abbeville propose un nouveau lieu d'exposition : son ancienne maison de carmélites. On peut y admirer une collection d'art sacré, provenant d'églises de la région, et mise en dépôt.

Par M. Lesprit avec J.-P. Delance

Bâtiment historique parfaitement conservé, l'ancien carmel d'Abbeville accueille depuis septembre un nouveau lieu d'exposition. Au sein de l'édifice dans lequel ont vécu des carmélites jusqu'en 1998 trône désormais une collection d'art sacré. Contrairement à un musée, les 80 pièces présentées lors de notre visite en décembre ne sont qu'en dépôt. Elles peuvent donc à tout moment être réemployées pour le culte. 
 

Le service patrimoine de la ville a collecté ces objets dans ses églises et alentours. "On avait fait le constat que beaucoup de pièces n'étaient pas visibles du public, soit parce qu'elles étaient en réserve, ou inusitées dans certaines églises, expose son directeur, Romain Zechser. On souhaitait vraiment pouvoir les rendre au public en les présentant dans un lieu assez agréable qui est celui du carmel."
 

Une collection de 80 pièces

Les vitrines sont disposées de manière à pouvoir appréhender les oeuvres sous toutes leurs faces. Au dos de reliquaires, on découvre donc des portions non-peintes. "Cette fois-ci, on peut observer la genèse de l'oeuvre" , se félicite Romain Zechser, qui souligne "ces petits détails qui font toute l'histoire de [ces] collections".
 
Abbeville : l'ancien carmel abrite un dépôt d'art sacré
Reportage : J.-P. Delance, C. Jean-Pierre et P.-O. Pappini. Avec Romain Zechser, directeur du pôle patrimoine d'Abbeville.

Du plus vieil objet présenté au plus récent, cinq siècles s'écoulent. Parmi les plus insolites, une verge de bedeau en fanon de baleine. "On est plutôt sur un objet assez rare par rapport à sa conservation, nuance Romain Zechser. Pas par rapport à sa production, parce qu'on est sur de la production quasiment industrielle au XIXème pour le besoin des paroisses. Mais, finalement, il semblerait que peu ont survécu au cours du temps."
 

La collection d'art sacré n'est pour le moment accessible que sur réservation à des groupes, ou lors de journées organisées par le service patrimoine d'Abbeville. Le dépôt devrait continuer à s'étendre : l'ouverture d'une troisième salle dédiée au textile est prévue au cours de l'année 2020. 
 

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