26 emplois supprimés chez Figeac Aéro à Méaulte, les salariés en grève illimitée

Face à la baisse d'activité dans le secteur depuis plusieurs mois, le sous-traitant aéronautique Figeac Aéro a décidé de supprimer 26 postes sur le site de Méaulte. En pleine négociation entre la direction et les syndicats, un préavis de grève illimitée a été déposé à partir du 5 novembre. 
Une grève illimitée a commencé le 5 novembre à Figeac Aéro, à Méaulte.
Une grève illimitée a commencé le 5 novembre à Figeac Aéro, à Méaulte. © FTV / Benoit Henrion
C'est un effet domino dévastateur pour l'emploi, qui touche un à un les acteurs du secteur aéronautique. Au début de l'année, le trafic aérien s'effondre, les commandes d'appareils diminuent, et les constructeurs, avec Airbus en première ligne, voient leur activité diminuer drastiquement.

Réactions en chaîne

Dès l'été, Airbus annonce la suppression de 5 000 postes à travers le monde, dont 290 sur le site de Stélia à Méaulte dans la Somme. Et tout au bout de la chaîne, les salariés des entreprises sous-traitantes s'inquiètent.

Même les 15 milliards d'euros d'aide promis par l'Etat pour sauver l'industrie aéronautique ne suffisent à les rassurer. Et à raison : rapidement, les entreprises sous-traitantes commencent à réduire leurs effectifs. La Simra ouvre le bal, suivie par AAA, qui annonce la suppression de 128 emplois, soit 90% de ses effectifs. Figeac Aéro Picardie, qui fabrique pour Stélia des planchers métalliques pour cockpits d'A320 et d'A350, suivra le même chemin avec 26 emplois en CDI supprimés sur 72. 

Des négociations peu satisfaisantes

Dans cette filiale du groupe Figeac Aéro, basé dans le Lot, le temps des négociations du Plan de sauvegarde de l'emploi est arrivé. Mais les représentants syndicaux ne sont pas satisfaits des termes proposés par la direction. La CFDT a donc déposé un préavis de grève illimitée qui a débuté le 5 novembre, et pour le moment largement suivi par les salariés. 

"On est loin d'avoir ce qu'on demandait", déplore Mickaël Drouvin, délégué syndial CFDT à l'issue d'une réunion de négociations. "On sait que Figeac a des moyens mais ils n'ont pas réussi à nous donner ce qu'on veut, on est même très loin du compte, c'est un PSE au rabais."
 

C'est trop peu, huit mois (de congé de reclassement), dans un bassin albertin qui est fortement impacté par le chômage !

Mickaël Drouvin, délégué syndical CFDT chez Figeac Aéro Picardie

Reclassement et primes de départ

Ce qu'ils demandaient ? Un congé de reclassement de 12 mois pour laisser aux 26 salariés qui auront perdu leur emploi le temps de retrouver un emploi, de se former ou de se reconvertir si besoin. La direction leur accorde huit mois. "C'est trop peu, huit mois, dans un bassin albertin qui est fortement impacté par le chômage", poursuit Mickaël Drouvin. "Ce n'est pas acceptable d'avoir si peu de temps pour rebondir !"

D'après son collègue David Dehesdin, secrétaire CSE CFDT, l'avenir s'annonce sombre pour les salariés de l'aéronautique, au-delà même de Figeac Aéro. "Certains vont retrouver du boulot, mais pas tous.  Avec tous les sous-traitants dans le même cas, on va se retrouver à 1 000 ou 1 200 au chômage presque en même temps. Ce sera premier arrivé premier servi."

Les salariés réclament également une prime de 1000 euros par salarié par année d'ancienneté, au lieu des 500 euros proposés par la direction. 

Le responsable du site de Méaulte n'a pas souhaité répondre à nos questions. 
 
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