Incendies : Albert-Picardie, le premier aéroport de la zone Nord habilité à ravitailler les bombardiers d'eau

L’installation de Méaulte fait partie des nouveaux sites qui accueilleront un pélicandrome, une unité de réapprovisionnement des appareils qui luttent contre les feux d’espaces naturels. C’est le seul dans la zone Nord.
Un Dash, l'un des appareils susceptibles d'être réalimenté à l'aéroport d'Albert-Picardie (ici sur la base de Nîmes-Garons, en 2020.
Un Dash, l'un des appareils susceptibles d'être réalimenté à l'aéroport d'Albert-Picardie (ici sur la base de Nîmes-Garons, en 2020. © PHOTOPQR/LE MIDI LIBRE/MIKAEL ANISSET

24.500 hectares en 2017, 23.500 en 2019, 17.400 en 2020… Ces derniers étés, les feux de végétation ont engendré de lourds bilans à travers la France. Usuels dans le Sud, ils touchent désormais des régions moins coutumières de ces sinistres. D’où l’annonce par la Sécurité civile, à cette rentrée 2021, du déploiement de nouveaux pélicandromes pour alimenter des avions bombardiers d’eau appelés.

Parmi les 22 unités que compte la France, une se trouve donc désormais dans la Somme. À l’issue d’un processus entamé il y a un an et demi, l’aéroport Albert-Picardie, à Méaulte, a été désigné pour accueillir une station d’accueil temporaire, unique dans la zone Nord. "C'est une fierté pour nous, a réagi son directeur Ludovic Goret. C'est une reconnaissance, une fois de plus, du territoire albertin et samarien, de notre savoir-faire aéroportuaire et aéronautique." A la tête du syndicat mixte, Virginie Caron s’est elle notamment félicité de "la situation stratégique" de l’installation, "au cœur de la région Hauts-de-France".

Dix tonnes, six minutes

L'aéroport d'Albert n'accueillera qu'un certain type d'avions, les Dash. Selon les besoins, ces appareils basés à Nîmes devront pouvoir s’y alimenter en eau ou en produit retardant pour faciliter l’action des sapeurs-pompiers au sol. Ce qui nécessite, outre des structures aéroportuaires adéquates (longueur de piste, stationnement, etc.), la mise en place de systèmes de tuyauterie adaptés à la fabrication, au dosage et au remplissage "dans des temps très courts". "En termes d'exigence, on est de l'ordre d'une dizaine de tonnes d'eau à remplir en six à sept minutes", détaille Ludovic Goret.

Une opération effectuée au gré des besoins par le personnel du site, qui concède des investissements dont la direction n’a pas souhaité préciser le montant. "C'est une mission de service public qu'on assure pour le compte de la sécurité civile", affirme-t-elle, ajoutant : "On est sur des activités qui sont très aléatoires. Notre volonté, c'est d'abord de préserver les espaces naturels, et donc espérer qu’on n’aura pas besoin de beaucoup d'aéronefs dans notre région."

Un risque croissant d'incendie

Au cours de la saison 2020, environ 1.000 hectares, dont une grande majorité de terres agricoles, ont été endommagés par les flammes dans la zone Nord selon le bilan de la Sécurité civile. Mais "en 2050, la moitié des surfaces boisées métropolitaines pourrait être concernée par un niveau élevé d’aléa feux de forêt, estime le ministère de l’Intérieur. Les sécheresses seraient plus intenses, plus fréquentes et concerneraient davantage de territoires, favorisant directement les incendies et apportant une extension géographique du risque vers l’ouest et le nord de la France."

Des prévisions qui ont poussé les services de secours à se préparer à la gestion de feux auparavant rares dans le secteur. En 2020, les sapeurs-pompiers de l’Aisne ont ainsi instauré un partenariat avec les agriculteurs pour améliorer la prévention et la détection, tandis que leurs homologues de l’Oise investissaient dans des formations spécifiques. L’été précédent, qualifié d’exceptionnel par l’ampleur et le nombre des départs de feu, avait été endeuillé par la mort d’un agriculteur à proximité de Blicourt.

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