"C'est une vraie prise de conscience" : un banquet antigaspillage organisé pour sensibiliser les habitants à Amiens

Mercredi 14 février, les élèves de l'école de la deuxième chance du grand amiénois, accompagnés de l'association De la graine à l'assiette, ont invité des habitants du quartier d'Étouvie à un banquet antigaspillage. Les jeunes ont préparé un repas, mais aussi d'autres activités ludiques pour sensibiliser les Amiénois à leur cause.

Devant le restaurant d’application "Le Picardie", ce matin du 14 février, les passants qui rentrent du marché sont tous regroupés sous la tonnelle rouge de l'école de la seconde chance. Les enfants font la queue pour monter sur le vélo-smoothie qui trône au milieu du stand. Ils choisissent leurs fruits et pédalent pour activer le mixeur avant de pouvoir se délecter de leur création.

Les parents, eux, s'intéressent à l'action du jour. Les élèves de l'école les convainquent de déjeuner là  pour découvrir leurs petits plats, confectionnés uniquement à partir de produits destinés à être jetés. Le menu conseillé ce midi : carottes glacées à l'orange, tartiflette au camembert et gâteau de pois cassés, mais le choix est bien plus vaste pour les visiteurs.

À 13h, c'est déjà le carton plein pour les apprentis cuisiniers. Cent repas ont été servis. Dans le brouhaha, on distingue des rires fréquemment interrompus par le chef qui s'adresse à l'ensemble de la salle : "Pensez à tout manger. On ne veut pas gaspiller", et plus tard, "ce que vous ne mangez pas, vous pourrez le prendre à l'emporter."

Des activités pour sensibiliser les visiteurs au gaspillage

Pour rejoindre les étudiants qui servent les plats au fond du couloir, les invités du jour passent par une salle de projection, qui est d'habitude utile aux élèves pour se préparer au Code de la route. Ils y regardent une vidéo de cinq minutes qui leur présente les différents stades des pertes alimentaires, depuis les champs jusqu'à la vente en grande surface. "Quand j'ai vu le film, j'ai réalisé à quel point on gaspille. C'est une vraie prise de conscience", raconte Valérie, employée chez Astelles et trésorière de l'association Sommes-Congo-Brazzaville.

À table, les convives sont principalement des membres d'associations de réinsertion. "On travaille à la recyclerie à côté et on est venus entre collègues et voisins. On veut soutenir les associations locales", affirme Bahdja. Depuis novembre, les 20 jeunes de l'école de la deuxième chance préparent cet évènement. L'une de leurs missions était de contacter ces associations pour les convaincre de venir nombreux.

Un travail de longue haleine

Durant ces trois mois, les jeunes ont aussi réalisé des fiches de recettes antigaspillage à afficher le jour de l'évènement et ont démarché des grandes surfaces pour créer des partenariats afin de récupérer leurs invendus. Ils ont aussi appris à réaliser ces recettes à partir de produits de récupérations : des crêpes à base de pain dur par exemple. Marie-Ange Rogier, formatrice à l'école de la deuxième chance, s'en réjouit : "Avec la prof de maths, ils apprennent les maths. Ici, ils cuisinent et utilisent une tare. Cela leur sert à mettre en pratique et à prendre confiance en eux."

La pratique a convaincu certains élèves de se lancer dans la restauration, comme l'école de la deuxième chance le permet aux décrocheurs scolaires : "À la base, je n'étais pas trop cuisine. Je viens plutôt du BTP mais là finalement, ça me plaît bien. Je pourrais peut-être en faire mon métier", témoigne Jérémy, qui a beaucoup travaillé durant ces trois derniers jours pour préparer ce repas.

En repartant, les clients du jour paient leur déjeuner avec un mot gentil pour leurs jeunes cuisiniers, qu'ils inscrivent sur un grand tableau blanc sur lequel on peut lire "merci pour ce super repas". Ils repartent avec des denrées qui ont échappé à la poubelle. Sur un étal présenté comme dans un marché, les gens choisissent leurs tomates, poivrons, betteraves, céleris, mais aussi du pain et des viennoiseries.

En tout, 320 kg de nourriture ont été récupérés par les élèves de l'école de la deuxième chance. 260 ont été cuisinés à l'issue du tri. "On a tout distribué et ce qui reste, on le donne aux maraudes citoyennes pour distribution le soir aux gens dans le besoin", conclut Laure Nicolas de l'association De la graine à l'assiette.

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