Covid-19 : rentrée masquée dans les écoles, un premier bilan à Amiens

Pour endiguer l’épidémie de coronavirus, le gouvernement a élargi le port du masque aux enfants dès 6 ans du CP au CM2. Une nouvelle mesure qui a poussé les parents à se ruer sur les masques pour enfants que l’on trouve parfois difficilement en pharmacie. Le point à Amiens.
La classe de CP de l'école Saint-Clotilde à Amiens pour la rentrée des classes le lundi 2 novembre 2020.
La classe de CP de l'école Saint-Clotilde à Amiens pour la rentrée des classes le lundi 2 novembre 2020. © FTV / Elise Ramirez
L’image est nouvelle. Sagement installés derrière leur bureau individuel, des petites têtes blondes au visage à moitié barré par un masque écoutent tranquillement leur maîtresse. La scène, qui se déroulait lundi matin dans une classe de CP de l’Ecole Sainte-Clotilde d’Amiens, est représentative de la rentrée toute particulière qui a eu lieu lundi 2 novembre à travers l’Hexagone.
 

« Les enfants ont bien joué le jeu, les parents également. Je les remercie parce que ce n’était pas évident de s’adapter le vendredi lorsque le protocole est tombé. Aucun enfant n’est arrivé sans masque ce matin »

Mélina Legagneur, Cheffe d'établissement école Sainte-Clotilde

Dès 6 ans, les enfants sont désormais obligés de porter le masque. Une obligation qui ne semblait pas les gêner et leurs parents, sans exception, ont joué le jeu. "Dans le protocole de l’école,  on a préconisé deux masques par jour et les enfants ont tous deux masques pour aujourd’hui. S’ils n’en avaient pas, on pouvait les dépanner lundi et mardi, mais notre réserve est petite donc on souhaite que les parents se sentent responsables", pose simplement Mélina Legagneur, la cheffe de l’établissement. 

Un début de pénurie ?

Trouver des masques n’a pas été une mince affaire pour certains parents. "Je suis rassurée, parce que j’habite à 30 km d’Amiens et la pharmacie la plus proche n’en avait pas," partageait une cliente heureuse d’avoir mis la main sur le précieux Graal lundi matin.

Dès l’annonce du Premier ministre, le jeudi 26 octobre, on a eu une très forte demande. En une après-midi, tout le stock est parti. On a vendu une centaine de boîtes, mais on a tout de même réussi à s'en faire livrer 400. Les laboratoires sont déjà à flux tendu et la prochaine livraison n’arrivera pas avant la semaine prochaine ou dans quinze jours.

Mathilde Hiesse, pharmacienne à Amiens

"Les clients sont assez affolés, c’est le cas dès qu’il y a une annonce comme ça. Mais c’est important de se tourner vers ces masques, parce que les masques pour adulte ne sont pas assez adapté à leur visage", appuie Mathilde Hiesse, pharmacienne de l’établissement en question.

Rassurer les adultes

Alors pourquoi les enfants jusqu’alors exemptés de cette obligation doivent-ils désormais porter le masque ? D’autant plus, que les études tendent à prouver qu’ils ne se contaminent que très peu entre eux, qu’ils ne contaminent que peu les adultes, et qu’ils sont au contraire contaminés par leurs aînés.

Le contexte a changé. Il y a deux éléments à prendre en compte. Le virus circule beaucoup donc le risque d’une augmentation des contaminations entre enfants est plus fort. De plus, la peur est très importante chez les enseignants et les parents d’élèves.

François-Marie Caron, pédiatre

En plus de rassurer les adultes et de limiter la propagation de la Covid-19, "il n’y a aucun risque médical à faire porter un masque à un enfant", appuie le pédiatre. "Bien sûr qu’on ne le fera pas porter à un enfant autiste ou un enfant qui a un asthme sévère, mais ce sont vraiment des exceptions. Donc c’est logique que cette mesure vienne s’ajouter aux autres : l’aération des classes, la distanciation, le lavage des mains. En plus, les enfants vont pour certains être tout fiers de faire comme leurs parents et puis ça va rassurer tout le monde."
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