Faut-il dépénaliser, légaliser le cannabis ? D'Amiens aux Pays-Bas, enquête auprès des producteurs et consommateurs

Issu du chanvre, le cannabis est une des premières plantes domestiquées par l’homme. Et pourtant, son utilisation fait débat dans le monde et la législation diffère en fonction des pays. En France, les consommateurs sont toujours aussi nombreux. Nos voisins en Europe ont assoupli leur politique. Quelle position adopter ? Enquête à Amiens et aux Pays-bas.

Le cannabis, une plante utilisée depuis des millénaires pour la qualité de ses fibres et ses effets psychotropes, est considéré comme une drogue douce. Mais cette plante, dont les fleurs et les feuilles se fument, est interdite de production et de consommation dans la plupart des pays du monde.

Les législations tendent à s'assouplir. Dans certains états d'Amérique et en Europe, en Espagne, au Portugal, en Allemagne et aux Pays-Bas. Ce dernier pays expérimente d'ailleurs une nouvelle politique de légalisation. La France, elle, est toujours l'un des pays les plus répressifs. Pourtant, la moitié des adultes en a déjà consommé. Si le cannabis est prohibé, les consommateurs sont toujours aussi nombreux.

Sam et Max, entre la trentaine et la quarantaine, sont des fumeurs réguliers. Plusieurs fois par semaine, ils consomment du cannabis. Une activité interdite en France. Aujourd’hui, ils acceptent de témoigner de manière anonyme. Nous les avons rencontrés chez eux à Amiens où, ce soir-là, ils s’étaient donné rendez-vous pour "se détendre". Pour les deux amis, le cannabis est un produit récréatif, mais aussi thérapeutique. "J’ai arrêté de fumer pendant une période et, après le Covid, j’ai ressenti le besoin de me remettre à fumer, pour calmer ma nervosité. C’est quelque chose qui m’apaise même si c’est artificiel. Et ça reste un produit que tu peux doser", explique Max.

Les Français, plus gros consommateurs de cannabis en Europe

Le plus souvent fumées, l’herbe ou la résine sont aussi vapotées ou mélangées aux recettes culinaires. En France, cinq millions de personnes déclarent consommer du cannabis. Ces statistiques de l’Observatoire des drogues font des Français les plus gros consommateurs d’Europe.

Le cannabis est d’ailleurs la première substance illicite consommée par les adolescents. Sam et Max ont commencé au lycée, vers l’âge de 16 ans. Un joint de temps en temps pour commencer, puis tous les jours. "Au début, il y a le côté interdit. On est en soirée avec des potes. L'un d’eux ramène un joint et on teste. C’est l’opportunité et ce produit ne fait pas peur. Mais il m’a fallu du temps pour fumer très régulièrement", raconte Max. "Tu arrives à garder un contrôle, davantage qu’avec l’alcool. Je n’ai jamais été aussi mal en fumant un joint qu’en buvant", ajoute Sam.

Le cannabis, lui, n’est pas en vente libre, mais l’approvisionnement a lieu dans la rue ou sur internet en livraison. Et contrairement à l’alcool, les consommateurs ignorent, le plus souvent, ce qu’ils achètent. "Les tendances sont à des produits plus forts. Vu qu’on ne sait pas exactement ce qu’on achète, il n’y a pas toujours ce qu’on aurait voulu. Si on fume un truc fort, on peut se sentir un peu mal", explique Sam. "Il y a des qualités qui traînent auxquelles je ne peux pas toucher. C’est trop fort ! Ça peut se traduire par des crises d’angoisse, des crises de tachycardie", insiste Max.

"J’ai déjà essayé d’arrêter. Les premiers jours, ça peut être compliqué, psychologiquement et physiquement."

Sam, consommateur de cannabis

Parfois, le cannabis est extrait avec des solvants chimiques et sa teneur en THC est de plus en plus élevée. Elle a doublé en 10 ans. Ce qui favorise la dépendance. "J’ai déjà essayé d’arrêter. Les premiers jours, ça peut être compliqué, psychologiquement et physiquement. On a du mal à dormir, on a moins d’appétit, on a mal au ventre. C’est le temps du sevrage qui est dur. Après, on se sent mieux, si on y arrive", confie Sam. Pour ces deux fumeurs, la légalisation permettrait un meilleur contrôle du cannabis et une prévention ciblée. "Avec la légalisation, il peut y avoir une traçabilité. On saurait faire la différence entre un produit agressif et un autre qui ne l’est pas. Il y aurait moins de risques pour les consommateurs", affirme Max.

En France, l’usage, l’achat, la vente, la détention et la culture du cannabis sont interdits depuis la loi de 1970. La possession ou la consommation de cannabis dans un lieu privé ou public sont strictement interdites. La loi française prohibe l’usage de cannabis avec plus ou moins de sévérité. Le simple usage peut conduire jusqu’à un an d’emprisonnement qui peut être accompagné ou substitué à une amende de 3 750 €. Récemment, le gouvernement d’Emmanuel Macron a opté pour de simples amendes pour les cas de consommation ou de possession de faibles quantités.

Pour le trafic, les peines encourues peuvent aller jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité et 7,5 millions d’euros d’amende.

Une légalisation progressive aux Pays-Bas

Chez nos voisins européens, la tendance est à l’allègement des politiques vis-à-vis du cannabis. En 2021, Malte est officiellement devenue le premier pays européen à légaliser la consommation récréative. Si la possession de cannabis demeure largement réprimée, certains états parmi les Vingt-Sept, se sont toutefois engagés dans la voie de la dépénalisation, voire parfois de la légalisation, préférant la prévention et l’encadrement à la répression.

Aux Pays-Bas, la possession de cannabis pour usage personnel n’est pas légale, contrairement à ce que laissent entendre les idées reçues sur la législation du pays, mais seulement tolérée. Pourtant, depuis 1976, le cannabis est vendu librement aux clients dans des boutiques spécifiques, les coffee shops.

"C’est une façon de vivre. Je n’ai pas besoin d’alcool, ni d’autres drogues. Ça me permet de me relaxer pendant mon temps libre."

Client du coffeeshop, le Baron, à Breda aux Pays-Bas

À Breda, une ville du sud de la Hollande, à deux heures de route des Hauts-de-France, comme dans tout le pays, les coffee shops, sous licence municipale, ont pignon sur rue. La ville en compte huit et les clients sont nombreux chaque jour à pousser leurs portes. Ils viennent profiter d’un moment entre amis. "Avant d’aller chez ma copine, je viens ici pour me relaxer et je passe une bonne après-midi. Ici, la qualité de la weed est bonne", explique un jeune Hollandais que nous avons rencontré au Baron, un des coffee shops les plus prisé de la ville.

Des jeunes étudiants, des actifs qui viennent se détendre après le travail et des retraités se retrouvent ici et certains y passent la journée. "Je viens deux ou trois fois par semaine. Je viens fumer des joints. L’atmosphère d’un coffee shop est plus relax que dans un café", explique Jaimy, la cinquantaine. Pour son ami, qui fume tous les jours depuis 40 ans, le cannabis est un déstressant naturel. "C’est une façon de vivre. Je n’ai pas besoin d’alcool, ni d’autres drogues. Ça me permet de me relaxer pendant mon temps libre."

Au Baron, comme dans tous les coffee shops du pays, la cigarette est interdite mais la plupart des consommateurs mélange l’herbe au tabac pour adoucir le produit. Si l’ambiance est décontractée, il faut tout de même montrer patte blanche pour entrer. Si le client a l’air trop jeune, sa carte d’identité lui est immédiatement demandée car il est interdit de vendre du cannabis aux mineurs. Les touristes aussi sont contrôlés. En effet, dans cette ville, très proche de la frontière Belge, la municipalité exige la nationalité néerlandaise pour entrer dans les coffee shops.

"On vend toutes sortes de fleurs, du haschisch, mais aussi des gâteaux, des bonbons au cannabis. Les bonbons sont très populaires parce que les gens les consomment pour arrêter de fumer."

Jennifer, vendeuse au coffee shop, le Baron

Ici, les consommateurs viennent acheter leur joint à la caisse, une petite quantité d’herbe ou de haschisch, cinq grammes maximum par personne sont autorisés. Certains s’installent comme au bar. À une exception près : l’alcool est interdit. Nous sommes dans le royaume du cannabis autorisé. Jennifer tient la caisse ce jour-là et il est difficile de l’interviewer car elle enchaîne les ventes. "Les gens viennent chercher de la qualité. Ils reviennent car ils sont contents du produit. L’herbe la plus demandée est l’amnésia. C’est fort, mais c’est la préférée des clients. On vend toutes sortes de fleurs, du haschisch mais aussi des gâteaux, des bonbons au cannabis. Les bonbons sont très populaires parce les gens les consomment pour arrêter de fumer", nous présente Jennifer, vendeuse au Baron.

Sous le comptoir, pas plus de 500 grammes de cannabis. C’est la loi. Mais cette politique de dépénalisation a ses limites. Si le pays tolère l’achat de petites quantités dans les coffee shops, il interdit la culture du cannabis et l’importation. Ces boutiques n’ont d’autre choix que de se fournir au marché noir, un marché clandestin. Aux Pays-Bas, les coffee shop ont le droit de vendre une quantité de cannabis. C’est ce qu’ils appellent "The front door". Mais ils n’ont pas le droit d’en acheter. Ce marché se nomme "le backdoor".

Lorsque l’on demande à Rick Brand, le patron du Baron, où il se fournit, la réponse est automatique : "Le cannabis vient du ciel. Non, je ne peux pas vous en parler car si les responsables de la justice écoutent, ils me diront : 'Ah, vous avez des informations intéressantes. Donnez-nous l’adresse et on va leur faire une petite visite.' Je dois garder ça encore secret pendant six mois."

Dans six mois, le cannabis devrait connaître une nouvelle phase de dépénalisation. Le gouvernement de La Haye vient de lancer une expérimentation qui permettra à trois producteurs de cannabis, triés sur le volet, de fournir légalement les coffee shop de deux villes du pays, dont Breda. Une nouvelle législation qui pourrait mettre fin à plus de 40 ans de contradiction dans le pays. Pour Rick, le patron de ce café, c’est un soulagement. "Il était temps. On fait pression sur le gouvernement depuis plus de 15 ans. Tout va changer. C’est très difficile de trouver de la bonne qualité car on ne sait pas si les producteurs utilisent des pesticides ou des métaux lourds pour faire pousser la plante plus vite et faire plus de profit. Avec le cannabis légal, ce sera de la pure à 100 %", se satisfait Rick.

L'or vert légal est protégé aux Pays-Bas

À quelques kilomètres de Breda, dans la zone industrielle, nous avons rendez-vous avec le directeur de Fyta Group, le premier producteur de cannabis récréatif légal aux Pays-Bas. Entouré de barbelés, le bâtiment n’affiche aucune enseigne. Le lieu est tenu secret car il recèle plusieurs tonnes d’or vert. Un bâtiment ultra sécurisé et aseptisé.

Fyta group est le premier laboratoire européen de production de cannabis récréatif légal. Cette société néerlandaise est aussi spécialisée depuis 2018 dans la production de cannabis médical.

"La moindre bactérie qui rentre pourrait détruire la production. Il faut être vigilant. Aucune personne extérieure n'est encore entrée dans ces laboratoires."

Fred Vanderhill, directeur de Fyta Group, à Bréda aux Pays-Bas

Après avoir donné nos cartes d’identité, nous enfilons une blouse blanche, une charlotte et des protèges chaussures. Puis, nous devons nous désinfecter les mains. Cet immense laboratoire est entièrement aseptisé. Nous suivons nos hôtes, Guido, producteur chez Fyta et Fred Vanderhill, le directeur, qui nous observe de près. "Nous ne pouvons pas nous permettre de faire n'importe quoi, ici. La moindre bactérie qui rentre pourrait détruire la production. Il faut être vigilant. Aucune personne extérieure n'est encore entrée dans ces laboratoires", nous rappelle le directeur.

Dans la première salle, les plantes mères poussent sous la lumière des néons et une forte humidité. "Nous prélevons des pousses sur ces plants et on les laisse prendre racine dans des pots, puis on les déplace dans une autre salle. Plus tard, ces pousses produiront des fleurs", explique Guido. Des dizaines de laboratoires contiennent ainsi des plants de différentes tailles. Du cannabis, qui pousse ici depuis près de deux ans sous le contrôle du gouvernement. Le directeur de l’entreprise nous accompagne lors de la visite, mais il souhaite rester discret face à notre caméra car il concurrence un business très lucratif, celui du narcotrafic, estimé à deux milliards d’euros par an, aux Pays-Bas.

Dans une autre salle, des centaines de plantes sont disposées en rangs serrés. Ce sont les plantes arrivées à maturité. Rien n’est laissé au hasard jusqu’à l’apparition des fleurs. 17 semaines de culture, sont nécessaires pour obtenir une bonne qualité de cannabis. 32 plantes différentes, chinées aux quatre coins du monde. "On cherche en permanence ce que les gens aiment fumer et on regarde aussi ce qu’on aime fumer, nous. Le collègue du service génétique voyage dans le monde entier pour trouver de nouvelles saveurs. Il n’achète que des graines et nous les faisons pousser ici", explique Guido.

Dix producteurs devront fournir au moins six tonnes et demi de cannabis chacun, par an, aux coffee shops, dès l’automne 2023. Une production règlementée et contrôlée de la graine au consommateur.

Une expérimentation de cannabis légal

Depuis des décennies, le cannabis est importé ou produit sur place dans des maisons, des greniers, des caves, ou des entrepôts. Un marché parallèle qui profite aux trafiquants. Breda est l’une des premières villes candidates à l’expérience nationale.

L’objectif pour le maire est de supprimer la zone grise dans laquelle s’opère la production illégale. "Cette expérience est une réponse à la situation aux Pays-Bas. Les gens peuvent acheter du cannabis dans les coffee shops, mais la production est illégale, donc cela a créé le marché illégal qui est dominé par des organisations criminelles. On a créé un monstre", constate Paul Depla, le maire de Breda qui souligne les risques liés à ce business de l’ombre.

"Les narcotrafiquants n’ont pas les même lois que nous. Ils se font payer le prix avec des armes et dans nos villes, il y a de nombreux incendies liés à la production illégale. Les gens ont besoin de beaucoup d’électricité pour faire pousser leurs plants chez eux et dans certaines zones de Breda, les pompiers se déplacent beaucoup." Grâce à cette nouvelle législation, le gouvernement et les maires pourront contrôler les produits vendus. "Le gouvernement va contrôler tout le processus de production chez les agriculteurs et la façon dont c’est produit, jusqu’au transport dans les coffee shops et les collectivités suivront ce qu’il se passe dans les boutiques. C’est pourquoi, il est important que les nouveaux producteurs légaux ne fassent pas partie des organisations criminelles actuelles. Nous allons améliorer la santé publique de notre pays."

"Il faut organiser le marché sinon ce sont les organisations criminelles qui le feront pour vous."

Paul Depla, maire de Breda, Pays-Bas

Selon Paul Breda, l’encadrement des drogues douces devrait être une priorité dans tous les pays. "Que vous aimiez ou pas, Il existe de nombreux consommateurs de cannabis partout en Europe. Si on sait que les gens consomment et fument, il faut organiser le marché sinon ce sont les organisations criminelles qui le feront pour vous."

Le marché français : un des plus importants d’Europe

Le marché de la drogue français est un des plus importants d’Europe, en termes de consommation. Il représente environ 1,2 milliard d'euros. Des voix se font entendre pour dénoncer le système de prohibition, un des plus répressifs d’Europe. En 2019, une proposition de loi relative à la légalisation du cannabis est déposée à l’Assemblée nationale. Trois ans plus tard, le Conseil économique et social se prononce également pour une légalisation encadrée et pour la mise en place d’une politique publique de prévention.

"Une légalisation pourrait nous permettre d’avoir de vrais politiques de santé publique et de faire face à la question des filières d’approvisionnement et des réseaux mafieux."

François Décavé, président du groupe Amiens c'est l'tien, à la mairie d'Amiens

À Amiens, le quartier nord, celui d’Étouvie et le sud-est de la ville, les trois principaux points de deal, le trafic de cannabis prospère, malgré l’action de la police. À la mairie, certains élus ont déjà pris position. "Cela fait des dizaines d’années que la réponse est sécuritaire mais ça ne fonctionne pas, ça a peu d’effets sur les consommateurs. Le cadre légal issu des années 70 n’est plus du tout adapté. Une légalisation, comme d’autres pays européens l’ont adoptée, pourrait nous permettre d’avoir de vrais politiques de santé publique et de faire face à la question des filières d’approvisionnement et des réseaux mafieux. Il s’agit surtout de pouvoir accompagner les personnes en situation de dépendance, comme pour les drogues légales que sont le tabac et l’alcool", propose François Décavé, président du groupe Amiens c’est l’tien à la mairie d’Amiens.

Le CBD, la seule de forme de cannabis autorisé en France

Malgré les pressions exercées par les pro-légalisation, la seule forme de cannabis autorisée en France est le CBD, ou cannabidiol. Depuis 2021, le produit n’est plus considéré comme une drogue, s’il ne dépasse pas 0,3 % de THC, le tétrahydrocannabidiol, soit le psychotrope contenu dans le cannabis.

Depuis sa légalisation, les boutiques spécialisées se multiplient dans les villes. En deux ans, à Amiens, leur nombre a triplé. Ils sont désormais intégrés aux commerces du centre-ville. Chez Extrem Lab, une des premières boutiques de CBD ouvertes dans le centre-ville, on y fait ses courses comme dans une épicerie. Ici, on propose des fleurs, de la résine, des huiles sublinguales mais aussi des tisanes et des baumes pour le corps. Soulager les douleurs, réduire le stress, retrouver le sommeil, le CBD est présenté, ici, comme un remède naturel efficace. "Ce n’est pas un médicament. C’est d’ailleurs un propos interdit. Mais, le CBD agit sur la douleur pour l’atténuer. Pour le sommeil aussi, c’est efficace. Cela aide à trouver un meilleur endormissement. Le CBD a aussi des propriétés d’antidépresseur", explique Anthony Holderbaum, assistant de direction à Extrem Lab, à Amiens.

"Nos clients qui achètent des fleurs et de la résine, sont surtout d’anciens consommateurs de cannabis qui arrêtent la substance illégale."

Anthony Holderbaum, assistant de direction à Extrem Lab, à Amiens

Dans cette boutique, on rencontre tout type de client et de tout âge. Chacun a des besoins différents. "J’ai des clients de 80 ans qui viennent, accompagnés de leurs petits-enfants. Ils ne s’intéressaient pas au CBD parce que c’était stigmatisé. Mais maintenant, le marché explose. Tout le monde en consomme. Nos clients qui achètent des fleurs et de la résine, sont surtout d’anciens consommateurs de cannabis qui arrêtent la substance illégale et qui trouvent une porte de sortie avec le CBD", justifie Anthony. Pour de nombreux clients, rencontrés ce jour-là dans la boutique, le CBD est un palliatif au cannabis. "J’ai été fumeur de cannabis. Mais maintenant, je ne suis plus à la recherche du côté vaseux dans lequel ça te met. Par contre, je recherche le même goût et le même arôme. Et puis, ça me permet de ne pas être dans l’illégalité", explique un client.

Selon les défenseurs de la légalisation, la traçabilité exigée pour le CBD pourrait être appliqué au cannabis. La France a déjà un pied dans l’herbe. Pourrait-elle s’inspirer de ses voisins dans les années à venir ?

Drogue, les Hauts-de-France au cœur des enjeux

Les Hauts-de-France, par la taille de la population, mais aussi par son positionnement géographique au cœur de l'Europe, n'échappent pas aux problématiques liées aux drogues. Comme partout, les drogues font régulièrement la Une de l'actualité dans notre région. Derrière les débats politiques, les faits-divers ou les décisions de justice, se cachent des enjeux très profonds qui impactent l'ensemble de notre société.

Des témoignages à retrouver en longueur et en immersion dans le magazine Enquêtes de région à voir en replay sur france.tv.