Généralisation des 30 km/h à Amiens : les habitants consultés sur le maintien de certains axes à 50 km/h

Après une première concertation, les comités de quartiers ont largement opté pour un passage à 30km/h. Cette fois, c'est aux habitants de se prononcer sur le choix des axes majeurs maintenus à 50 km/h. Vous avez jusqu'au 15 septembre 2023 pour vous exprimer.

De "Zone 30", Amiens passe en "Ville 30". La vitesse 30 km/h ne sera plus réservée à certaines zones, mais sera étendue à l'ensemble de son territoire, à l'exception de certains grands axes.

La carte définitive des vitesses de circulation sera effective à partir d'avril 2024. Pour l'heure, une concertation des habitants est ouverte depuis le 10 juillet pour se prononcer sur le choix de ces axes maintenus à 50 km/h.

La participation à la consultation se fait en ligne sur le site d'Amiens métropole jusqu'au 15 septembre 2023.

L'objectif est "d'apaiser la circulation en ville pour que l'ensemble des usagers puisse circuler en toute sécurité et de maintenir une circulation fluide sur les principaux axes", justifie la mairie dans un communiqué.

Après une première consultation opérée au second semestre 2022, les comités de quartier s'étaient largement prononcés pour un passage à 30 km/h sur l'ensemble de la métropole.

Ville 30, un concept tendance

L'idée n'est pas nouvelle. Elle est née en 1992 à Graz, en Autriche, qui sera la première ville européenne à se revendiquer Ville 30. Il faudra attendre 2005 en France, pour voir Fontenay-aux-Roses, en banlieue parisienne, devenir la première Ville 30 française.

Grenoble est la première grande métropole à passer au 30 km/h en 2016. À partir de 2019, le mouvement s'accélère avec l'entrée en jeu de Besançon, Nancy, Lille et Strasbourg. Paris n'y accède qu'en 2021. Au total, plus de 200 communes françaises sont passées en Ville 30, soit environ 15 % de la population française.

Le concept répond entre autres à des besoins de sécurité, de lutte contre les nuisances du trafic (bruit, pollution) ou encore de lutter contre le changement climatique.

Ville 30, ville vertueuse ?

En 2020, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) a évalué la généralisation de la limitation à 30 km/h dans l'agglomération de Grenoble, instaurée en 2016. Selon cette étude, le nombre d’accidents impliquant les piétons et les deux-roues motorisés ont diminué depuis l’application de la mesure, et s'agissant des piétons, cette diminution est davantage marquée sur les axes qui sont passés à 30 km/h.

En matière de sécurité, les retours d'expérience montrent que cette réduction de vitesse réduit drastiquement le risque de collision mortelle. "En cas d'accident, le risque de mortalité d'un piéton est de 10 % à 30 km/h et de 80 % à 50 km/h" précise la mairie dans un communiqué.

En ce qui concerne la question des nuisances sonores, une réduction de 20 km/h de la vitesse des usagers de la route permet de diviser par deux le bruit aux abords des voies de circulation (-3 décibels).

Enfin, le fait de passer à 30 km/h, permet un meilleur partage de la route entre tous les moyens de transports aujourd'hui utilisés, la voiture, le bus, le vélo, mais aussi la trottinette.

Phase d'expérimentation du 1er octobre 2023 à mars 2024

Amiens métropole se laisse un temps d'observation de six mois avec l'abaissement de la circulation à 30 km/h et le maintien des axes structurants à 50 km/h durant lequel, il n'y aura pas de contrôles de vitesse, mais des actions de sensibilisation.

À l'issue de cette période et après quelques ajustements éventuels, la carte définitive des vitesses de circulation sera effective à partir d'avril 2024.

Depuis le 7 juillet, la mesure fait aussi l'objet d'une phase d'expérimentation à Soissons, dans l'Aisne.