Gilets jaunes : la plainte d'une Amiénoise matraquée à Paris classée sans suite par le parquet

Mélanie avait rejoint les rangs parisiens de la mobilisation le samedi 20 avril / © Capture d'écran twitter
Mélanie avait rejoint les rangs parisiens de la mobilisation le samedi 20 avril / © Capture d'écran twitter

Arrivée d'Amiens à Paris pour manifester, une Gilet jaune amiénoise avait été frappée dans la nuque par un CRS le 20 avril 2019. Elle avait porté plainte contre X mais le parquet de Paris a décidé de classer sans suite la procédure, étant donné la violence de certains manifestants.

Par Valentin Pasquier

Mélanie Ngoye-Gaham n'ira pas en justice. Fin décembre, le tribunal de grande instance de Paris a décidé de classer sans suite la procédure judiciaire engagée par la Gilet jaune, frappée par un CRS alors qu'elle participait à une manifestation à Paris le 20 avril 2019 lors de l'"acte XXIII". Selon le parquet de Paris, trop peu d'éléments sont à charge contre le policier responsable du coup.
 

Repousser les manifestants

Dans un courrier reçu par la Gilet jaune, le parquet de Paris estime que "le choix du policier de repousser [Mélanie Ngoye-Gaham] lors de sa charge était justifié, même si la blessure [qu'elle a] subie n'était pas recherchée" et justifie sa décision par une énumération de faits.

 


La manifestante se trouvait dans un groupe qui défilait sur le quai de Jemmapes, axe qui ne figurait pas sur l'itinéraire de la manifestation déclarée. Sur une caméra de surveillance et des vidéos postées sur les réseaux sociaux, l'autorité judiciaire que l'on peut apercevoir "des jets de nombreux projectiles sur les policier dont un engin incendiaire", événement qui entraîne une charge vers les manifestants.

Des comportements dangereux

Plusieurs sommations avaient alors été lancées pour avertir les manifestants, selon l'audition d'un adjoint au chef d'état-major. Mélanie Ngoye-Gaham a tout de même continué à marcher en direction du barrage de police, pacifiquement et au premier rang, mais suivie par "plusieurs personnes" qui se cachaient "derrière ces rangs pour jeter des projectiles sur les policiers".

Entendu par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), le policier responsable du coup a expliqué "qu'il a été contraint de charger en raison des projectiles que sa section recevait" et que la vitesse de marche de la Gilet jaune "allait [la] laisser derrière le nouveau barrage qu'il essayait d'établir, ce qui était dangereux".

Victime d'un coup dans la nuque qui lui a occasionné 6 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT), la manifestante avait aussitôt porté plainte contre X et une enquête pour "violences volontaires avec armes par personne dépositaire de l'ordre public" avait été ouverte.

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