Hôpital Pinel : Thierry, papa d'un patient autiste, témoigne

© France 3 Hauts-de-France
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Diminution des effectifs, personnel en détresse, patients laissés pour compte... La situation de l'hôpital psychiatrique Pinel se détériore chaque jour davantage. Thierry, parent d'un patient autiste, peut en témoigner. 

Par Célia Mascre

Tandis que le député de la Somme François Ruffin vient de proposer une loi sur le financement de la psychiatrie suite à sa visite à l'hôpital Pinel d'Amiens, nous avons rencontré Thierry, le père d'un patient autiste interné à Amiens depuis 11 ans.

Régulièrement, Thierry se rend à l'hôpital pour raser et couper les cheveux de son fils tandis que le nombre de soignants diminue de manière constante depuis des années. "Le manque de personnel est criant", témoigne-t-il.

Mon fils n'a jamais été condamné par personne. La seule chose qui l'ait condamné, c'est sa maladie


Mais si Thierry vient voir son fils, c'est aussi pour qu'il puisse intéragir avec quelqu'un. "Il est enfermé toute la journée dans sa chambre, il ne voit personne et ne fait rien du tout", déplore le papa. Sans aucune activité, le fils de Thierry a régressé au fil des années. "C'est désolant de voir ça [...] L'État doit s'occuper de ses enfants, des enfants de la République, mais il n'y a personne" .

"Quand mon fils est entré dans cet hôpital, il pesait 85 kilos. Maintenant il n'en fait plus que 52", se désole ce papa. Pour lui, les problèmes de logistique s'ajoutent à ceux des effectifs. "La qualité de la nourriture s'est largement dégradée au fil des années. Parfois il manque des choses basiques comme le papier toilette", dénonce-t-il

Témoignage du père d'un patient de l'hôpital Pinel
Thierry Evenou, père d'un patient de l'hôpital Pinel ; Propos recueillis par Michaël Guiho et Didier Bert ;

En plus de celle de son fils, Thierry est témoin de la détresse du personnel. "Il y a eu des dépressions, des suicides". Coupes budgétaires, suroccupation, suppression de service : le personnel de l'hôpital psychiatrique Philippe Pinel à Amiens est à bout de nerf. La situation s'aggrave au fil des mois et le sentiment général est de ne pas être entendu par les autorités. "J'ai vu Mme Pompili bouleversée : moi c'est tous les jours que je suis bouleversé !", témoigne le papa.


Sur le principe, la députée LREM est d'accord avec la proposition de François Ruffin : il faut agir. Mais elle ne signera pas la proposition de loi. Non pas parce que le texte vient de l'opposition, mais parce qu'elle estime qu'il est incomplet. "Cette loi a plus votation à lancer l'alerte, en ça elle est très bien, mais si on veut vraiment sauver la psychiatrie en France et l'hôpital Pine, il faut aller plus loin, moi c'est ce que j'essaye de faire dans les coulisses en tant que députée de la majorité" 

L'élue a rencontré le Permier ministre et doit retourner à Matignon ce mardi. Une action commune avec François Ruffin est également prévue sur l'hôpital Pinel.

 

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