Le CHU d’Amiens équipe quatre patients atteints de diabète de type 1 d’un "pancréas artificiel"

En décembre dernier, le CHU d'Amiens a proposé à quatre patients atteints de diabète de type 1 des pompes à insuline en boucle fermée. Ces "pancréas artificiels" qui améliorent grandement le quotidien des malades, pourraient être disponibles à grande échelle d'ici la fin de l'année.

Un pompe à insuline
Un pompe à insuline © FTV

C'est une innovation qui va changer la vie des diabétiques de type 1 : en décembre 2020, le service de diabétologie du CHU d'Amiens a équipé quatre patients de pompes à insuline en boucle fermée. Ce système intelligent, également appelé "pancréas artificiel", agit comme l'organe auquel il se substitue en distribuant de manière autonome la juste dose d'insuline.

Une pompe autonome et intelligente

Car c'est bien l'insuline qui fait défaut aux 3,5 millions de diabétiques recensés en France. Chez les diabétiques de type 1 - environ 10 % des malades touchés par cette pathologie - le pancréas ne produit plus cette hormone responsable de la régulation du sucre dans le sang. Jusqu'à présent, il n'existait que deux traitements pour administrer l'insuline manquante : l'injection directe (quatre doses par jour) et la pompe.

On comprend aisément l'inconfort que peut provoquer la première. Le défaut de la seconde était qu'elle requérait un suivi médical régulier pour contrôler les doses administrées et s'assurer qu'elles convenaient au patient. L'innovation des nouvelles pompes en circuit fermé réside dans leur capteur de glycémie (taux de glucose dans le sang) combiné à un système intelligent.

Vers une distribution à grande échelle

"La pompe analyse le taux de glycémie toutes les cinq secondes et le régule dès qu'elle a l'information, en quasi-autonomie, explique Fendri Salha, docteur au service de diabétologie du CHU d'Amiens. Le patient doit juste appuyer sur un bouton lorsqu'il mange." Et en cas de défaillance technique, il suffit de tout enlever et de repasser aux injections traditionnelles.

Si la pompe est déjà prise en charge par la sécurité sociale, le capteur, lui, n'est pas encore remboursé. Une demande en ce sens a été déposée auprès de la Haute autorité de santé qui devrait l'acter d'ici fin 2021, date à laquelle les fabricants pourront commencer à produire le dispositif à grande échelle. "Ensuite, tous les patients atteints de diabète de type 1 qui auront déjà été équipés de pompes pourront, sur appréciation de leur diabétologue, prétendre à la boucle fermée", poursuit Fendri Salha.

En attendant cette échéance, la diabétologue continue de proposer le système à une poignée de patients. Ils devraient être sept d'ici début février et une vingtaine avant la fin de l'année. "Nous sommes ravis de faire partie de cette expérimentation, se réjouit la docteur. C'est l'avenir." À terme, le système pourrait équiper tous les patients picards qui le souhaitent.

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