Législatives 2024 : dans la 2e circonscription de la Somme "prioritaire", la bataille pour l'investiture s'intensifie

Depuis lundi, les investitures des candidats au premier tour des élections législatives sont en discussion au sein des états-majors parisiens. La deuxième circonscription de la Somme, une des rares gagnables face au RN, est âprement discutée au sein du Nouveau Front populaire, mais pas seulement.

"La deuxième circonscription de la Somme est considérée comme prioritaire, parce que le score cumulé de la gauche aux européennes est supérieur à celui du RN", analyse un militant socialiste amiénois joint mercredi matin par téléphone.

Des cinq circonscriptions samariennes, la gauche peut espérer conserver la première, remportée deux fois de suite par François Ruffin et trois semblent inaccessibles : la troisième, où l'ancrage local de l'ancien député LR Emmanuel Maquet reste important ; les quatrième et cinquième, où le RN règne en maître.

Trois candidats pour l'investiture "Nouveau Front populaire"

Dès lundi, Zahia Hamdane (LFI), candidate malheureuse de la Nupes aux législatives en 2022, s'est dite "partante, forte de mes 48 % au second tour". Forte également du score de La France insoumise dimanche lors des élections européennes, où la liste de Manon Aubry est arrivée en deuxième position à Amiens (derrière le RN) avec 18,6 % des suffrages.

Zahia Hamdane s'avoue "un peu déçue de certaines déclarations de Frédéric Fauvet [ndlr : conseiller départemental socialiste]" : M. Fauvet a annoncé sa candidature à l'investiture pour le Nouveau Front populaire mardi 11 juin sur l'antenne de France Bleu Picardie : "Je suis prêt à prendre mes responsabilités. Oui, je suis candidat sur la 2ᵉ circonscription amiénoise, on va soutenir le député sortant, François Ruffin, sur la 1re. La liste PS-Place Publique est arrivée largement en tête sur la 2ᵉ, donc on demande à représenter la gauche sur cette circonscription", a-t-il déclaré.

La surprise Deffontaines

En 2022, les socialistes n'avaient obtenu aucune investiture de la Nupes dans la Somme. "Ce serait inconcevable que le PS n'en ait pas cette année", confirme le communiste Léon Deffontaines, prêt à leur céder la place dans la troisième circonscription... en échange de la deuxième.

L'Amiénois, tête de liste du PCF aux élections européennes, se verrait bien lui aussi représenter le Nouveau Front populaire dans sa ville. Il fait valoir sa nouvelle notoriété et l'ancrage local du parti à la faucille qui compte quatre conseillers départementaux dans le secteur.

Malgré les ambitions de chacun, tous assurent qu'ils respecteront le choix de la commission d'investiture et feront campagne pour le candidat commun sans état d'âme.

Trois candidats au centre-droit

Les remous causés par l'annonce mardi par Eric Ciotti d'une alliance avec le RN retardent la désignation des candidats LR.

Dans un communiqué publié mardi soir, Les Républicains de la Somme ont réaffirmé leur opposition à tout accord avec l'extrême droite, tout en proposant des noms pour les cinq circonscriptions, dont Anne Pinon, maire de Dury, dans la deuxième.

Une désignation qui a mis en colère Aurélien Caron, déjà candidat en 2022 et décidé à repartir en campagne : "C'est la commission nationale qui tranche, pas Pierre Savreux [président des Républicains de la Somme, ndlr]", s'indigne-t-il.

Comme Anne Pinon, Aurélien Caron s'est "désolidarisé" d'Eric Ciotti et a quitté mardi ses fonctions de directeur des études du parti.

À un moment donné, il faudra une discussion. Je ne ferme pas la porte à une candidature commune. On peut faire un duo, titulaire et suppléant

Paul-Henri Dècle, candidat Les Centristes dans la deuxième circonscription de la Somme

Pas d'alliance ? Pas si sûr. Paul-Eric Dècle, vice-président d'Amiens métropole en charge du tourisme, investi mardi par Les Centristes, tend la main aux LR : "À un moment donné, il faudra une discussion. Je ne ferme pas la porte à une candidature commune. On peut faire un duo, titulaire et suppléant".

La main reste en revanche clairement fermée à la Macronie : "Ma candidature est une alternative à Renaissance. Je suis pour la décentralisation, une valeur cardinale du centre. Ce n'est pas partagé par Renaissance, qui baisse les moyens et les compétences des collectivités locales".

La députée sortante sur la touche ?

La deuxième circonscription était jusqu'à dimanche la seule du département représentée par une députée de la majorité présidentielle. Ingrid Dordain, du parti "En commun", apparentée Renaissance, siégeait au palais Bourbon depuis la démission en septembre 2023 de Barbara Pompili : "J'ai sollicité le souhait de repartir dès lundi. J'attends une réponse à ma demande. Je n'ai pas été investie automatiquement, c'est dommage, on perd du temps."

Tout le monde au sein de Renaissance ne partage pas l'entrain de Mme Dordain. On lui reproche son positionnement trop à gauche (elle a voté contre le projet de loi immigration) et son manque de soutien à Valérie Hayer durant la campagne des élections européennes.

Selon nos informations, d'autres noms seraient à l'étude par le bureau exécutif du parti présidentiel, dont celui de Benoît Mercuzot, président du mouvement dans la Somme.

Pas de nom pour le Rassemblement national

Alors que les députés sortants Jean-Philippe Tanguy et Yaël Menache dans les quatrième et cinquième circonscriptions ont d'ores-et-déjà été réinvestis, les noms des trois autres représentants du Rassemblement national dans la Somme se font attendre.

En 2022, Nadia Hermans, la candidate du RN dans la deuxième circonscription, avait terminé troisième du premier tour avec 15,83 % des suffrages exprimés.

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