Les intermittents et précaires de Picardie à la rencontre des demandeurs d’emploi

Les intermittents et précaires de Picardie qui occupent actuellement le cirque Jules Verne à Amiens, restent mobilisés. Dans le cadre des « vendredis de la colère », ils sont allés à la rencontre des chômeurs pour les alerter sur ce qui pourrait changer avec la réforme de l’assurance chômage.

Intermittents et précaires sont allés au-devant des demandeurs d'emploi pour les informer du changement de calcul des indemnisations.
Intermittents et précaires sont allés au-devant des demandeurs d'emploi pour les informer du changement de calcul des indemnisations. © Camille Di Crescenzo/FTV

Depuis le 12 mars 2021, la Coordination des intermittents et précaires de Picardie (CIP) a choisi de répondre à un appel national en occupant le cirque Jules Verne, à Amiens, à l’instar de près d'une centaine de lieux culturels partout en France.

"Nous, intermittents du spectacle, avons eu la chance de voir nos droits prolongés jusqu'au 31 août, reconnaît Sybille Luperce, intermittente du spectacle. C'est ce qu'on appelle l'année blanche. Mais les autres, les précaires hors spectacle, n'en ont pas bénéficié. Nous souhaitons la reconduction de l'année blanche mais aussi à tous les intermittents de l'emploi". 

Parmi ses revendications, le collectif demande non seulement que l'année blanche soit reconduite pour le calcul des indemnités des intermittents du spectacle et mais surtout réclame le retrait des décrets gouvernementaux réformant l'assurance chômage. Après deux reports, le décret devrait être publié début avril pour une entrée en vigueur le 1er juillet 2021. 

Décidée en juillet 2019, la réforme de l'assurance chômage visait à réaliser plus d'1 milliard d'économies par an, en durcissant les règles d'indemnisation et en luttant contre les recours excessifs aux contrats courts. 

Du fait de la crise, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a réalisé quelques aménagements sur la durée de travail pour ouvrir et recharger les droits, le calcul de l'indemnisation, la dégressivité de l'allocation et le bonus-malus. Autant d'informations méconnues des demandeurs d'emploi, selon la CIP.

C'est donc devant deux agences de Pôle emploi à Amiens, qu'un petit groupe de personnes issues du collectif s'est rendu. Son but : aller à la rencontre des demandeurs d'emploi pour les informer sur les conséquences de la nouvelle réforme de l'assurance chômage. 

La coordination des intermittents et des précaires de Picardie devant l'agence Pôle emploi Amiens Tellier
La coordination des intermittents et des précaires de Picardie devant l'agence Pôle emploi Amiens Tellier © Camille Di Crescenzo/FTV

Informer

"Vu que tout est aujourd'hui dans la distanciation, note Matthieu Emielot, membre du collectif, qu'il y a de plus en plus de dématérialisation, que ça passe par le biais de boîtes vocales, les gens n'ont pas forcément les infos".

"Peu de gens savent vraiment ce qui va changer" insiste Bertrand Blandin. "Ça va changer surtout sur l’indemnisation des chômeurs, ajoute Bertrand Blandin. C'est-à-dire qu’ils vont perdre minimum 25% des indemnisations. Par exemple, pour quelqu'un qui est au Smic, qui a ouvert ses droits actuellement, c'est 970€ et quelque par mois. Il va se retrouver avec 600€ après la nouvelle réforme. Le gouvernement dit qu’il y aura une prolongation dans le temps mais 600€ tous les mois ce n'est pas comme 900€. Quand il faut payer un loyer et ses factures, ce n'est pas possible. Il faut savoir aussi que depuis janvier 2019, sur la part salariale, les gens ne cotisent plus pour le chômage au régime général et sur la santé, 50% de la cotisation a été enlevée. en fait, c'est une baisse de salaire déguisée".

Cette action s'inscrit dans le mouvement national "les vendredis de la colères" lancé par la CGT du spectacle pour des journées d'action coordonnées sur tout le territoire.

Comme ses camarades, Matthieu Emielot se dit "prêt à tenir le temps qu'il faudra". 

"On demande l'annulation de cette réforme qui est complètement injuste et qui tombe au plus mal" annonce Bertrand Blandin. "Tant qu’ils ne l’auront pas enlevée on restera en occupation au cirque". 

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