Mort d'une famille dans l'incendie de sa maison en 2016 à Amiens : le juge apprend aux proches que l'enquête est close

En 2016, un couple et ses deux enfants ont péri dans leur maison ravagée par les flammes, quartier Saint-Leu à Amiens. Qui a provoqué l'incendie fatal ? La famille ne le saura peut-être jamais. Le juge d'instruction lui a annoncé qu'il clôturait l'enquête.

Depuis bientôt huit ans, Eric Magnier et Brigitte Grenon attendent des réponses. Depuis bientôt huit ans, l'enquête piétine. Depuis bientôt huit ans, leur fils Jordy, sa compagne Priscilla et leurs deux enfants Anaïs et Ylenzo sont morts dans l'incendie de leur maison.

Après bientôt huit ans, ils apprennent que jamais ils n'auront d'explications. "Quand on a été convoqués au tribunal vendredi 5 avril, la juge d'instruction nous a dit qu'elle arrêtait tout" déplore Brigitte Grenon, la mère de Jordy. "Nous, reprend-elle, les sanglots dans la voix, on s'attendait à ce qu'on nous dise qu'ils avaient retrouvé le responsable".

Le drame remonte au 3 novembre 2016. Vers 2h, un incendie se déclare au 31 rue des Granges, quartier Saint-Leu à Amiens. À l'arrivée des pompiers, la maison est entièrement ravagée par les flammes. Ils retrouveront ensemble dans la salle de bain, les corps de Jordy Grenon, 24 ans, Priscilla Pocholle, 22 ans et leurs deux enfants Anaïs, 4 ans et Ylenzo, 18 mois. Les quatre victimes ont péri asphyxié.

Trois jours après, des centaines d'anonymes participeront à la marche blanche organisée en hommage au couple et à leurs deux enfants.

L'hypothèse d'un acte criminel privilégiée

Une enquête est ouverte pour déterminer l'origine du sinistre. L'hypothèse d'un court-circuit ou d'une fuite du compteur de gaz est vite écartée. Les enquêteurs privilégient l'hypothèse d'un acte d'incendie volontaire commis au niveau de la poubelle qui se trouvait sous le porche d'entrée de l'habitation.

Dans un communiqué de novembre 2017, le parquet indique qu'"en dépit de très nombreuses auditions, de l'exploitation approfondie des caméras de vidéosurveillance et des investigations téléphoniques, aucun auteur n'a pu être identifié". Un nouvel appel à témoins est lancé.

De leur côté, les proches s'activent en postant des messages sur les réseaux sociaux. En 2018, ils impriment même 1 000 tracts, mais n'ont aucun retour. Qui a mis le feu à la poubelle ? Avait-il l'intention de tuer ?

Février 2019, l'arrivée d'un courrier anonyme au commissariat relance de nouvelles investigations. Il contient une trace ADN, mais rien ne permet d'identifier l'auteur.

Dans l'impasse

Parallèlement, la maison est déconstruite. Trois ans après le drame, les travaux démarrent. L'AMSOM, propriétaire du terrain, va reconstruire deux logements individuels dont la livraison est prévue fin 2021.

5 avril 2024, l'histoire semble s'arrêter là. La nouvelle juge d'instruction informe la famille que le manque d'éléments l'oblige à clore l'enquête.

"C'est une nouvelle juge, relève Brigitte Grenon. Je suis sûre qu'elle ne connaît même pas l'histoire. Il y avait pourtant bien eu le témoignage d'une femme qui disait qu'elle savait qui avait mis le feu. Mais elle dit qu'un jour elle dit rouge et un jour, elle dit blanc et que donc elle n'est pas crédible."

Persuadée que ce n'est qu'une question de temps pour que la vérité éclate, la famille assure qu'elle n'en restera pas là. Elle compte transmettre le dossier au nouveau pôle judiciaire dédié aux affaires non élucidées et aux crimes en série, pôle national unique porté par le garde des Sceaux dans le cadre de la loi pour la confiance dans l'institution judiciaire, "afin que ces faits ne restent pas impunis et que leurs victimes ne tombent pas dans l'oubli".

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