Para-athlétisme : qui est Kévin de Witasse Thézy, champion de France sur 400 mètres, en route pour les Jeux paralympiques 2024 ?

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L'Amiénois Kévin de Witasse Thézy, 24 ans, est champion de France en para-athlétisme sur 400 mètres chaque année depuis 2019. Il est venu parler de sa préparation pour les Jeux paralympiques de Paris, le lundi 26 juin 2023, sur le plateau de "Vous êtes formidables". ©FTV

Il vient d'être sélectionné pour les championnats du monde de para-athlétisme au stade Charléty à Paris, du 8 au 17 juillet 2023. Kévin de Witasse Thézy, licencié à Amiens et handicapé du bras gauche, ne court que depuis quatre ans et pourtant, il a déjà raflé une dizaine de titres de champion de France. Découvrez cinq choses à savoir sur ce sportif qui se prépare pour les Jeux paralympiques de 2024.

L'Amiénois Kévin de Witasse Thézy, 24 ans, est pour la première fois sélectionné en équipe de France pour les championnats du monde de para-athlétisme 2023, qui se tiendront au stade Charléty à Paris, du 8 au 17 juillet. Il doit courir le 13 juillet et tenter de battre son record personnel de 50 secondes et 10 centièmes, pour marquer des points en vue des Jeux paralympiques de Paris 2024.

"Si on veut viser une médaille, être parmi les meilleurs, affirme-t-il, il faut battre son record à chaque fois. Il faut que j'arrive à casser la barrière des cinquante secondes."

Le jeune homme souffre d'une agénésie transverse des membres supérieurs (ATMS), ce qui signifie que sa main gauche ne s'est pas formée in utero, au cours du développement de l'embryon. Cette malformation rare touche environ 150 personnes chaque année en France.

Cela ne l'empêche pas de courir, mais lui pose un problème en début de course. "Au niveau des départs, explique-t-il, je suis déséquilibré dans les starting-blocks, puisque j'ai un bras plus court que l'autre... Après, je m'adapte. Je suis né comme ça donc j'ai l'habitude et puis, je suis très débrouillard !"

Découvrez cinq choses à savoir sur ce para-athlète, quatre fois champion de France sur 400 mètres en salle, et quatre fois en extérieur.

1 - Il est champion de France depuis quatre années consécutives

Depuis qu'il s'est mis à l'athlétisme en 2019, il y a seulement quatre ans, Kévin de Witasse Thézy a été champion de France chaque année sur 400 mètres, en extérieur comme en salle, dans la catégorie T47 (amputés d'un membre supérieur, ou assimilés).

"Ma toute première compétition, se souvient le sportif licencié à l'Amiens Université Club, c'était les championnats de France en salle à Nantes, en 2019. J'ai fini premier ! Ça m'a conforté dans le choix de la discipline."

Ce n'est pas parce qu'on a un handicap qu'on ne peut rien faire. On peut faire les choses comme vous, les valides.

Kévin de Witasse Thézy

Champion de France 2023 en para-athlétisme sur 400 mètres

"J'ai eu beaucoup de chance, affirme-t-il, modeste. Quand je cours, je ne pense qu'à gagner, à battre les autres, qu'ils soient en situation de handicap ou pas."

"Je veux montrer que ce n'est pas parce qu'on a un handicap qu'on ne peut rien faire. On peut faire les choses comme vous, les valides."

2 - Il a d'abord été footballeur

"Avant, raconte Kévin, je faisais du football, depuis mon plus jeune âge jusqu'à senior, et puis l'athlétisme m'est tombé dessus. Je courais après un ballon et maintenant, je cours après moi-même."

"En licence entraînement sportif en STAPS, j'ai choisi l'option athlétisme, parce que j'aime les challenges, la compétition. Je suis fan de Kevin Mayer, décathlonien, double champion du monde et vice-champion olympique à Rio."

Quand je faisais du foot, je courais après un ballon. En athlétisme, je cours après moi-même.

Kévin de Witasse Thézy

Champion de France 2023 en para-athlétisme sur 400 mètres

C'est lors d'un entraînement que le para-athlète Redouane Hennouni-Bouzidi, spécialiste du 1500 mètres, le convainc de se lancer, non pas sur le sprint aux 100 mètres comme Kévin le pensait, mais sur 400 mètres. 

3 - Il a dû mettre ses études de côté

Le planning de Kévin de Witasse Thézy est serré, entre les entraînements, les compétitions, les stages et les cours de football qu'il dispense à de jeunes Amiénois. Alors par manque de temps, mais aussi d'argent, il a dû mettre ses études en stand-by.

"Je m'entraîne tous les jours voire deux fois par jour. Quand on voit les résultats, ce n'est pas un sacrifice. Malheureusement, l'athlétisme n'est pas un sport qui permet de bien gagner sa vie, et les stages sont onéreux... J'ai dû aller au Portugal à mes frais, même si la fédé et mon club m'ont aidé."

Le para-athlète se laisse jusqu'à la fin des Jeux pour décider s'il reprendra ses études. En attendant, il a signé un CDI de 20 heures dans un magasin de discount à Amiens, en CIP convention insertion pro. "Ils s'adaptent à mes compétitions, mes déplacements, mes stages. Ça me permet de souffler."

4 - Il est soutenu par le club Somme 24

Lancé en 2021, le club Somme 24 vise à promouvoir l'esprit olympique dans la Somme, labellisée Terre de Jeux. Il réunit 23 sportifs samariens, valides ou non, de sept disciplines différentes et qui visent la qualification pour les Jeux de Paris.

Parmi eux, Kévin de Witasse Thézy, mais aussi le breakdanceur Kamil Bousselham, le coureur handisport Redouane Hennouni-Bouzidi ou encore la rameuse Erika Sauzeau, médaillée de bronze en para-aviron aux Jeux de Tokyo.

5 - Il est sélectionné pour les championnats du monde 2023

Le sportif samarien, qui a obtenu l'an dernier sa classification handisport en international, est pour la première fois de sa carrière sélectionné en équipe de France pour les championnats du monde de para-athlétisme, du 8 au 17 juillet au stade Charléty à Paris.

"Le Graal, c'est d'aller faire les Jeux et pour ça, il faut franchir la barre des championnats du monde. La fédération d'athlétisme va poser des minimas A et B pour déterminer si on est sélectionné ou sélectionnable... On ne saura définitivement si on y va ou pas qu'en juillet-août, pas cette année, mais en 2024."

En attendant, quoi qu'il arrive, Kévin de Witasse Thézy s'entraîne sans relâche pour les championnats du monde, mais pas au point de stresser. "Je n'angoisse pas, je suis excité, c'est différent. Cette sélection, c'est une fierté, conclut-il. J'ai vraiment hâte d'y être."

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