Mobilisés contre la réforme des retraites, Gilets jaunes, cheminots et enseignants défilent à Amiens et Beauvais

Pas de trêve dans la mobilisation contre la réforme des retraites : plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi 4 janvier notamment à Amiens, où les plus déterminés manifestaient avec les Gilets jaunes. À Beauvais, 200 personnes dont beaucoup d'enseignants inquiets, ont battu le pavé.
Mobilisés ensemble contre la réforme des retraites, cheminots, Gilets jaunes et simples citoyens ont distribué des tracts au rond-point de Glisy (à gauche), tandis qu'un cortège de 200 personnes défilait à Beauvais (droite), samedi 4 janvier.
Mobilisés ensemble contre la réforme des retraites, cheminots, Gilets jaunes et simples citoyens ont distribué des tracts au rond-point de Glisy (à gauche), tandis qu'un cortège de 200 personnes défilait à Beauvais (droite), samedi 4 janvier. © Jean-Louis Croci / FTV
Ils se sont donné rendez-vous à 13h30 sur le parking de la zone commerciale de Glisy-Longueau ce samedi 4 janvier, afin d'organiser un péage libre. Une groupe de plusieurs dizaines de personnes, Gilets jaunes, syndiqués, cheminots comme simples citoyens, ont finalement pris la décisions d'aller tracter à l'une des entrées principales d'Amiens, sans bloquer la circulation.

 

Je suis à 31 jours de grève, ça veut dire "pas de salaire"

Raphaël Cattani, conducteur de train



"C'est la première "action" de cette année. La première "manifestation", elle sera le 9 [janvier]! souligne Jimmy Pioullart, cadre SNCF-CGT en tête de cortège. Il faut qu'on soit nombreux, il faut qu'on dépasse les millions dans les rues pour faire céder le gouvernement, qui ne veut rien lâcher".
 

Grève "jaunérale"

Les Gilets jaunes non plus ne veulent rien lâcher. À l'image de Jimmy Pioullart, les cheminots les ont rejoint et le but est d'amplifier le mouvement à tous les secteurs professionnels, même si cette grève n'est un cadeau pour personne. "Je suis à 31 jours de grève, ça veut dire pas de salaire, confie Raphaël Cattani, conducteur de train. C'est hors de question de lâcher ce combat, sinon c'est la fin même de notre démocratie."

Virginie, Gilet jaune, estime son pouvoir d'achat trop modeste. "On travaille, on travaille... et au final on arrive pas à payer le loyer ni à donner à manger à nos enfants," explique-t-elle. Cette action, qu'ils qualifient de grève "jaunérale", ne semble pas entamer la patience des automobilistes, ralentis à Glisy. "On est en train de nous prendre tous nos droits et ça commence à peser, estime l'un d'eux. Nos aînés se sont battus pour [des droits sociaux], et on veut tout nous enlever. Il faut tenir".

Tous seront présents le 9 janvier pour la mobilisation qui devrait être importante. Les cheminots vont durcir le mouvement dès lundi, sans compter les actions surprises.
 
Réforme des retraites : à Amiens, cheminots, Gilets jaunes et simples citoyens manifestent ensemble ©France 3 Hauts-de-France
 

200 manifestants à Beauvais

La réforme inquiète aussi certains enseignants. À Beauvais, ils composaient une bonne partie du cortège des 200 personnes qui ont défilé ce même 4 janvier. Avec son âge pivot de départ à 64 ans et son nouveau calcul des pensions controversés, le projet de réforme des retraites voulu par le gouvernement continue de mobiliser les enseignants.

"Actuellement, ma pension est calculée sur les 6 derniers mois de salaire. [Avec cette réforme,] elle le sera sur la totalité de ma carrière, donc elle va logiquement diminuer., à peu près de 800 à 1 000 euros mensuels environ," affirme Solenne Robin, enseignante au collège Charles-Fauqueux de Beauvais.

 

Après les réformes du collège et du lycée, et le gel de l'évolution des salaires, cette réforme est considérée comme un énième affront pour les enseignants. "On a déjà une perte énorme de pouvoir d'achat avec le gel du point d'indice. On estime qu'en 10 ans, on perd l'équivalent de deux mois de salaire par an. C'est énorme, juge Bénédicte Viguier, enseignante au collège Pierre Mendès-France de Méru, au sud de l'Oise. Les enseignants vont être des retraités pauvres, poursuite-elle. À mon départ en retraite, ma pension équivaudra [si la réforme est adoptée] à mon salaire en début de carrière, à savoir 1,2 Smic."
 

Rester mobilisés

Certains enseignants sont en grève depuis le début du mouvement, soit 31 jours. Le 5 décembre, les syndicats ont enregistrés 60 % de grévistes, soit une proportion inédite depuis 2003. Dix jours plus tard, ils étaient 30 %, soit une part deux fois moins importante d'enseignants mobilisés. Avant la rentrée du 6 janvier, les syndicats restent confiants et ne souhaitent pas relâcher la pression.

"Les enseignants sont motivés, veulent démasquer le gouvernement quant à son entreprise de casse sociale, de casse des retraites, de casse des retraites par points qui a été créé par le Conseil national de la Résistance - nos aînés - et on est là pour défendre ce système, pour notre avenir, celui de nos enfants, des écoles et de la société, argue Pierre Ripart, secrétaire départemental Snuipp FSU.

Dès lundi 6 janvier, des assemblées générales seront organisées dans les collèges et les lycées, suivi par les écoles le 8 janvier dans la matinée. Un appel à la grève national et interprofessionnel public et privé est lancé pour le lendemain.
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